Fréménil, un village lorrain

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Toponymie et histoire, personnages

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dimanche, avril 15 2018

Visite dans le passé

Les recherches dans les archives nous apportent des découvertes qui nous amènent à une meilleure connaissance de notre village.

Notre attention a retenu le recensement de la population de 1896 soit, il y a 122 ans.

A cette date la population totale de FREMENIL s'élevait à 236 habitants, dont 226 pour le village et 10 pour La Baraque. 

Les noms attribués aux rues étaient différents de ce que nous connaissons aujourd'hui (et les dénominations des quartiers, tout comme les désignations des maisons se révèlent variables d'un recensement à un autre !!!) 

En ce qui concerne le nom des rues, on peut citer:

  1. Sur la place
    qui correspond aux maisons autour de l'église, donc une partie de la "Grande Rue" actuelle en 2018 , ainsi que le début de la "Rue de la Prairie " actuelle [soit 13 maisons dont 1 inhabitée]
  2. Rue du Puits
    qui correspond aux maisons de la "Grande Rue" actuelle partie EST, avec notamment la Mairie-Ecole [soit 21 maisons dont 3 inhabitées]. Elle doit son nom au puits banal situé au carrefour du chemin du Bois (actuellement "Rue des Violettes")
  3. Grande Rue
    qui correspond aux maisons du quartier de La Banvoire, partie NORD de la "Rue de la Prairie" actuelle, avec la maison Manonviller et sa porte monumentale [soit 17 maisons dont 2 inhabitées].  Précisons que la-dite "Grande Rue" a été la première voirie du village qui a débuté vers l'an 1.000 (voir "Depuis combien de temps notre village existe-t-il ?", article du 28 Février 2012) à proximité du Ruisseau qui permettait l'approvisionnement en eau du village.
  4. Rue du Faubourg
    elle fait suite, direction OUEST, aux maisons Sur la Place avant d'atteindre le pont sur le Ruisseau de la Maxelle [soit 7 maisons] qui correspond à la partie centrale de la "Grande Rue" actuelle.
  5. Le Faubourg
    qui correspond à la "Grande Rue" actuelle dans sa partie finale côté OUEST [soit 15 maisons].

Plan de Fremenil en 1896

La plupart des habitants exerce les professions de vanniers (56) et cultivateurs (11). On note 5 rentiers, mais mise à part Marie-Barbe MENGIN 61 ans, Rue du Puits (actuellement 8 Grande Rue) dont la famille est riche sur plusieurs générations, on peut avancer qu'il s'agit pour les autres cas de retraités vivant de leur épargne ou effectivement de leur pension pour les anciens soldats.

Pour la population féminine, une majorité d'habitantes est annoncée comme brodeuses (40). Complétons par 1 tricoteuse, 2 couturières, 2 fileuses et 1 gantière. Notons que l'on signale des domestiques dans plusieurs foyers.

Pour les autres métiers exercés, on trouve :

  • HEFTER Nicolas Adolphe 54 ans exerce avec son épouse née ROUSSEL Rose Delphine 47 ans la profession de cabaretier, Rue du Puits (actuellement 26 Grande Rue).
  • MANONVILLER Eugène 30 ans également cabaretier, Rue du Faubourg (actuellement 30 Grande Rue).
  • BENOIT Victor 38 ans boulanger, Sur la Place (actuellement 3 Rue de la Prairie).
  • ROUSSEL Auguste 66 ans menuisier, Rue du Puits (actuellement 3 Grande Rue).
  • DALENCONTE Victor 56 ans cordonnier, Rue du Puits (actuellement 11 Grande Rue).
  • VOINOT Alfred 39 ans cordonnier, Le Faubourg (actuellement 29 Grande Rue).
  • FLAVENOT Nicolas Augustin 61 ans maréchal-ferrand, Rue du Faubourg (actuellement 32 Grande Rue).
  • HOUILLON Clément 74 ans coquetier, Le Faubourg (actuellement 31 ? Grande Rue).
  • CHATEL Auguste Adolphe 52 ans marchand vannier, Le Faubourg (actuellement 44 Grande Rue). 
  • MASSON Auguste 59 ans buraliste, Grande Rue (actuellement 12 ou 13 ? Rue de la Prairie).
  • GERBÉ Aimé 46 ans berger communal, Grande Rue (actuellement ? Rue de la Prairie).
  • QUIL Joseph 46 ans agent d'assurance, Rue du Puits (actuellement 14 Ouest Grande Rue).  
  • KRETZ Joseph 41 ans instituteur, Rue du Puits, Mairie-Ecole (actuellement 22 Grande Rue).

