Fréménil, un village lorrain

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samedi, février 11 2017

Fréménil et sa porte monumentale

FVPorteMonumentale01.jpgEn écho à la récente parution du nouveau livre d'Antoinette AUBRY-HUMBERT "Les Portes Monumentales du Lunévillois - Fin XVIIe et XVIIIe siècle":
 

  • Rappelons que la porte monumentale de MARAINVILLER située initialement 9 Rue Charles CHATTON, a été sauvée d'un exode vers l'Amérique grâce à l'action de Mr François ZAUG de MARAINVILLER avec l'aide efficace de Mr Jacques LAMBLIN, député de LUNEVILLE. La porte d'origine, démontée puis restaurée est remontée maintenant près de l'église du lieu faisant l'admiration de tous les visiteurs.
  • Autre mise en exposition visible à NANCY dans l'enceinte du Conseil Général 48 Rue du Sergent BLANDAN auprès des services du CAUE (Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et d'Environnement) de la copie de la porte monumentale d'OGEVILLER située 23 Rue du Chateau, un chef-d'oeuvre dans sa réalisation par les apprentis du CFA de SAVERNE section des métiers de la pierre en Janvier 2007.
  • Souhaitons que FREMENIL, elle aussi, retrouve un jour une copie de sa porte monumentale afin de faire revivre cette richesse architecturale. A l'exemple de MARAINVILLER, ce projet pourrait trouver sa place contre le mur extérieur de la sacristie à l'arrière de l'église. La copie serait située non loin de la porte actuelle, 4 Rue de la Prairie, réduite aujourd'hui dans sa présentation après avoir été fortement endommagée le 5 Novembre 1916 par un obus allemand.
  • Autre solution réalisable entièrement en local, à l'exemple de la belle fresque murale oeuvre du groupe de peintres amateurs talentueux inaugurée officiellement le 15 Octobre 2016 : Un tableau illustrant la porte monumentale de FREMENIL dans son aspect initial pourrait trouver une place d'exposition pérennisant le souvenir de cet ouvrage architectural exceptionnel qui manque encore après un siècle.

Ce projet cadrerait tout à fait avec l'embellissement du village.

Jean  SPAITE   Février 2017

jeudi, août 4 2016

Préservation du patrimoine

La télévision nous offre chaque année le concours du plus beau village de France sous le titre "Le Village préféré des Français", une émission qui nous permet d'admirer un ensemble architectural différent suivant les régions , mais qui nous oblige à reconnaître notre modestie en ce qui concerne notre petit village.

Pourtant, d'années en années l'effort réalisé localement pour le fleurissement du village porte ses fruits et tout en présentant un aspect favorable et coloré se trouve logiquement récompensé par les instances officielles.

De l'époque du XIXe siècle et du début du XXe siècle, nos maisons lorraines avec leurs portes de granges à linteaux en anse de panier avaient le tort de voisiner avec le tas de fumier pourtant taillé au carré traduisant la richesse du propriétaire fermier. La voirie s'est aussi améliorée apportant un signe d'urbanisation. En notre XXIe siècle, on remarque un effort notoire dans la présentation des maisons qui, s'inspirant de la province voisine l'Alsace à laquelle nous sommes très attaché, s'affiche maintenant avec des fleurs et des parterres verdoyants.

Mais ce qui signale un village par dessus-tout, c'est le bâtiment le plus haut, le plus remarquable, en l’occurrence l'église. Tout le monde n'a pas la chance de posséder un château avec tours et donjon, mais nous avons une église qui se détache architecturalement de tout le bâti du village. Elle mérite une visite car elle recèle des tableaux et des meubles religieux de grande valeur et classés "monuments historiques". Reconnaissons aujourd'hui que la mise en valeur de l'ensemble mériterait un effort bienvenu. Nous avons hérité de nos ancêtres qui nous ont précédés dans l'Histoire de ce petit village d'une église bâtie à la force des mains, endommagée par les guerres, les révolutions, les tempêtes et les incendies; mais rebâtis, reconstruites courageusement avec l'aide des religieux mais aussi et surtout des paysans du lieu qui ont permis cette renaissance que nous devons pérenniser en ce XXIe siècle et pour l'avenir.

Eglise2014_01.jpg

Voir sur le site :

Comme nous l'avons indiqué précédemment, nous n'avons pas ici la présence d'un château fort attirant des touristes.

Mais nous avons la chance de posséder deux blockhaus construits par nos soldats lors de la première guerre mondiale avec des matériaux provenant des ressources locales.  Situés à l'Ouest du village (côté Bénaménil, Domjevin) et à l'Est (côté Ogéviller), ils avaient pour rôle de protéger notre village des attaques ennemies venant du Nord (côté Vezouze). Le blockhaus Ouest latéralement au CD 19A est bien visible mais mériterait une mise en valeur coïncidant avec la période actuelle du Centenaire de la guerre 1914-1918. Le blockhaus Est situé derrière le cimetière se trouve dans un état affligeant imposant un dégagement complet de son environnement immédiat.

