Fréménil, un village lorrain

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samedi, février 4 2012

Le rail au service de l'OTAN

C'était au siècle dernier...

Les initiés l'attendaient. Les amis de l'histoire, de même que les amis des chemins de fer, posaient la même question d'une manière récurante : "Alors, quand est-ce que paraîtra l'article sur l'OTAN ?"  La réponse est toute récente: Dans son N° 248 de Février-Mars 2012, la revue "VOIE ETROITE" publie en pages 32-33 la première partie du dossier "Le Rail au service de l'OTAN" rédigé par votre serviteur.

Pendant 16 ans, de 1951 à 1967, la France a fait partie intégrante de l'OTAN. Les bases aériennes et les camps y ont utilisé des personnels civils. En Meuthe et Moselle il y a eu 3.500 emplois dont certaines personnes de nos villages. Ces bases aériennes et ces camps sont équipés d'embranchements ferroviaires permettant un trafic important par le rail. Il était souhaitable de ne pas oublier ces pages d'histoire lorraine.

Vous pouvez commander le N° 248 de VOIE ETROITE (prix 6,95 Euros franco) à APPEVA, BP 70106, 80001 Amiens Cedex 1, en indiquant vos noms, prénoms, adresse (code postal-ville accompagné d'un chèque de 6,95 Euros à l'ordre de APPEVA.  Vous en saurez plus en vous rendant sur le site de la revue

Bonne lecture.

L'école et le savoir

Savoir lire et écrire au XIX° siècle

Les faits qui vont suivre m'ont été rapportés par ma grand'mère. Elle était née en 1874 dans notre petit village. A cette époque l'école était déjà obligatoire et les maîtres d'école d'alors, les fameux "hussards noirs de la République" mettaient un point d'honneur, et ils avaient bien du mal, à avoir des élèves qui savaient en sortant de la scolarité, lire et écrire mais également compter. Sans pour autant être experts en calcul, la plupart savait compter notamment leur nombre de poules et de lapins ! Mais sortis de ces éléments primaires, les divisions, multiplications et même soustractions, présentaient de réels problèmes... Nombreux étaient les adultes à ne savoir ni lire, ni écrire. Ces connaissances essentielles se révélaient être un lourd handicap en cette fin du XIX° siècle où la connaissance de l'écrit et de la lecture devenait de plus en plus indispensables. Par exemple la lecture du journal dans le café du village permettait de connaître la vie du pays ainsi que la vie du monde. Souvent un adulte plus instruit faisait la lecture du papier imprimé à des habitués ignorants, et regrettant leur méconnaissance.

Ma bonne grand'mère avait eu son certificat d'études à 11 ans en 1885. Elle me racontait toujours que le soir après la classe, le maître d'école invitait des adultes illéttrés à apprendre une connaissance qui s'avérait indispensable. On opérait par petits groupes et il avait pris ma grand'mère, malgré son jeune âge, comme aide instructrice pour dispenser sa science auprès de ces aînés ! 

Ouvrons tout de suite une parenthèse pour préciser la différence entre l'illettré et l'analphabète :

  • L'illettrisme est l'état d'une personne qui a bénéficié d'apprentissage mais qui n'a pas acquis, ou a perdu, la maîtrise de la lecture, de l'écriture et du calcul.
  • L'illettrisme est donc à distinguer de l’analphabétisme qui résulte d'une absence d'apprentissage. L’analphabétisme est l'incapacité compléte à lire et à écrire, le plus souvent par manque d'apprentissage.

Actuellement en France, l'illettrisme concerne 3,1 millions de personnes, soit 9% de la population, et parmi ce chiffre impressionnant, il y a 59% d'hommes et 41% de femmes (Renseignements INSEE 2011)

Classe_Photo_1956.jpg

Revenons à nos instituteurs et à leurs élèves.