Autre précision: Le nouveau cimetière, Route d'Ogéviller, est ouvert depuis 1887 (donc depuis 9 ans) mais il y a encore des tombes dans le cimetière primitif autour de l'église.

Ce petit voyage dans le passé, à 122 ans de distance, va peut-être vous permettre de découvrir un ancêtre, ou un homme de métier habitant au XIXe siècle la maison que vous occupez aujourd'hui.

Bonne découverte de cette page d'Histoire.     

Jean SPAITE   Avril 2018  

samedi, février 24 2018

Petite histoire de la Lorraine

Nous avons eu souvent l'occasion de vous parler de "La Nouvelle Revue Lorraine" (31/3/2016- 8/10/2015- 6/2/2014- 8/11/2011- 21/6/2010- 4/4/2011- 4/12/2009- 25/3/2007 etc..)
Articles à retrouver en cliquant ici.

Cette belle revue richement illustrée s'est donné comme objectif de nous présenter des articles intéressant le Terroir, l'Histoire et les Traditions. Nous vous en conseillons la lecture.   

Dans son dernier N° 48- 1er Trimestre 2018, vous découvrirez entre autre une "Petite histoire de la Lorraine" sous la plume de Jean-Marie CUNY (pages 34 à 47). Avec 7 chapitres, l'auteur a le mérite de faire découvrir notre belle province sous les volets divers:

  • La Lorraine.
  • Français ne puis, Allemand ne veux, Lorrain je suis.
  • Lorrain d'abord ! Français toujours !
  • Qu'est-ce que la Lorraine aujourd'hui ?
  • Particularités de Lorraine.
  • Arts et Musées.
  • Economie lorraine.
  • Chronologie utile : De la Lorraine Ducale à la Véme République.

Loin des grands exposés historiques, voici une manière alerte, à la portée de tous, de découvrir pour certains, de rappeler pour d'autres, une photographie inédite de notre beau pays.

Les autres articles présentés dans ce N° 48 de la belle revue ne sont pas moins intéressants et ont toujours comme dénominateur commun la connaissance de notre province.

Bonne lecture aux amoureux de la Lorraine.

Pour mémoire:   Prix du N° 10,50 Euros + 4,00 Euros port.

" La Nouvelle Revue Lorraine"
Le Tremblois
54280 LA NEUVELOTTE   

Abonnement (4 Numéros par an)  38,00 Euros.

Jean  SPAITE  Février 2018   

lundi, janvier 8 2018

Hommage à une personnalité lorraine : Jean LANHER

jean-lanher.jpgC'est avec émotion que nous avons appris le dècés jeudi 4 Janvier 2018 à l'âge de 94 ans de Jean LANHER Professeur d'Université de Lorraine .

Né à Montmédy (Meuse) dans une famille d'agriculteur, il est resté toute sa vie en relation étroite avec le monde paysan.

Professeur d'Université à la Faculté de lettres de Nancy, il s'était donné une spécialité de faire connaître les richesses du patois lorrain quelque peu oublié de nos jours.  On lui doit un Atlas linguistique et ethnographique de la Lorraine romane en collaboration avec Alain LITAIZE et Jean RICHARD, mais aussi un Dictionnaire du français régional de Lorraine paru en 1990 qui fait référence. Admis à la retraite en 1993, il avait poursuivi ses conférences et donnait également des cours à l'Université de la culture permanente.

Rappelons qu'au début du XXéme siècle, les patois régionaux pratiqués dans chacune des provinces avaient fait l'objet d'une guerre linguistique menée par les "maîtres d'écoles" obéissant à Jules FERRY pour étendre le français à tout le pays. Les écoliers d'alors étaient punis s'ils parlaient le patois alors que, lorsqu'ils rentraient à la maison, leurs parents et surtout leurs grand-parents pratiquaient toujours le patois chez eux.

