Fréménil, un village lorrain

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Toponymie et histoire, personnages

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jeudi, décembre 14 2017

Au temps du tacot (LBB)

F23.jpg
Nous avons eu souvent l'occasion sur ce blog de vous parler du Tacot, de sa gare de Fréménil et de ses occupants :

Pour les premiers occupants des lieux, nous avons évoqué Mlle Germaine KREMER, première Chéfesse de gare, avec son tablier blanc sur la carte postale de 1911 de Mr BASTIEN libraire éditeur à Lunéville. Cette identité nous a été donnée par des fréménilois de l'époque qui avaient connu l'inauguration de la ligne de Lunéville à Blâmont et à Badonviller et qui l'avaient emprunté avec bonheur à partir du 26 Juin 1911, date d'ouverture au public.

Une récente incursion dans les archives départementales concernant les recensements des populations nous a permis de compléter la liste des occupants de la gare du Tacot à Fréménil. Voici le fruit de cette démarche officielle : 

1) Recensement 1911 de Fréménil - Réalisé le 15 Mars 1911. A cette date la gare, construite par l'entreprise RIZZI de Bénaménil est considérée comme "maison inhabitée".

2) Recensement 1916- Ce recensement n'aura pas lieu puisque nous sommes en état de guerre depuis Août 1914 jusqu'à Novembre 1918.

3) Recensement 1921- Les occupants de la gare sont : 

  • CRONER Paul , 31 ans, né en 1890 à Cirey sur Vezouze - Cantonnier  LBB
  • CRONER Victorine, 22 ans, née en 1899 à Nancy        - Receveuse   LBB

4) Recensement 1926- Les occupants de la gare sont :

  • BAJOLET Alfred, 29 ans, né en 1897 à Loromontzey              - Cantonnier  LBB
  • COSTEL  Marie (son épouse) 29 ans, née en 1897 à Marainviller - Receveuse   LBB   

5) Recensement 1931- Les occupants de la gare sont :

  • BAJOLET Alfred, 34 ans, né en 1897 à Loromontzey                 - Cantonnier  LBB
  • COSTEL  Germaine (son épouse) 34 ans, née en 1897 à Marainviller - Receveuse   LBB

6) Recensement 1936 - Les occupants de la gare sont les mêmes qu'en 1931 et sont agés de 39 ans.

Nous n'avons pas les renseignements du recensement 1941, les occupants sont alors agés de 44 ans.

Nous rappelons que le chemin de fer LBB a cessé son activité le 1er Septembre 1942 pour le service des voyageurs et le 15 Septembre 1942 pour le service des marchandises.

Le couple Alfred et Germaine BAJOLET est resté par la suite dans la gare comme locataire puisque le bâtiment a été acheté par la commune en 1946 pour la somme de 18.OOO Francs. 

Marie, Germaine BAJOLET née COSTEL est décédée le 25 Juillet 1969 (72 ans)

Alfred, Pierre BAJOLET est décédé le 24 Mars 1975 (78 ans)

Conclusion : 

Avec ce rappel des recensements successifs nous avons évoqué les cheminots en place dans notre village où ils ont écrit à leur façon une page d'Histoire "au Temps du Tacot" ....

Jean  SPAITE   Décembre 2017

dimanche, décembre 3 2017

Notre patois lorrain (20ème partie)

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  • HARQUER           V.    : Marcher péniblement.
  • JANDOLER          V.    : Aller de droite à gauche en marchant ; personne ivre.
  • Ch'sais t'y d'belle moué !  :  Expression lorraine " Est-ce que je sais moi ! "
  • Un FOUTU machin   Adj.  : Une affaire, un projet détestable . Expression dédaigneuse.
  • Du FOURBI         N.M.  : Familièrement une affaire encombrante " Quel fourbi le machin là".
  • Les OREMUS        N.M.  : Les discours.
  • Je n'srome fiante hinlet    :  Expression lorraine " Je ne serais pas confiante ainsi" 
  • DÉMANTIBULER      V.    : Démonter, détruire.
  • Un BEURRA         N.M.  : Un beurra est un bélier . Personnage têtu.
  • ASTOUR                  : Littéralement " A cette heure" , traduisez : Aujourd'hui.
  • Des MANIGANCES          : Manières, procédés douteux.
  • NAN-NAN                 : Un nonchalant , qui fait tout lentement.

Jean  SPAITE   Décembre 2017

vendredi, octobre 27 2017

Notre patois lorrain (19ème partie)

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La dernière fois que nous vous avions parlé du patois, c'était pour vous informer d'une initiative réalisée à l'école de MOIVRONS et portant le titre "Le patois lorrain en 10 leçons" (article du 30/01/2016). Ainsi les petits lorrains d'aujourd'hui ont la possibilité de découvrir le parler des lorrains d'hier ! Beau programme qui mérite d'être continué.  De notre côté, très modestement, nous œuvrons aussi pour faire connaître, redécouvrir peut-être, ces mots, ces expressions qui étaient pratiqués par nos ancêtres et qui font partie de l’Histoire d'une province.