L'école publique par ses enseignants, au XXe siècle, avait fait faire de réels progrès aux élèves d'alors, et le précieux diplôme du Certificat d'Etudes prouvait que ses détenteurs savaient : "lire, écrire, et compter ".  Au stade du service militaire pour les garçons, le nombre d'illettrés allait diminuant et était sanctionné par un effort particulier des instructeurs militaires qui faisaient tout leur possible pour rattrapper un regrettable retard. Ce geste généreux  de l'armée mérite d'être souligné.  Dans notre village, tous les élèves sortant de scolarité savaient lire, écrire et compter. Certains, il faut l'avouer avec quelques difficultés et une attirance moins marquée pour les études; leur préférance allant vers les travaux agricoles comme leurs parents, ou vers l'apprentissage d'un métier manuel.

Mais quelques parents, conscients que l'instruction était un outil indispensable dans la vie, avaient décidé d'apporter un complément au savoir de leur progéniture.

Au début du XX° siècle, les garçons allaient une ou deux années à Lunéville à l'Institution St Pierre Fourier, ou au Collège, voire, mais ils étaient rares, au Lycée Poincaré à Nancy. Pour les filles, à Lunéville il y avait l'Institution des Saints Anges qui offrait un enseignement complémentaire général, plus un enseignement ménager réputé. A Baccarat, il y avait pour les filles l'Ecole privée de Gondrecourt, célèbre pour son enseignement ménager.

Courant le XX° siècle, l'enseignement de la vannerie voit le jour à Ogéviller et trouve un réel succés dans nos pays de culture de l'osier où le façonnage des paniers existe depuis des années. Fin de XX° siècle, l'école communale de chaque village a fait place à un enseignement regroupé dans une école unique avec un ramassage scolaire par autobus. Mais en dépit des colléges et lycées sur l'arrondissement et des écoles supérieures et facultés en chef-lieu de département, on nous annonce que le nombre d'élèves ne sachant ni lire ni écrire a augmenté ! Quel désastre !  Nos vieux maîtres d'autrefois doivent se retourner dans leurs tombes ! Ne soyons pas trop pessimistes : la majorité de notre jeunesse est équipée intellectuellement. Elle est même experte en connaissance informatique, envahissante à cette époque. Mais il existe une frange marginale, ignorante d'un savoir minimum, lire-écrire-compter, qui s'avère indispensable pour obtenir un métier.

Comme nous sommes loin de l'époque d'une petite fille, ma grand'mère, qui apprenait à lire à des adultes, au cours du soir.

Savez-vous que l'épouse du Président de la République a créé la Fondation Carla Bruni Sarkosy dont le but est de lutter contre l'illettrisme?

PS:  En 1885, l'instituteur était Joseph RIVET. Aristide RENAULD, l'auteur de la monographie de Fréménil, lui a succèdè en 1886.

J S   Février 2012

PS : Nous n'avons pas de photographie de 1885 montrant les éléves de la classe d'alors avec le maître d'école Monsieur Joseph RIVET, né en 1840 (Il avait donc 45 ans). En revanche, nous avons illustré notre propos par une photo datant de 1956 nous montrant Monsieur Lucien CLAUDE, le dernier instituteur de Fréménil (L'école a fermé en 1963) au milieu de ses élèves dont beaucoup se reconnaîtront. Cette photo a fait l'objet d'un précédent article (lien)

dimanche, janvier 29 2012

Un pélérinage, un merci...

C'était au siècle dernier [suite 4]

La guerre était finie. Les gens d'ici pensaient leurs blessures. Nos villages qui avaient connu l'évacuation , avaient retrouvé leur logis qui méritait réparation,reconstruction. Mais par de-là les pertes matérielles, il y avait surtout les disparus dans la tourmente de cette guerre, dans les combats, dans les camps de prisonniers, dans les camps d'extermination et, tout près de nous, les innocents qui avaient sauté sur des mines. L'immense soulagement en retrouvant les prisonniers retenus dans les camps ennemis pendant quatre longues années ne pouvait faire oublier tout ce qui s'était passé. MERCI pour les survivants qui étaient enfin réunis dans un village en PAIX.