Blockhaus.Ouest.2016.jpg

Voir sur le site :

Voici deux vestiges du conflit qui a fait tant de morts et qui accusent l'indifférence, la négligence, le manque de reconnaissance en local de notre génération.  Si rien n'est fait, dans les siècles à venir, la génération actuelle sera montrée du doigt par nos descendants en découvrant cette carence.

Il est grand temps d'agir pour la préservation de notre PATRIMOINE local, tant pour notre EGLISE que pour les deux VESTIGES MILITAIRES, fruits du travail opiniâtre de nos pères lors du premier conflit mondial qui a fait 18,6 Millions de morts il y a un siècle.(Voir Wikipédia)


Jean SPAITE     Août 2016

samedi, juin 4 2016

Le monument Leclerc de la forêt de Mondon

Monument_tranchee_Leclerc_Mondon.jpgSi vous empruntez la route forestière reliant BURIVILLE à MENIL-FLIN, au carrefour avec la "Tranchée des Loups", vous remarquez sur votre droite le monument de la "Chaussée LECLERC".
Érigé après la Libération, un peu oublié les années suivantes, ce monument présentant une croix de Lorraine évidée méritait une rénovation. C'est chose faite depuis fin Avril 2016.

Deux plaques-souvenirs rappellent la création d'un axe routier solide pour assurer le passage de la 2éme DB dans la Forêt de Mondon en lieu et place du chemin forestier "la Tranchée des Loups" rendu impraticable pour les chars par suite des intempéries de longue durée qui ont sévi en cette période. C'est le 13éme Bataillon du Génie sous les ordres du Commandant GRAVIER qui a conçu et réalisé ces importants travaux permettant un accès stratégique de 3,6 Km en sous-bois jusqu'à HABLAINVILLE,OGEVILLER et BACCARAT le 31 Octobre 1944 en contournant la Route Nationale LUNEVILLE, BACCARAT, St DIE (RN 59). Un Régiment de Génie Américain, le 1101 Engineer Combat Groupe, avec des bulldozers et 120  camions est venu prêter main-forte au 13éme Bataillon de Génie Français. Rappelons que cet axe routier renforcé a pu être réalisé en empruntant des pierres et des gravats provenant de deux villages détruits de REHAINCOURT (88) et St REMY aux Bois (54).
 
Saluons cette réalisation effectuée sur une courte durée (4 jours) et par des conditions atmosphériques peu favorables : pluies et brouillards.

Retenons la devise du 13éme Bataillon du Génie :

"A me suivre,
" Tu passes.

Et formulons l'espoir de conserver ce monument LECLERC en bon état pour l'avenir.


Jean SPAITE         Juin 2016

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site de la Bataille de Lorraine

mardi, février 23 2016

Le blockhaus Ouest

Avant :

Maisons_nouvelles_0715_02.jpg

Après :

Blockhaus.Ouest.2016.jpg

C'était le Mardi 2 Février 2016. Le temps était pluvieux, il y avait du vent, et les deux employés du syndicat de gestion des ouvriers intercommunaux du Pays de la Vezouze ont été dépêchés pour dégager la partie supérieure du blockhaus Ouest envahie par de la terre glaise et une herbe sauvage où dominait les chardons et les orties. Il était grand temps d'éliminer ce décor disgracieux à l'entrée de notre village qui, par ailleurs fait de réels efforts pour devenir plus accueillant par un fleurissement réussi. Espérons que cette première phase de mise en valeur du monument fortifié soit suivie par une autre étape dans le cadre du centenaire de la guerre 14-18 et plus particulièrement du centenaire du blockhaus qui date de 1916.

Le système défensif élaboré par les autorités militaires consistait en la construction de deux ouvrages fortifiés en béton armé situés à l'Est et à l'Ouest du village de FREMENIL. Chacun des ouvrages "abritait deux chambres de mitrailleuses cubiques hautes de cinq à six mètres, larges d'autant, et réunies par une galerie de dix mètres environ de longueur", "les meurtrières sont dirigées vers le Nord du côté de BLEMEREY" ( description d'Edmond DELORME dans LUNEVILLE et son Arrondissement- Tome 2 ). Entre ces deux fortins, la défense était complétée par des tranchées équipées de ronces barbelées établies à la partie Nord du village sur la prairie (quartier de la Banvoire).

