Fréménil, un village lorrain

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Toponymie et histoire, personnages

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jeudi, mars 16 2017

Photo de la 2éme DB de Leclerc, prise à Fréménil

Nous vous avons récemment présenté une photographie de notre village vieille de plus d'un siècle ( article du 25/02/2017: Vieille photo de la maison de Camille MANONVILLER ). Poursuivons notre quête dans l'Histoire.
CharShermannFremenil441107.jpg
Nos recherches dans le temps passé nous amènent à vous présenter une belle photo prise au cours de la deuxième guerre mondiale dans notre village.  Nous sommes le Mardi 7 Novembre 1944 dans le quartier du Faubourg. Le photographe militaire, le Lieutenant Michel de MISCAULT, doit se positionner à proximité du N° 33 de la Grande Rue (là où habite actuellement Mr et Mme Philippe DOIZENET). Il tourne le dos à BENAMENIL et regarde vers le centre du village où l'on reconnaît le clocher de l'église St Pierre qui dépasse de l'ensemble des toitures. Un char SHERMAN est bien visible sur la droite, près du N° 31 (là où habite actuellement Mr et Mme Patrick LOUIS-CASTET). Sur la partie gauche de la Grande Rue, un autre char SHERMAN est stationné entre les N° 34 et 36.

Que nous apprend ce document historique ?

  • Depuis le Mardi 3 Octobre 1944, la population de FREMENIL a été évacuée, chassée de son village par ordre des Allemands. Les pauvres "Piquants" sont partis du côté de BLAMONT et de CIREY sur Vezouze, laissant la place à la WEHRMACHT qui résiste face à nos Libérateurs. Les habitants ne pourront retrouver leur village enfin libéré mais meurtri, pillé, que le Vendredi 24 Novembre 1944.
  • Mardi 31 Octobre 1944 la 2ème DB libère BACCARAT.
  • Mercredi 1er Novembre 1944, prise de PETTONVILLE puis d'HERBEVILLER.
  • Vendredi 3 Novembre, le 4éme escadron de la 2ème DB se porte à l'Ouest de FREMENIL.
  • Mardi 7 Novembre l'escadron est cantonné dans la partie Ouest du village, donc le quartier du Faubourg. A cette même date, de l'autre côté de la Vezouze, le village de DOMJEVIN est tenu par les Américains, cependant que toujours chez nous à FREMENIL il tombait une ou deux fois par jour quelques obus allemands surtout sur la place de l'église. On peut situer les impacts de ces bombardements sur les maisons de la Grande Rue N° 28 (maison Camille MANONVILLER-aujourd'hui Marcel HENRY) et N° 20 (maison HUMBERT puis Henri VOUAUX - aujourd'hui Yan LECLERC).

Le lendemain Mercredi 8 Novembre vers 11 H 30, trois ou quatre obus ennemis tombent encore sur la place de l'église causant la mort du sous-lieutenant VAUTRIN. On peut penser que ce sont ces bombardements successifs qui ont occasionné la destruction par les déflagrations de tous les vitraux de l'église St Pierre. Et en ces journées de Novembre 1944, les soldats de l'armée LECLERC notent le débordement de la Vezouze dans la prairie, phénomène que nous connaissons encore de nos jours.

Et la marche victorieuse s'est poursuivie en direction de STRASBOURG libérée effectivement le Jeudi 23 Novembre 1944.  C'était HIER....


Une nouvelle fois, la découverte d'une photographie nous a permis de faire un voyage dans le passé et a mieux connaître l'histoire de notre village.


Jean  SPAITE     Mars 2017

Crédit photographique : Cette photo est issue d'un récit illustré de la campagne 44 du Lieutenant Michel de MISCAULT (12e RCA / 4e escadron / 3e peloton de la 2e DB) publié sur le site 2db.forumactif.com 

Nous n'avons retenu que la photo concernant Fréménil mais je vous encourage vivement à consulter ce passionnant journal de marche qui vous conduira de Bournemouth, en Angleterre le 24/7/1944 jusqu'en Allemagne (Schondorf-am-Amersee) le 10 mai 1945. Le Colonel Michel de Miscault s'est éteint le 11 mai 2015.

