Fréménil, un village lorrain

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dimanche, septembre 10 2017

Les petits métiers d'autrefois

Bien sûr, nous vous  avons déjà parlé sur le site "Jean la Ferraille" qui, au siècle dernier, parcourait les villages du canton de Blâmont en chantant son refrain "Peau d'lapin, peau, chiffons, ferraille à vendre!".  Nous avons aussi évoqué ici "les Camps-Volants" qui façonnaient des "charpagnes", des paniers, au pied de leur roulotte, mais dont les femmes visitaient le village pour vendre du fil et des aiguilles et, à l'occasion, prédire "la bonne aventure"... métier très spécial !!!

A ces petits métiers aujourd'hui disparus, nous pouvons en ajouter d'autres.

Le rétameur

Il s'installait contre le mur de l'église sous la fenêtre de la sacristie, en regard du café du village: on ne sait jamais, s'il faisait soif ! Souvent de la famille des "Charpagnats", il connaissait bien son métier. Il parcourait le village pour recueillir les fourchettes et les cuillères ainsi que les bassines et lessiveuses marquées par l'usage, et après une savante préparation, il ravivait par un bain d'étain en fusion leur aspect extérieur. Cet ouvrier du feu avait toujours du succès auprès des jeunes attirés par les flammes qui se dégageaient de son chantier très chaud. Ne pas s'approcher: risque de brûlure!!

Le rémouleur

remouleur.jpgL'aiguiseur de couteaux, ciseaux-     Comme l'artisan précédent, il visitait le village en clamant son refrain: 

"A repasser les couteaux, les ciseaux".

Il agitait une petite clochette pour attirer l'attention de ses futurs clients. On l'a même vu utiliser une corne sonore pour signaler son passage. Il était équipé d'un trépied surmonté d'une meule actionnée à l'aide d'un pédalier. La mobilité de son outil de travail était réalisée par un essieu monté sur deux pattes de son trépied avec un système de roulement hérité de deux roues de voiture d'enfant. Cette machine-outil originale née du talent de bricoleur de son propriétaire lui permettait d'aller de village en village pour aiguiser les instruments coupants.

Le vitrier

Le refrain utilisé par le spécialiste :

"Encore un carreau d'cassé, v'la l'vitrier qui passe,
Encore un carreau d'cassé, v'la l'vitrier passé !..."

La plupart du temps, c'était un futur client, victime d'un carreau cassé à sa fenêtre qui avait fait appel à ses bons offices par l'intermédiaire du facteur qui, c'est bien connu, connaissait tout le monde dans les villages desservis. Le spécialiste rappliquait avec plusieurs carreaux vitrés pour répondre aux dimensions du sinistre, avec un outil magique: le diamant pour couper le verre, ainsi que pointes "tête homme" et mastic pour régler l'affaire. Mais l'homme de l'art pensait,à juste titre, que dans le village il y avait bien un ou deux carreaux à remplacer. Il ne serait pas venu pour rien! Et de fait, quand il n'y avait qu'une brisure, une fente, on gardait le carreau en place, en prenant bien soin de ne pas aggraver les choses. Alors, le passage du vitrier était toujours le bienvenu. "V'la l'vitrier passé!..." 

Le marchand de poissons

Il venait de Manonviller. Il est d'abord venu en vélo avec son panier rempli de poissons. Les affaires évoluant favorablement, il est venu en triporteur-moto. C'est surtout la semaine sainte, avec un point culminant le vendredi saint, qu'il vendait son poisson. Le reste de l'année il passait un vendredi par mois. Ce commerçant poissonnier devait avoir un autre métier en plus. (1)

Le Caïffa

Tricycle-Caiffa.jpgAvec son triporteur à pédales, muni d'une grosse caisse peinte en vert avec son enseigne "Le Planteur de Caïffa" écrite dessus, il ne passait pas inaperçu. Il venait de Blâmont et pédalait de village en village pour y vendre ses produits réputés: le café, le chocolat et  les délicieux bonbons de réglisse parfumés à la violette. Sa visite était appréciée des ménagères mais aussi des enfants gourmands.

Le Sidi marchand de tapis

Voilà un petit métier courant pour les hommes venant d'Afrique du Nord. Encore en 2014, il est venu dans notre village  un de ses pratiquants chargé de tapis colorés sur les épaules. "Hé mon z'ami, ti fais une bonne affaire. Et c'est pas cher pour toi!". Le  commerçant ambulant se veut persuasif. Il sait vendre sa camelote avec un discours volubile. Et toujours le refrain: "Ti fais une bonne affaire, c'est pas cher!"