Justement, nous avons "raclé les fonds de tiroirs" (voir ci-après) pour retrouver des mots, des expressions oubliées. Découvrons ensemble :

  • RACLER LES FONDS DE TIROIRS  Expression  : Faire appel à des souvenirs oubliés.
                                                                                 Gros efforts pour sortir ses maigres économies.
  • MEUGNIOU (ou mogniou)   n.m.  : un garçon difficile pour la nourriture
                                             au féminin: une meugniouse (môgniouse)
  • NEREUX   (ou nareux)    n.m. : un néreux est une personne délicate, méfiante sur l'alimentation ou sur la présence de son voisin, qui ne veux pas se salir, dégouté.
                                         au féminin: une néreuse (nareuse)
  • TOMBER EN ARRIERE-DOS    Expression typiquement lorraine : Faire une chute sur le dos.
  • BANWOIH (ou banvoua, banwah) n.m. : le garde champêtre
                                                       étymologiquement : le gardien du ban (ban = propriété seigneuriale ou communale) (ward = du germain , warden : garder)
  • FIARANT                  n.m. : personne fière, orgueilleuse, dédaigneuse
                                             ou personne qui sent mauvais.
                                   au féminin une fiarante.
  • FLAGADA                 adj. : état d'une personne faible, fatiguée.
  • Le BAMBOUR           n.m. : mot affectueux des mamans pour désigner le ventre de leur bébé.
  • La MEUROTTE          n.f.  : mélange de préparation pour les beignets
                                            ou sauce vinaigrette pour la salade.
  • La MIGAINE             n.f.  : mélange d’œuf et de crème répandu sur les quiches.
  • FIEUR'H                  adj.  : fier, aigre, acide.
  • CHMECKER (ou chméquer)   verbe  : sentir mauvais.
  • CHMOQUER             verbe : chercher avec insistance, comme un chien qui renifle une piste.
  • FEUGNIER               verbe : fouiller dans les affaires
                                  expression "Qu'est-ce qu'il vient feugnier ici celui-là"
  • CAILLER                  verbe  : geler
                                  expression "ça caille ici!" (il fait froid)
  • CHLASS                  n.m.   : un couteau.
  • CLANCHER              verbe  : ouvrir une porte " on clanche la porte"
                                  expression typiquement lorraine
  • HARQUINAH'           n.m. : personnage qui grimpe partout, sans prudence, faisant fi de la sécurité, imprudent.
  • GÂG                     prononcer gah-gah adj. : à l'abandon
                                 expression:" La maison était tout au gâgâ" portes ouvertes, toute abandonnée.
                                 à ne pas confondre avec GAGA : qui a perdu la raison.
  • MOUTIAH               n.m.  : mélange alimentaire peu agréable dans sa présentation,peu appétissant, pouvant provoquer des coliques.
  • GURGUEMUSE      n.f.     > mélange alimentaire plus agréable, plus appétissant que le précédent mais pouvant aussi provoquer des coliques.

Jean SPAITE     Octobre 2017

jeudi, mars 16 2017

Photo de la 2éme DB de Leclerc, prise à Fréménil

Nous vous avons récemment présenté une photographie de notre village vieille de plus d'un siècle ( article du 25/02/2017: Vieille photo de la maison de Camille MANONVILLER ). Poursuivons notre quête dans l'Histoire.
CharShermannFremenil441107.jpg
Nos recherches dans le temps passé nous amènent à vous présenter une belle photo prise au cours de la deuxième guerre mondiale dans notre village.  Nous sommes le Mardi 7 Novembre 1944 dans le quartier du Faubourg. Le photographe militaire, le Lieutenant Michel de MISCAULT, doit se positionner à proximité du N° 33 de la Grande Rue (là où habite actuellement Mr et Mme Philippe DOIZENET). Il tourne le dos à BENAMENIL et regarde vers le centre du village où l'on reconnaît le clocher de l'église St Pierre qui dépasse de l'ensemble des toitures. Un char SHERMAN est bien visible sur la droite, près du N° 31 (là où habite actuellement Mr et Mme Patrick LOUIS-CASTET). Sur la partie gauche de la Grande Rue, un autre char SHERMAN est stationné entre les N° 34 et 36.

Que nous apprend ce document historique ?

  • Depuis le Mardi 3 Octobre 1944, la population de FREMENIL a été évacuée, chassée de son village par ordre des Allemands. Les pauvres "Piquants" sont partis du côté de BLAMONT et de CIREY sur Vezouze, laissant la place à la WEHRMACHT qui résiste face à nos Libérateurs. Les habitants ne pourront retrouver leur village enfin libéré mais meurtri, pillé, que le Vendredi 24 Novembre 1944.
  • Mardi 31 Octobre 1944 la 2ème DB libère BACCARAT.
  • Mercredi 1er Novembre 1944, prise de PETTONVILLE puis d'HERBEVILLER.
  • Vendredi 3 Novembre, le 4éme escadron de la 2ème DB se porte à l'Ouest de FREMENIL.
  • Mardi 7 Novembre l'escadron est cantonné dans la partie Ouest du village, donc le quartier du Faubourg. A cette même date, de l'autre côté de la Vezouze, le village de DOMJEVIN est tenu par les Américains, cependant que toujours chez nous à FREMENIL il tombait une ou deux fois par jour quelques obus allemands surtout sur la place de l'église. On peut situer les impacts de ces bombardements sur les maisons de la Grande Rue N° 28 (maison Camille MANONVILLER-aujourd'hui Marcel HENRY) et N° 20 (maison HUMBERT puis Henri VOUAUX - aujourd'hui Yan LECLERC).