Soeur Marie Saint François, fidèle à son église

Soeur_Benoit_01.jpg Les anciens du village l'ont connue sous le nom de Madeleine BENOIT. Elle a passé toute son enfance à FREMENIL. Elle aimait beaucoup son village et particulièrement son église où elle avait eu la révélation de sa vocation religieuse. Oui, elle le savait, elle serait "Chère Sœur".

Elle quitte son village en 1951 à l'âge de 39 ans pour entrer au couvent de la Visitation à NANCY situé à la Cure d'Air Saint Antoine qui domine toute l'agglomération avec une vue magnifique sur les tours de la basilique de Saint Nicolas du Port et, à l'horizon, la ligne bleue des Vosges. Dans son livre de prières elle a précieusement rangé quelques photos de l'église de son enfance. Que de fois elle les a regardé, et elle a prié pour son village, pour son église.

En 1989 le couvent de la Visitation de NANCY quitte la Cure d'Air Saint Antoine pour se regrouper avec les Sœurs de la Visitation Sainte Marie dont le monastère se trouve au bord du lac Léman à THONON les Bains (74200 Haute Savoie). Soeur Marie Saint François au fil des ans va poursuivre sa vie religieuse faite de prière et de travail. Malgré la distance elle n'oublie pas sa Lorraine natale et retrouve avec émotion les photos de son église de FREMENIL.

C'est en 1995 qu'elle décède à l'âge de 89 ans. Elle est inhumée avec ses consœurs au cimetière du couvent.

Nous avons le privilège de conserver les photographies si souvent contemplées par Madeleine BENOIT, Sœur Marie Saint François de la Visitation, toujours en pensée avec son village, avec son église. C'est une bénédiction de vous faire partager ces documents souvenirs exceptionnels.

EgliseFremenilSoeurMarie01.jpgEgliseFremenilSoeurMarie02.jpgEgliseFremenilSoeurMarie03.jpg

EgliseFremenilSoeurMarie04.jpg

Ayons une pensée émue pour cette figure chrétienne, originaire de chez nous.

      PRIERE :

      Puisque le monde d'ici bas ne bouge pas
      concernant les travaux de rénovation de notre église,
      adressons-nous au-delà.
      Demandons humblement à "la petite Chère Sœur de chez nous",
      elle qui aimait tant la petite église de notre village,
      d'intervenir pour qu'ENFIN soit réalisée
      la remise en état du lieu.

      Pour mémoire, rappelons que cela concerne la toiture,
      les murs extérieurs et intérieurs, les trous et fissures au plafond,
      les réparations de la chaire à prêcher XVIIIe siècle ainsi
      que le tableau de St Pierre classés MH,
      le hall d'entrée sous le clocher,
      sans compter les multiples dégradations du local d'étage au dessus de la sacristie,
      la réfection des enduits extérieurs du clocher
      comme du reste de l'édifice communal.
      D'avance MERCI,
      AMEN.

 NOTA :
  1) Remercions Mme Annie HANRIAT (née BENOIT) de Pont à Mousson qui a eu la gentillesse de nous procurer les documents photos illustrant cet article.
 
  2) Voir également sur notre site les articles suivants:


Jean Spaite - Mars 2017

samedi, février 25 2017

Vieille photo de la Maison de Camille MANONVILLER

C'est une vieille photographie jaunie par les ans et sa présentation "sépia" est oubliée de nos jours.

Elle se situe Grande Rue au N° 28, son propriétaire actuel est Marcel HENRY dont le grand-père Camille MANONVILLER était propriétaire de la maison en 1900, époque où a été pris le cliché.