Le peintre-artisan

Nous sommes là en face d'un véritable artisan qui opérait au siècle dernier. Il était bien connu et habitait à Bénaménil Monsieur E. SAYER. A l'époque, en cette période de paix de l'entre deux guerres, il était bon de présenter sa maison avec une façade bien propre. Dans notre village, il y avait trois clients réguliers pour se montrer exigeant pour l'aspect extérieur de leur habitat:

  • La famille ADAM (Félix, Christian puis Yves) qui exploitait l'entreprise de broderie perlée locale.
  • La famille BENOIT qui tenait le café du village et voulait attirer correctement sa clientèle.
  • Mademoiselle Anna Elisabeth MENGIN, rentière aisée qui possédait la plus belle maison du village.

Certes ce n'était pas chaque année le renouvellement total de la peinture des volets, portes et fenêtres chez chaque client, mais chaque client mettait un point d'honneur à avoir une bonne présentation de sa maison. Alors il y avait toujours quelque chose à faire relevant du professionnel réputé. Pour la mise en peinture du café, le peintre installait ses tréteaux près de l'église, comme le faisait le rétameur, sous la fenêtre de la sacristie. Il préparait ses volets et les peignait consciencieusement en plusieurs couches. Comme cela, le café pouvait fonctionner sans l'embarras d'un chantier. Il y avait toujours des curieux pour voir opérer l'artiste du pinceau et bavarder avec lui.   Et dans le village, il pouvait y avoir un mariage prévu dans l'année. Impérativement il fallait refaire la peinture du lieu, et profiter de la venue du peintre pour avoir "un beau devant de porte" ! D'où un nouveau chantier pour l'artisan.   

D'autres commerces itinérants venaient rendre visite au village au siècle dernier. Ils font partie de l'HISTOIRE "des Commerces et les Services à Fréménil". Là nous avons affaire à du gros matériel:

Le Bus de la Quincaillerie KERN (2)

Le commerçant itinérant avait investi dans un gros autobus qu'il avait transformé en supermarché mobile. On entrait dans son commerce par la porte arrière, on progressait vers l'avant en visitant les rayons et en faisant ses achats, et on terminait à l'avant où le commerçant tenait sa caisse. Et on trouvait de tout dans cet engin roulant: des semences, des outils agricoles, des gants, des bottes, mais également de l'outillage, marteaux, pinces, tenailles, cisailles , des pointes et des vis, bref tout ce qui peut servir au monde rural. Oui, ce supermarché rural à roulettes avait sa raison d'être et sa venue était appréciée dans les années 1980-1990.

Autre commerçant itinérant visitant le village jusque dans les années 1970 : 

Le marchand de Chaussons AMOS de Raon l'Etape

Obligatoirement il passait avant l'hiver , dans le courant de l'automne pour vendre des chaussons confortables bien fourrés et conseillés pour la période froide. Son camion stationnait dans toutes les rues du village pour satisfaire une clientèle qui lui était fidèle. Les Chaussons AMOS, c'était des Charentaises Lorraines qui venaient bien de chez nous.

Et tout cela, c'était dans le temps !

Peut-être avez-vous d'autres souvenirs à nous rapporter, des précisions, des compléments ? N'hésitez pas à nous contacter. Merci d'avance.

NOTES:

  (1)    Renseignements fournis par Marcel REY de Domjevin en 2010.

  (2)    Ets KERN  38 Rue Principale 54129 MAGNIERES.

Jean  SPAITE   Septembre 2017

Crédits photographiques :

lundi, septembre 4 2017

Le chat du Robert

Nous vous avons informé du décès de Robert MALGRAS (voir notre écho du 29/08/2017). 

Et "le Robert" avait un chat blanc tacheté de noir et de jaune orange, ce qui n'est pas courant dans le monde des chats.

ChatRobert_1.jpgChatRobert_2.jpgChatRobert_3.jpg

Le chat du Robert aimait son maître et s'est trouvé tout désorienté quand ce dernier s'en est allé. Miaulements plaintifs, regards inquiets, le pauvre félin faisait peine à voir. Heureusement, Marcel et son épouse Suzanne ont décidé de l’accueillir chez eux, dans la maison voisine. Il a beau avoir le gîte et le couvert dans cette vieille ferme lorraine avec ses écuries et ses vastes greniers, le pauvre minet revient toujours à la maison de son maître décédé. Il vient l'attendre, le prier de lui ouvrir ses bras, de le prendre près de lui, lui dire que lui, le chat de gouttière, il l'aime, tout simplement.   

Dans un village où il y a beaucoup de chats, nous avons cru bon de signaler cette marque d'amour, dans un monde où ce sentiment fait souvent défaut.

Jean SPAITE  Septembre 2017

dimanche, septembre 3 2017

Quand le bâtiment va, tout va (Septembre 2017)

On connait le vieil adage "Quand le bâtiment va, tout va..."

Plusieurs chantiers ont vu le jour dans notre village apportant une activité inhabituelle.