Concernant le blockhaus Ouest, la seconde étape de mise en valeur, après le nettoyage effectué de la partie supérieure, pourrait consister en une réalisation d'une surface recouverte de cailloux blancs entre l'ouvrage fortifié et le CD 19A très fréquenté, en donnant une image plus soignée et néanmoins peu onéreuse en investissement.  Le blockhaus Est situé près du cimetière présente un état de délaissement certain imposant un travail plus conséquent.

Après cette évocation historique et ces considérations techniques, à la manière de Georges CHEPFER (1870-1945) chansonnier et humoriste lorrain, laissons place à l’interprétation de la mère de "not' Mimile" pour évoquer cet évènement, à savoir le Centenaire du blockhaus de FREMENIL.

"Tiens toi droit Mimile ! Enlève ton bèret quand ça joue La Marseillaise. C'est-y pas Dieu possib' un jour comme aujourd'hui où c'qu'on célèbre les 100 ans d'la guerre de 14 et les 100 ans d'la construction du blockhaus. Pense à ton pépère qu' était mobilisé et qu'a travaillé avec les aut' poilus pour faire le gros machin-là en béton. Et tout ça à la main Mimile : fallait pas qu'i soient feignants les ouvriers du temps-là. Et faudrait pas l'oublier le blockhaus-là comme celui du cimetière, i s'ont tout fait à la main : pas d'bétonnière, pas d'bulldozer comme i disent maintenant. A c'tour qu'i s'ont enlevé toute la chardonnerie qu'était su la crête, tout comme ton bérêt su l'crâne Mimile, faut pas oublier les alentours nem', pou qu'ça soit présentab' ! Pour sûr qu'i vont s'y att'ler pisque c'est pas tous les jours les 100 ans d'la guerre de 14. I s'ont besoin qu'on les respecte les pauv' poilus qu'ont travaillé dur par tout les temps, en risquant leur vie nuit et jour pour qu'on vive en Paix maintenant. Les oublier, oublier leur ouvrage, c'est d'la pure ingratitude. T'as bien compris Mimile? T'oublieras jamais nem' ! Ah mais... "

Je vous laisse à vos réflexions...

Jean   SPAITE   Mars  2016

Autres articles sur les blockhaus de Fréménil :

dimanche, février 15 2015

Le puits à balancier de Fréménil

Dans sa précieuse monographie de 1888 consacrée à Fréménil, Aristide RENAULD l'instituteur du lieu nous signale la présence du puits à balancier de la commune. Il nous rappelle la voirie du village de cette époque avec trois rues :

  • La Grande Rue qui part de l'église pour aboutir au pont sur la Verdurette, avec accès à la prairie, desservant le quartier de "la Banvoire". De nos jours elle a pour nom "Rue de la Prairie".
  • La Rue du Puits qui part de l'église pour aller vers l'Est en direction du "Camp" (puis Ogéviller). Comme son nom l'indique, elle dessert le puits banal existant au carrefour du chemin de Buriville.
  • La Rue du Faubourg qui part du pont du ruisseau de la Maxelle pour aller vers l'Ouest en direction de Bénaménil en desservant le quartier "le Faubourg".

De nos jours, ces deux rues n'en font plus qu'une, baptisée "Grande Rue" et répertoriée officiellement CD19A. Cet axe routier constitue l'ossature Est-Ouest du village-rue typiquement lorrain où les maisons se serrent les unes contre les autres par des murs mitoyens.

On peut considérer que le village a pris naissance à proximité immédiate de la Verdurette (anciennement Ruisseau d'Alhan) pour son alimentation en eau (Voir l'article : "Depuis combien de temps notre village existe-t-il ?" ). En ce temps-là, il n'y avait pas de pollution et l'eau des rivières était potable. Le village s'est peu à peu agrandi. Dépendance des Templiers implantés à Domjevin, il passe au fil des ans et des traités sous la dépendance des Seigneurs de Blamont et d'Herbéviller. C'est avec ce seigneuriat que fut décidé l'installation d'un puits banal (relevant du Seigneur) implanté au carrefour du chemin de Buriville. On peut supposer que cette décision a fait suite à la construction de nouvelles maisons éloignées du quartier de la Banvoire et de son point d'eau.

Nous avons eu la chance de connaître ce vieux puits banal et nous vous présentons une photographie datant des années 1940.
Puits_Balancier_Photo.jpg
Le puits a été établi par terrassement à la main, c'est à dire avec pioche et pelle, jusqu'à une profondeur atteignant la nappe phréatique, soit quatre mètres environ. Les parois ont reçu une maçonnerie circulaire (1,00 m. de diamètre environ) de pierres sèches, couronnée en surface par une margelle circulaire en grès rose. Pour recueillir plus facilement l'eau dans un seau, un balancier a été élevé. Il était constitué d'un fût vertical à section carrée (0,40m.x0,40m. environ) fait d'un arbre (chêne ou hêtre) dépassant de 2,50 à 3,00m. du sol. La partie enterrée pouvait avoir 1,00m. de profondeur. Le fût vertical était percé d'une mortaise de 0,20m. environ d'ouverture qui était pénétrée par le balancier. Celui-ci était constitué par une perche oscillante en milieu de sa longueur (environ 4,00m) grâce à une tige en acier.

