De 1949 à 1960, on pouvait entendre sur les ondes de Radio Luxembourg une journaliste à la voix si particulière qui avait le don de prédire les événements. Sous le titre: "Les dernières nouvelles de demain", la journaliste de politique internationale Geneviève TABOUIS née Le QUESNE (1892-1985) nous annonçait avec précision les accords et les désaccords entre nations et tous les soubresauts de notre monde en plein mouvement. Elle avait des phrases devenues célèbres qui marquaient ses chapitres, ses sujets : "Attendez-vous à savoir...", "J'ai encore appris...", "Et vous saurez..."   Elle savait tenir son auditoire en haleine et toutes ses annonces se réalisaient immanquablement dans les jours ou les mois suivants. A l'issue de sa chronique toujours passionnante, elle concluait par une échappée devenue légendaire : "A dimanche prochain pour les dernières nouvelles de demain."

Pourquoi évoquer Geneviève TABOUIS la journaliste du siècle dernier qui nous annonçait les événements à venir avec tant de véracité ?

C'est la lecture de l'Est Républicain du 11 Décembre 2016 qui provoque ce rapprochement.

Sous le titre "Nos villes vont devenir invivables", c'est le cri d'alarme de l'écrivain Christian SIGNAL, dans son dernier livre "Dans la paix des saisons" (Albin Michel) les bonheurs et les souffrances de la France Rurale. Le héros du livre de Christian SIGNAL croit que le balancier de l'histoire ramènera tout le monde à la campagne parce que les villes vont devenir invivables. Et l'écrivain de conclure: "Quand la ville sera vraiment devenue insupportable, les gens, par raison, reviendront dans des lieux plus paisibles".

Et nous voici de retour dans nos campagnes, dans nos villages qui immanquablement doivent s'attendre à "un retour à la terre", non pour y exercer une activité agricole, mais bien pour y vivre au calme, loin des encombrements des carrefours des villes, de ses bouchons, de ses pollutions.

Alors, au lieu de s'enfermer dans son cocon, le monde rural se doit de préparer l'avenir.

Geneviève TABOUIS dirait : " Attendez-vous à..."

Jean SPAITE      Décembre 2016.