Voilà une question bien précise, souvent posée et dont la réponse ne peut être qu'imprécise.

Le premier texte mentionnant nommément notre village date de 1034. Il s'agit de titre de l'abbaye de St Rémy de Lunéville citant que les habitants de Fréménil, tout comme ceux de Vého, sont tenus d'assurer l'entretien du pont de Domjevin sur la Vezouze. On peut en déduire :

  1. Que dans les environs de l'an 1000, Fréménil existait en tant que village, donc rassemblait un groupe d'habitants, de même que Domjevin et Vého.
  2. Ce groupe d'habitants de Fréménil était mobile puisqu'il traversait la rivière Vezouze pour communiquer, échanger avec ses voisins de Domjevin et au-delà, et, sous la forme d'un péage en nature, il leur était imposé de participer à l'entretien du pont de Domjevin sur la Vezouze. On peut supposer que ce travail manuel ne concernait que les hommes !

Henri LEPAGE, dans son ouvrage "Les communes de la Meurthe - Tome II (1823)" nous le précise:

"Les habitants de ce village (Vého), conjointement avec ceux de Fréménil, étaient obligés d'aller quérir jusqu'à Cirey les banchons qu'il convenait avoir pour "couvrir le pont de Domjevin toutes les fois qu'il en avait affaire, soit qu'on le refit à neuf ou autrement, en échange de quoi ils ne payaient aucun passage à Domjevin, comme les autres villages du Comté de Blamont."

Dans la précieuse monographie consacrée au village de Fréménil écrite par l'instituteur Aristide Renauld en 1888, il est précisé :

"...en échange de quoi ils ne payaient aucun passage à Domjevin comme le sont les autres villages du Comté de Blamont."

Et, avant les années 1000, qu'en était-il de notre village ?

D'après les géographes, notre région était couverte de forêts, et les premiers habitants ont dû défricher pour obtenir des clairières avec des terrains cultivables.

Si la forêt procurait du bois pour faire des abris, des cabanes, pour se chauffer, le gibier des forêts était le bienvenu. Mais la priorité, c'était l'eau potable.  D'où le voisinage des villages avec des cours d'eau. La pollution n'existait pas à cette époque ! Puis vint le creusement des puits par la suite. L'habitat faisant des progrès, passant de la cabane en bois à la maison de pierre. Ces différents stades traduisent aussi l'évolution de la population de nos villages. A l'époque des cabanes, le nombre d'habitants regroupé était faible et ce n'est que plus tard , au fil des ans, que les groupes constituant le village, les familles, se sont sédentarisés dans des maisons en dur, les pierres venant d'ailleurs. Pour nos villages, on peut situer cette période dans les environs de l'an 1000.

La toponymie, ou étude linguistique des noms de lieux (Ref: Topographie Générale de la France [TGF] par Ernest NEGRE (1990) va nous éclairer et nous confirmer.

Au gré des ans, on trouve notre village sous l'appellation de "Fouménil", "Fatrum mansile" (le village des frères), "Frémiménil", "Frémymesnil" (le village de Frémion, ou l'habitation rurale de Framinus, personnage germanique). Ces différentes appellations orientent en un classement "gallo-romain". L'époque romaine se situe entre -50 avant Jésus-Christ et +481, avec des invasions germaniques en 275, puis vandales, alains et suèves en 406, suivies par les huns en 451. Le peuplement gallo-romain couche romane (latin-roman) comprend la période -50 à 1000. Nous pouvons en déduire, avec la traduction toponymique, que notre village se situe bien à l'origine dans un peuplement gallo-romain. D'abord un hameau, composé de quelques habitations de fermiers placés sous la protection des Templiers de Domjevin. On peut voir les premiers habitants se fixer avant l'an 1000.

 Pour mémoire, rappellons quelques évênements de cette période:

  • -58 -50 avant JC : création des cités de Metz et de Toul
  • 7 Avril 451         : destruction de Metz par les Huns d'Attila
  • 771                   : Charlemagne  roi des Francs
  • 800                   : Charlemagne  couronné empereur. 

Ainsi donc, même avec cette imprécision dénoncée dès l'entrée de ce billet, nous avons une vision dans le temps de notre vieux village... qui ne date pas d'hier

JS  Mars 2012

Origines de Fréménil