Maison_Manonviller_1900.jpg
Si l'on examine les trois personnes figurant sur le document, on découvre au premier plan :
  • Germaine MANONVILLER (1894-1936) âgée de 6 ans. Elle sera la première épouse de René HENRY (1893-1975) cultivateur, et elle sera la mère de Marcel HENRY qui habite toujours à FREMENIL en ce XXIème siècle.
Au second plan on trouve de gauche à droite :
  • Maria HEFTER (1880-1950) âgée de 20 ans à l'époque. Elle est la fille cadette d'Adolphe HEFTER cafetier-aubergiste-boulanger habitant la maison voisine, à droite de la photo (au N° 26 de la Grande Rue). Maria HEFTER sera l'épouse d'Henri BENOIT (1886-1960) qui exploitera le-dit café par la suite.
  • Mathilde GADEL (1867-1910) âgée de 33 ans à l'époque et épouse de Camille MANONVILLER (1864-1945). Elle est la mère de Germaine MANONVILLER présente au premier plan et donc la grand-mère de Marcel HENRY.
Maison_Manonviller_2017.jpg
On pourra comparer le document du début du siècle dernier avec la photo récente représentant la même maison marquée par les ans et actuellement inhabitée. On notera que l'arc en anse de panier de la porte de la grange a disparu remplacé par un linteau horizontal. A gauche, l'échappée vers le quartier de "la Banvoire" est toujours marquée par l'avancée d'un ancien four. Sur le cliché de 1900 en arrière plan on aperçoit la silhouette d'un arbre dépourvu de son feuillage, qui est planté entre les maisons. Sur la photo récente cette plantation a disparu.

Un siècle après, la vieille photo de la maison de Camille MANONVILLER nous a permis de faire un voyage dans le passé.

Jean  SPAITE   Février  2017

Sources photographiques :
  • La photo contemporaine est issue de notre fonds personnel
  • La photo du début du siècle dernier provient du site Blamont.info qui propose une passionnante série de cartes postales anciennes, notamment sur Fréménil (voir le site)

mardi, janvier 3 2017

Affiches et sens civique

garde_champetre.jpgQui se souvient des élections législatives de Mai 1906 ? Comme c'est loin !...

Pourtant les affiches officielles annonçaient entre autres les candidatures pour notre département de trois futurs députés :

  • Albert LEBRUN, natif de MERCY le Haut, qui deviendra par la suite Président de la République,
  • Louis MARIN, né à FAULX, et
  • Raoul MEQUILLET, ce dernier bien connu dans le Lunévillois.

Conformément au règlement en usage, l'affichage des candidats était visible sur la porte de "la salle des pompes" et avait été réalisé par le "banwah" (1) de l'époque "le Charles Auguste GERARDIN" qui devait avoir 46 ans en ce temps-là. On l'imagine avec de grandes "bacchantes" (2) œuvrant avec application pour coller à grand renfort de coups de pinceau la grande feuille de papier officielle sur la porte du local communal. Fier de son travail accompli, il pouvait passer à autre chose, et on peut toujours l'imaginer "trôlant" (3) dans les rues du village, mais jetant un regard de contrôle chaque fois qu'il passait devant les affiches "de nos" députés ! Ah, mais, on avait un sens civique très développé en ce temps-là !...La loi, c'était la loi, et "not' garde-champêtre" était le digne représentant de la LOI !

A cette époque, ma maman était petite fille, elle allait sur ses sept ans bientôt, et elle allait à l'école. Bon élève, elle aimait bien également jouer avec ses camarades. Là aussi, on peut l'imaginer sautant à la corde, jouant à la marelle ou au chat perché. Toutes sortes de jeux correspondant à son âge.

Depuis plusieurs jours les affiches des candidats députés étaient aux prises avec des électeurs désabusés qui, en passant, hochait la tête en maugréant : "Ah, tous les mêmes, ça ne changera pas le monde dans lequel on vit, Allei!"  Et ce n'était pas tout, les affiches de papier étaient aux prises aux attaques de la pluie et du beau temps et l'une d'elle avouait un sérieux décollage avec la porte en bois.

Allez savoir ce qui se passe dans la tête des enfants : la petite fille si sage d'ordinaire a eu la curieuse idée de décoller un peu plus la feuille de papier sans arriver toutefois au décollage total car la partie supérieure résistait imperturbablement, sans doute grâce au bon travail du garde-champêtre bon colleur d'affiche.  Et quand on parle du loup... on en voit la queue.