Ce remerciement s'était concrétisé à l'initiative de Madeleine BENOIT sous la forme d'un pèlerinage à pied réunissant une dizaine de femmes du village. 

Itinéraire du Pélérinage Fréménil - ND de Bonsecours


Partant de Fréménil en fin de journée vers 19 heures, le groupe a marché le long de la RN4, faisant étape à Lunéville Eglise St Jacques, puis à St Nicolas de Port à la Basilique du patron des Lorrains, pour arriver à Nancy Eglise ND de Bonsecours, soit un périple de 50 Km de marche entrecoupée de prières, pour assister à la messe du matin et remercier Notre Dame de Bonsecours de la protection qu'elle avait apportée à notre village et à ses habitants. Cet évènement s'est déroulé en Mai(ou Juin) 1946,à la belle saison où il est plus aisé de faire cette marche.

Nous remarquerons qu'à cette époque, les églises étaient ouvertes même la nuit, et que les routes ne connaissaient pas le trafic nocturne d'aujourd'hui.


Ce pèlerinage est un témoignage de gratitude et de foi, ce qui hélas est devenu plus rare de nos jours.
Nous avons pu rassembler la liste des participantes dont la majorité nous ont quitté à l'heure où nous écrivons ces lignes.

  • Madeleine     BENOIT
  • Paulette      BENOIT
  • Gabrielle     TOUBHANS
  • Emilienne     VILLEMAN ( la plus âgée )
  • Geneviéve     ADAM
  • Renée         CHATEL
  • Cécile        VOINOT
  • Fernande      THIERY
  • Marie         FLAVENOT
  • Renée         VILLEMAN

Madeleine BENOIT  (née le 13/05/1912 à Fréménil, décédée le 03/09/1995 à Thonon-les-Bains 74200) est devenue Soeur de la Visitation sous le nom de Soeur Saint François et repose parmi ses soeurs au couvent de Thonon-les-Bains. Ayons une pensée pour cette figure pieuse de notre village qui, au siècle dernier, a su initier ce pèlerinage pour dire MERCI à Notre Dame.

Jean SPAITE   Février 2012 


Voici une photographie prise en 1941 devant l'escalier de l'église de Fréménil, où figurent une partie des pèlerins de ND de Bonsecours de Mai 1946.

Album de Famille 1941

Vous pouvez retrouver la liste nominative des personnes figurant sur cette photographie dans ce précédent article "En feuilletant l'album de famille (1941-1943)"

mercredi, janvier 18 2012

Nancy : une photo, une page d'histoire (Tramway, Pont Saint Jean, 1958)

Nous avons déjà eu l'occasion de parler de transports sur notre site : le Tacot LBB, les bus TED etc... Ces billets avaient retenu l'attention des amis de l'histoire locale, régionale, mais aussi des amis des transports. Aujourd'hui, et pour inaugurer la catégorie Miscellannée, nous allons parler des tramways de Nancy en décrivant une photographie prise il y a 54 ans.

C'était au siècle dernier....

Pont Saint Jean Tramway 1958

Cette photographie nous montre en sujet central une motrice de la ligne n°5 "Île de Corse - Blandan", attelée avec une remorque fermée. Nous sommes en 1958 et en fin d'année, le 2 Décembre 1958, le vrai tramway de Nancy roulant sur rails, sera définitivement sacrifié à "l'autel -du-tout-par-la-route". Nancy connaissait le tramway électrique depuis 1898, soit depuis 60 ans, après avoir connu le tramway hippomobile 24 ans plus tôt.

Le pont Saint Jean permet le franchissement des voies ferrées de la gare de Nancy-Ville. La circulation routière sur le passage supérieur n'est pas excessive avec deux couloirs de circulation ainsi que la présence de deux voies ferrées du tramway noyées dans la chaussée.