  • C'est au N° 34 de la Grande Rue que se trouve le premier chantier. Là où habitaient Mme et Mr Maurice NEIGE, la maison rurale lorraine a été reprise par leur petit-fils Pascal NEIGE qui y apporte des transformations importantes. Le projet concernant plusieurs logements en cours de réalisation par l'entreprise "ETIENNE-BTP ", se trouve dominé par une haute grue qui dessert le chantier.
    ConstructionsFremenil1709_6.jpgConstructionsFremenil1709_3.jpgConstructionsFremenil1709_5.jpg
  • Tout à l'extrémité de la Rue des Violettes, côté BURIVILLE, un grand chantier se déroule pour la réalisation d'une maison nouvelle destinée à Mme et Mr Olivier NEIGE propriétaire-constructeur.
    ConstructionsFremenil1709_2.jpg

Nous constatons que notre village s'agrandi et il est certain que d'autres candidats à la construction viendront s'ajouter à ces nouvelles réalisations. 

  • Depuis le départ du Docteur PENETRAT, c'est Mme et Mr Gérald NEIGE qui ont racheté la maison au N° 6 Rue de la Pairie en y apportant des aménagements nouveaux.
  • Revenons à la Rue des Violettes où au N°2 habitait autrefois Mme et Mr Marcel HANRIAT. Le propriétaire actuel est Cyril NEIGE qui a opté pour une transformation importante et un allongement de la Maison Phénix initiale par une entreprise qui l'a quitté. Après un arrêt, la construction est mise hors d'eau avec une toiture neuve et des portes et fenêtres assurant le clos. Il reste au propriétaire-constructeur à assurer la distribution intérieure.
    ConstructionsFremenil1709_4.jpg

Ainsi, même dans les maisons existantes, il y a des transformations qui sont bénéfiques pour l'aspect du village.

Quand on vous dit que "Quand le bâtiment va, tout va... 

Jean SPAITE  Août 2017

samedi, septembre 2 2017

Les portes de grange

Nous avons déjà traité un aspect architectural de nos maisons lorraines par la publication d'un dossier sur les linteaux de portes dans notre village (article "Les linteaux de portes" du 04/04/2011).

Nous pensons aujourd'hui qu'il ne faut pas oublier  les portes de granges et plus particulièrement le linteau en forme cintrée venant coiffer  l'ouverture qui autrefois laissait passage au chariot lorrain chargé de foin ou de paille. En ce XXIème Siècle, la maison lorraine n'a plus cette destination agricole, et la grange est devenue garage pour la voiture automobile. Il n'en reste pas moins que le linteau cintré au caractère peu banal mérite une attention particulière, surtout doit être conservé, et ne doit pas laisser place à un linteau horizontal en béton armé ou en "fer I" comme malheureusement c'est le cas bien souvent. Et pourtant le CAUE 54 (Conseil Architecture Urbanisme et Environnement) ne cesse de rappeler qu'il faut conserver ces linteaux régionaux. Ils peuvent présenter deux aspects : soit la forme plein cintre ou courbe en partie d'arc, soit la forme anse de panier. Réalisés en pierres de grès taillés sur mesure avec une clé de voûte centrale marquée souvent de l'année de construction. Les jambages latéraux étaient protégés en partie basse par des pierres taillées de protection ayant office de chasse-roues.

Mieux qu'un long exposé, nous avons choisi de publier des photos prises dans le village de Fréménil de portes de granges dont les linteaux ont été conservés et mis en valeur, mais aussi d'autres portes qui ont été complètement modifiées par la suppression de ce qui faisait son style régional caractéristique.

Disparition regrettable de ces vestiges du passé, pages d'Histoire rejetées dans l'oubli.

Le permis de construire ne devrait pas être le permis de détruire.

Il y a des transformations réussies, d'autres plus discutables.

A vous de juger.

Jean SPAITE Septembre 2017

GrangeFremenil01.jpgGrangeFremenil02.jpgGrangeFremenil03.jpgGrangeFremenil04.jpgGrangeFremenil05.jpgGrangeFremenil06.jpg


Pour les amoureux des trains (Septembre 2017)

Notre chronique à destination des ferrovipathes des mois d'été se doit de vous rappeler qu'il est toujours temps d'aller visiter les réseaux touristiques de notre secteur :

  • Le Chemin de fer du Val de Passey à CHOLOY-MENILLOT Tél. 06.70.58.76.10
  • Le Petit train du Fort de VILLEY le SEC             Tél. 06.03.15.49.92

Les bénévoles qui "font marcher les trains" attendent votre visite. 

Et à la télévision, sur France 5, ne loupez pas l'émission "Des trains pas comme les autres". Grâce à Philippe GOUGLER vous découvrirez des trains du monde entier. Nous vous recommandons particulièrement les trains SUISSES.

Jean SPAITE     Août/Septembre  2017

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