  • A l’extrémité haute était fixée une chaîne en acier se raccordant à une perche de petit diamètre (6 à 7 cm.) et de 2,50 à 3,00m. environ de longueur. Cette petite perche, bien rabotée et polie comme un manche d'outil était munie à son extrémité d'un système d'accrochage pour le seau destiné à puiser l'eau. L'ensemble constitué par la petite perche et le crochet était désigné sous le terme "la Landerie" du puits (dixit Marthe FLAVENOT née MANONVILLER, le 10/11/1986, confirmé par Madeleine HOURDIAU).
  • A l’extrémité basse du balancier, deux grosses pierres fixées par un cerclage métallique, constituaient le contre-poids.

Saluons le travail de nos ancêtres qui ont réalisé ce remarquable puits à balancier avec des moyens bien différents de ce que nous connaissons aujourd'hui.
Puits_Balancier_Dessin.jpg
Pendant des années les habitants du lieu se sont approvisionnés en eau au puits. La margelle en grès, par une partie bien usée par les passages des seaux, pouvait en témoigner de la fréquentation. Ce n'est qu'avec l'installation de l'alimentation en eau potable par le Syndicat des eaux de Manonviller-Ogéviller (années 1920) que le puits à perdu de son importance. Pourtant le service de l'eau pour le bétail avait nécessité l’installation de deux auges aux abords immédiats du puits, et plus tard une borne fontaine.  

C'est en 1951 que la mairie décida de la mort du puits à balancier. Les insectes rongeurs s'étaient appropriés le gros fût vertical et la sécurité du voisinage n'était plus assurée. C'est Yves ADAM, maire de l'époque, qui prit cette lourde décision et c'est Lucien CARMENTRE avec Georges DURAND qui exécutèrent la sentence en prenant bien des précautions pour éviter tout accident au démontage. La margelle de grès qui portait les marques de l'histoire n'a été déposée qu'en 1970. Déplacée provisoirement près du cimetière, elle a été récupérée par l'entreprise BARASSI de Cirey sur Vezouze.

Les amateurs d'histoire lorraine ont regretté la disparition du puits à balancier de Fréménil mentionné souvent dans les descriptions du village dont il faisait partie des curiosités. Actuellement une margelle en béton est installée à son emplacement et contribue au fleurissement du village, mais ce n'est pas pareil que l'antique point d'eau.

Outre la photographie de l'ancien puits de Fréménil, nous illustrons également cet article par une vue, avec des brodeuses, du puits de Domjevin (d'après une carte postale BASTIEN-Lunéville) ressemblant à notre ancien puits, ainsi que du puits de Petitmont peint avec talent par Alfred RENAUDIN en 1897. Il y avait aussi un puits à balancier à Parroy, à Ogéviller. Tous ces puits sont aujourd'hui disparus. Notons que l'on trouvait des installations identiques en Europe Centrale et en Afrique.

Puits_Balancier_Domjevin.jpg

Puits_Balancier_Petitmont.jpg
Par cette page d'histoire, à notre manière, nous avons fait revivre pour vous, le vieux puits à balancier de Fréménil.

Complétons cette évocation du vieux puits banal de Fréménil par le rappel suivant :

Pendant la première guerre mondiale, un nouveau puits a été réalisé par l'armée française. Il s'agissait d'un simple puits implanté à quelques mètres de l'ancien avec un diamètre inférieur et fermé au niveau du sol par un couvercle en béton. On peut supposer que voulant s'affranchir de la manoeuvre du balancier, les militaires ont préféré l'utilisation d'une moto-pompe en prise directe pour leurs besoins. Le corps des sapeurs pompiers communaux a réutilisé ce point d'eau jusqu'en Février 2001 date de la suppression du corps local des sapeurs-pompiers,  après 130 ans de service. Pour leur exercice périodique, on pouvait assister au fonctionnement de la moto-pompe rouge puisant l'eau dans le petit puits et pratiquant l'arrosage abondant du chemin de la gare par les tuyaux textiles posés sur le sol (Voir l'article "Les Pompiers").

Cela aussi, c'était dans le temps...

Jean SPAITE    Février 2015

Crédits Photographiques :
  • Le dessin du puits de Fréménil a été réalisé par l'auteur.
  • La photo du puits de Fréménil ainsi que les cartes postales proviennent de sa collection personnelle
  • La reproduction du tableau d'Alfred Renaudin est extraite du No.6 de la Nouvelle Revue Lorraine datée de février-mars 2011

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