Nous notons à l'extrême droite de la photo, la présence d'un bus US pour la desserte du camp américain de la Forêt de Haye (NANCY-ORDNANCE Dépôt). Ce service s'éteindra en Mars 1967 avec la fermeture des Camps et des Bases aériennes US, suite à la sortie de la France de l'OTAN décidée par le Général De Gaulle.

Nous sommes encore à l'époque de la vapeur, la ligne Paris-Strasbourg ne sera électrifiée qu'en 1960, le train d'essais circulant le 14 Décembre 1960 sur le parcours Lérouville, Nancy, Lunéville. La mise au gabarit EL sera l'occasion de surélever le pont St Jean à partir de fin 1958, suivit de la dépose de la marquise abritant les quais et les voies. Ce travail de dépose de l'imposante halle métallique durera d'Avril à Juillet 1960. Notons que les grilles latérales de protection de 2m. de hauteur sont prévues à disparaître. Soulignons que le pont St Jean subira une seconde intervention en 1999 lors de l'élargissement de l'ouvrage pour la mise en circulation du TVR ligne T1 "Vandoeuvre CHU Brabois-Essey Mouzinpré", inauguré en Décembre 2000 par Mme Bernadette Chirac.

On notera à gauche de la photographie,l'ancienne signalisation qui cédera la place aux modernes PSL panneaux de signalisation lumineuse.

A droite de la marquise, nous avons l'aile EST du BV bâtiment voyageurs de la gare de Nancy-Ville. Pour offrir un service digne de l'électrification, l'ensemble de l'édifice gare sera l'objet de travaux de modernisation de 1958 à Décembre 1960.

En arrière plan, en position centrale, nous avons le bel immeuble "Hôtel Thiers" situé sur la place de la gare (place Thiers) qui sera démoli pour faire place en 1975 à une tour de grande hauteur (100 m.) abritant actuellement l'Hôtel "Park-inn" ainsi que des locaux à usage de bureaux.

Conclusion :
1958-2012 : 54 ans d'écart. Que de changements.
Précisons que la photo (cliché Jean Spaite) a été prise depuis le premier étage de la Section 32 VB-Nancy. Ce dernier bâtiment SNCF a été détruit pour faire place au building Kennedy.

Jean Spaite, Janvier 2012

Nouvelle catégorie... "Hors sujet"

MiscellanéesChers amis,

Je profite de ce premier billet de 2012 pour souhaiter une bonne et heureuse année 2012 à nos fidèles lecteurs. Qu'elle vous soit propice et vous apporte beaucoup de joie ainsi qu'une excellente santé. Bonne année aussi à notre petit village et à ses habitants; puissiez vous trouver l'épanouissement au "Pays des Piquants" !

Au rythme d'un billet mensuel, le site "Fremenil.com" continue de progresser en lectorat, en quantité de documents, ainsi je l'espère... qu'en qualité. Toutefois, même si la riche histoire,  les quelques monuments et la vie bien remplie des ancêtres fréménilois procure une source quasi-inépuisable de billets, il nous arrive parfois de vouloir sortir de ce thème purement local, d'ouvrir un peu notre horizon vers la "Cité Cavalière" ou "La Capitale du Duché" ... voire même de quitter le blog régionaliste pour vous entretenir de nouvelles technologies, de transports, de politique ... que sais-je ?

C'est ainsi qu'est né le désir de créer une nouvelle catégorie Hors Sujet. Mais comme le terme ressemblait trop à la correction d'une copie d'examen, nous avons opté pour un nom plus poétique : Miscellanée (avec ou sans s, à vous de voir), un genre littéraire qui s'autorise à parler de tout et de rien : Définition de Miscellanée

Et pour inaugurer cette nouvelle catégorie, voici un billet de Jean Spaite qui évoquera l'ancien tramway de Nancy, disparu fin 1958, à propos d'une photo ressortie de ses archives. De quoi réjouir les amis des chemins de fer.

Bonne lecture, à bientôt et, comme toujours, merci pour vos commentaires,

Alain Spaite

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