Le lendemain Mercredi 8 Novembre vers 11 H 30, trois ou quatre obus ennemis tombent encore sur la place de l'église causant la mort du sous-lieutenant VAUTRIN. On peut penser que ce sont ces bombardements successifs qui ont occasionné la destruction par les déflagrations de tous les vitraux de l'église St Pierre. Et en ces journées de Novembre 1944, les soldats de l'armée LECLERC notent le débordement de la Vezouze dans la prairie, phénomène que nous connaissons encore de nos jours.

Et la marche victorieuse s'est poursuivie en direction de STRASBOURG libérée effectivement le Jeudi 23 Novembre 1944.  C'était HIER....


Une nouvelle fois, la découverte d'une photographie nous a permis de faire un voyage dans le passé et a mieux connaître l'histoire de notre village.


Jean  SPAITE     Mars 2017

Crédit photographique : Cette photo est issue d'un récit illustré de la campagne 44 du Lieutenant Michel de MISCAULT (12e RCA / 4e escadron / 3e peloton de la 2e DB) publié sur le site 2db.forumactif.com 

Nous n'avons retenu que la photo concernant Fréménil mais je vous encourage vivement à consulter ce passionnant journal de marche qui vous conduira de Bournemouth, en Angleterre le 24/7/1944 jusqu'en Allemagne (Schondorf-am-Amersee) le 10 mai 1945. Le Colonel Michel de Miscault s'est éteint le 11 mai 2015.

Soeur Marie Saint François, fidèle à son église

Soeur_Benoit_01.jpg Les anciens du village l'ont connue sous le nom de Madeleine BENOIT. Elle a passé toute son enfance à FREMENIL. Elle aimait beaucoup son village et particulièrement son église où elle avait eu la révélation de sa vocation religieuse. Oui, elle le savait, elle serait "Chère Sœur".

Elle quitte son village en 1951 à l'âge de 39 ans pour entrer au couvent de la Visitation à NANCY situé à la Cure d'Air Saint Antoine qui domine toute l'agglomération avec une vue magnifique sur les tours de la basilique de Saint Nicolas du Port et, à l'horizon, la ligne bleue des Vosges. Dans son livre de prières elle a précieusement rangé quelques photos de l'église de son enfance. Que de fois elle les a regardé, et elle a prié pour son village, pour son église.

En 1989 le couvent de la Visitation de NANCY quitte la Cure d'Air Saint Antoine pour se regrouper avec les Sœurs de la Visitation Sainte Marie dont le monastère se trouve au bord du lac Léman à THONON les Bains (74200 Haute Savoie). Soeur Marie Saint François au fil des ans va poursuivre sa vie religieuse faite de prière et de travail. Malgré la distance elle n'oublie pas sa Lorraine natale et retrouve avec émotion les photos de son église de FREMENIL.

C'est en 1995 qu'elle décède à l'âge de 89 ans. Elle est inhumée avec ses consœurs au cimetière du couvent.

Nous avons le privilège de conserver les photographies si souvent contemplées par Madeleine BENOIT, Sœur Marie Saint François de la Visitation, toujours en pensée avec son village, avec son église. C'est une bénédiction de vous faire partager ces documents souvenirs exceptionnels.

EgliseFremenilSoeurMarie01.jpgEgliseFremenilSoeurMarie02.jpgEgliseFremenilSoeurMarie03.jpg

EgliseFremenilSoeurMarie04.jpg

Ayons une pensée émue pour cette figure chrétienne, originaire de chez nous.

      PRIERE :

      Puisque le monde d'ici bas ne bouge pas
      concernant les travaux de rénovation de notre église,
      adressons-nous au-delà.
      Demandons humblement à "la petite Chère Sœur de chez nous",
      elle qui aimait tant la petite église de notre village,
      d'intervenir pour qu'ENFIN soit réalisée
      la remise en état du lieu.

      Pour mémoire, rappelons que cela concerne la toiture,
      les murs extérieurs et intérieurs, les trous et fissures au plafond,
      les réparations de la chaire à prêcher XVIIIe siècle ainsi
      que le tableau de St Pierre classés MH,
      le hall d'entrée sous le clocher,
      sans compter les multiples dégradations du local d'étage au dessus de la sacristie,
      la réfection des enduits extérieurs du clocher
      comme du reste de l'édifice communal.
      D'avance MERCI,
      AMEN.

 NOTA :
  1) Remercions Mme Annie HANRIAT (née BENOIT) de Pont à Mousson qui a eu la gentillesse de nous procurer les documents photos illustrant cet article.
 
  2) Voir également sur notre site les articles suivants:


Jean Spaite - Mars 2017

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