C'était le temps du certificat d'études oublié de nos jours !!

Nous constatons que la langue française qui devait régner dans toute la nation se trouve aujourd'hui menacée par des altérations parasites. Mais ça, c'est une autre histoire !!

Un souvenir personnel me revient en mémoire. Il date des années 1960-1970. A l'issue d'une des conférences de Jean LANHER, nous avions dialogué avec passion sur des mots de patois lorrain. Suite à la demande de Jean LANHER, je proposai le verbe "châcher" qui signifie tasser à l'aide de ses pieds. Quand on rentre le foin, on le monte au grenier, et, pour gagner de la place, réduire le volume, on le tasse en marchant dessus. Cette tâche était souvent dévolue à la jeunesse et se traduisait par une belle gaieté !

Parmi les acteurs du dialogue improvisé par Jean LANHER se trouvait le Père BRANDICOURT (1) ardent défenseur du patois lorrain mais également expert en latin. Et le Père BRANDICOURT nous rappela que le verbe lorrain "châcher" avait des relations latines avec "les jambes". Donc pour "châcher" le foin on utilise ses jambes.  Ainsi nous constations que notre patois lorrain avait des racines latines.

Rendons hommage à Jean LANHER qui a permis de faire connaître "notre patois lorrain" et même d'une certaine manière de le faire revivre.

A ce titre, il devait figurer avec honneur sur notre site.

 (1)  Le Père BRANDICOURT.  Personnage religieux bien connu dans toute la Lorraine. Jésuite il était aumônier à la prison Charles III de Nancy mais s'était révélé un créateur de talent du Théâtre de marionnettes sacrées de Nancy. Il avait été ordonné prêtre en 1931. Sa parfaite connaissance de la Lorraine se révélait dans ses réparties aux accents du terroir : Il savait parler le patois.

Jean  SPAITE  Janvier 2018

Crédit photographique : l'Est Républicain du Samedi 6 Janvier 2018

vendredi, janvier 5 2018

Notre patois lorrain (21ème partie)

Patois_Lorrain.gif

  • Un ZIGZORNIFF  N.m.  Une signature illisible, un gribouillis
  • Un TREUBEUH    N.m.  Voiture automobile très ancienne qui fait beaucoup de bruit(teuf-teuf), qui peut souvent tomber en panne, mais qui repart bientôt, qui ne va pas vite, mais qui, malgré tout, marche toujours !
  • MISS'TOUFFLE  (Une, des )   Vient de "emmitoufler" déformé en "emmistoufler"; se recouvrir pour se protéger du froid: des gants ou des moufles en laine pour les mains, un bonnet et une écharpe pour la tête. "Par le temps-là, on a mis des miss'touffles"
  • Un BOCK-NIQUE  N.m.  Situation, quelque chose d'embrouillé, pas clair." Le gamin-là, il a fait un tel bock-nique, je n'vous dis pas! "
  • Etre chargé A MITRAILLE    Expression souvent utilisée en Lorraine. Signifie être lourdement chargé, avec un bagage d'un poids important.
    Rappel de la guerre 14-18 où les soldats approvisionnant les mitrailleuses portaient sur les épaules les bandes de balles de mitrailleuses (la mitraille), d'un poids important.
  • BARZINGUE                  Expression lorraine argotique.
          1) " Filer à tout barzingue "    Aller à grande vitesse, rouler vite.
          2) " Faire du barzingue "        Faire du bruit.
  • Un RENGUENAH   N.m.   Déformation de "renguenard" Personnage qui répète toujours la même chose, les mêmes sujets, la même rengaine.
  • MAL FOUTU                     Expression : mauvaise réalisation d'une construction.
  • Etre FOUTRAILLE (foutraillé)  Expression : être en mauvaise condition physique mais avec une présence de fièvre,début de maladie, cause d’inquiétude. 
  • MARONNER       Verbe        Regretter, être déçu.
  • FICHU      Variation sur le mot FICHU.
    Le mot FICHU mérite une certaine réflexion.
    - En temps que nom commun, il signifie une pièce d'étoffe, de laine par exemple, pour protéger la tête d'une femme. "Elle avait un fichu sur la tête".  Mais le fichu peut être utilisé autour du cou, en modèle léger il devient un foulard dont le plus célèbre modèle est le foulard HERMES d'un style évident, assez cher, et qui n'était pas employé dans nos campagnes aux budgets modestes !!
    - Le FICHU  se retrouve comme adjectif:   Il correspond à mauvais > " Il a un fichu caractère" .
                                                                  Ou a une finalité       > " C'est fichu"- "Il est fichu".  Dans l'expression "Il est mal fichu", cela correspond à une mauvaise condition physique passagère.   On peut retrouver l'adjectif fichu dans "C'est mal fichu" qui signifie une mauvaise réalisation dont le synonyme argotique lorrain est: "C'est mal foutu".
    Ainsi, l'étude inattendue d'un mot courant, nous permet d'en dévoiler toutes ses richesses...  