"Oh là-là! Qu'est-ce qu'elle fait la gamine-là ? Mais c'est défendu ! Te vas avoir un procès-verbal pour avoir décollé les affiches des élections ! Non,mais des fois ! Allez, viens avec moi, on va voir ton père Albert ! Te vas voir quand je vais lui raconter ça, ça va être ta fête !"  Et la pauvre gamine, emmenée manu-militari jusqu'à la ferme de son papa Albert, obligée en larmes d'avouer publiquement son forfait a eu droit à une punition (mais sans amande sous forme de PV !).

Cette histoire "d'affiche des élections" est restée toute sa vie gravée dans sa mémoire.

Nous sommes au XXI éme siècle, où malheureusement des jeunes, mais aussi des moins jeunes, font plus qu'arracher des affiches officielles. Quelle décadence ! Il serait grand temps que l'on ait un "respect du garde-champêtre", du représentant de la loi et surtout que l'on fasse autre chose que casser, détruire, brûler.  Il faut revenir à un véritable sens civique pour jouir d'un monde meilleur pour tous. 

Jean  SPAITE     Janvier 2017


NOTES: 
(1) Banwah  -> le garde-champêtre.
(2) Bacchantes -> moustaches retombantes.
(3) Trôlant -> aller et venir, parcourant.

jeudi, décembre 1 2016

Saint Nicolas

SaintNicolasImageEpinal.jpgLe 6 Décembre de chaque année, nous fêtons la St Nicolas, le Saint Patron des Lorrains.
Nous avons en mémoire la comptine enfantine chantée bruyamment par les filles :

Saint Nicolas mon bon patron
Apporte-nous des macarons
Des dentelles pour les demoiselles
Des coups d'bâton pour les garçons !


Certes des dentelles pour les coquettes, mais aussi des mirabelles pour les gourmandes !
Et les garçons avaient toujours droit aux coups de bâton, les vilains, les pas gentils !!
Au fil des ans, ils deviennent grands les garçons, ils deviennent gentils et les filles alors les aiment, les garçons. O miracle de St Nicolas, le patron des fiancés !!!

Beaucoup plus sérieux, sacré, est le cantique chanté en la basilique de St Nicolas de Port en l'honneur du Bon St Nicolas le jour de sa fête. Vous pourrez vivre en direct si vous assistez à la procession avec le millier de Lorrains qui s'y sont rassemblés. A chaque reprise du refrain du cantique vous lèverez votre cierge, vous porterez vers le Ciel la flamme à la gloire du Saint Patron des Lorrains en chantant en chœur " St Nicolas ton crédit d'âge en âge..." A ce moment vous vous sentirez vraiment LORRAIN. 
ProcessionSaintNicolas.jpg

Le célèbre cantique est riche de 30 couplets.

Nous vous proposons les paroles du refrain qui, j'en suis sûr, vous fera revivre vos émotions de Lorrain, et (seulement ) trois couplets.

Bonne Fête de Saint Nicolas à tous.

Jean Spaite - Décembre 2016

Cantique de SAINT NICOLAS.
 
Refrain:
          St Nicolas ton crédit d'âge en âge
          A fait pleuvoir tes bienfaits souverains
          Viens couvre encore de ton doux patronage
          Tes vieux amis les enfants des lorrains.

Couplets:
      
          De tes bienfaits célébrons la mémoire
          Nous voulons tous à jamais te bénir
          Ce sanctuaire est empreint de ta gloire
          Il en redit l'immortel souvenir.


          O Saint Patron en tous lieux on t’honore
          Tu sais du Ciel apaiser le courroux
          Sur l'océan le matelot t'implore
          Et le captif te supplie à genoux.

          Viens nous bénir de ta main paternelle
          Garde en nos cœurs le dépôt de la foi
          Pour mériter la couronne éternelle
          O Saint Patron nous espérons en Toi.

Et pour ceux qui veulent voir et entendre cet hymne à Saint-Nicolas, voici un lien youtube (Mais vous en trouverez plein d'autres)

Crédit photographique :

La photo de la procession de Saint Nicolas provient du site La Lorraine d'Hier et d'Aujourd'hui

La gravure de Saint Nicolas est une Image d'Epinal

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