Jean  SPAITE  Décembre  2017

jeudi, décembre 14 2017

Au temps du tacot (LBB)

F23.jpg
Nous avons eu souvent l'occasion sur ce blog de vous parler du Tacot, de sa gare de Fréménil et de ses occupants :

Pour les premiers occupants des lieux, nous avons évoqué Mlle Germaine KREMER, première Chéfesse de gare, avec son tablier blanc sur la carte postale de 1911 de Mr BASTIEN libraire éditeur à Lunéville. Cette identité nous a été donnée par des fréménilois de l'époque qui avaient connu l'inauguration de la ligne de Lunéville à Blâmont et à Badonviller et qui l'avaient emprunté avec bonheur à partir du 26 Juin 1911, date d'ouverture au public.

Une récente incursion dans les archives départementales concernant les recensements des populations nous a permis de compléter la liste des occupants de la gare du Tacot à Fréménil. Voici le fruit de cette démarche officielle : 

1) Recensement 1911 de Fréménil - Réalisé le 15 Mars 1911. A cette date la gare, construite par l'entreprise RIZZI de Bénaménil est considérée comme "maison inhabitée".

2) Recensement 1916- Ce recensement n'aura pas lieu puisque nous sommes en état de guerre depuis Août 1914 jusqu'à Novembre 1918.

3) Recensement 1921- Les occupants de la gare sont : 

  • CRONER Paul , 31 ans, né en 1890 à Cirey sur Vezouze - Cantonnier  LBB
  • CRONER Victorine, 22 ans, née en 1899 à Nancy        - Receveuse   LBB

4) Recensement 1926- Les occupants de la gare sont :

  • BAJOLET Alfred, 29 ans, né en 1897 à Loromontzey              - Cantonnier  LBB
  • COSTEL  Marie (son épouse) 29 ans, née en 1897 à Marainviller - Receveuse   LBB   

5) Recensement 1931- Les occupants de la gare sont :

  • BAJOLET Alfred, 34 ans, né en 1897 à Loromontzey                 - Cantonnier  LBB
  • COSTEL  Germaine (son épouse) 34 ans, née en 1897 à Marainviller - Receveuse   LBB

6) Recensement 1936 - Les occupants de la gare sont les mêmes qu'en 1931 et sont agés de 39 ans.

Nous n'avons pas les renseignements du recensement 1941, les occupants sont alors agés de 44 ans.

Nous rappelons que le chemin de fer LBB a cessé son activité le 1er Septembre 1942 pour le service des voyageurs et le 15 Septembre 1942 pour le service des marchandises.

Le couple Alfred et Germaine BAJOLET est resté par la suite dans la gare comme locataire puisque le bâtiment a été acheté par la commune en 1946 pour la somme de 18.OOO Francs. 

Marie, Germaine BAJOLET née COSTEL est décédée le 25 Juillet 1969 (72 ans)

Alfred, Pierre BAJOLET est décédé le 24 Mars 1975 (78 ans)

Conclusion : 

Avec ce rappel des recensements successifs nous avons évoqué les cheminots en place dans notre village où ils ont écrit à leur façon une page d'Histoire "au Temps du Tacot" ....

Jean  SPAITE   Décembre 2017

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