Messe d'enterrementLe JOSEPH est mort (1).  Homme sage, c'était une référence. Quand on avait un problème on allait le voir, lui demander conseil. Il accueillait tout le monde, jeune ou vieux, riche ou pauvre, croyant ou athée. Le JOSEPH est mort et c'est son enterrement aujourd'hui.

Lui, c'était "un homme qui allait à l'église" comme on disait de lui. 

Et ce jour là, il y a beaucoup de monde dans la petite église pour lui rendre un dernier hommage au JOSEPH.

Le ciel était gris, à l'image de l'esprit des gens ici présents. En dehors de l'église, devant la porte d'entrée, il y avait un groupe qui craignait sans doute que l'église ne leur tombe sur la tête, eux qui se revendiquaient laïques, athées ou libre-penseurs.  Les prières et les cantiques ont lieu à l'intérieur de l'église pour le repos de l'âme du JOSEPH.  Dehors, on se rappelle les épisodes de la vie du défunt : Un brave homme aimé de tous.

Soudain, le temps gris devient extrêmement menaçant et se traduit par une grosse averse. Au diable la libre-pensée, le groupe se met à l'abri dans le hall d'entrée sous le clocher. "La Maison du Bon Dieu" accueille les bras ouverts les pauvres hommes déjà bien mouillés. Ces derniers, bien malgré eux, apprécient l'abri : Ils découvrent que l'église est ouverte à tous...  

Le silence qui s'ensuit est rompu par une voix qui dénonce un jeune du groupe en train de crayonner sur une affiche donnant les horaires des messes :

Oh,Oh ! Camarade ! Tu arrêtes d'écrire sur l'affiche. Chez nous, on respecte les affiches du parti. Ici, on respecte les affiches du curé. Compris ?

L'accusé a rangé son crayon en silence.

Belle leçon de morale laïque, que n'aurait pas renié le JOSEPH qui repose là, tout près, dans la nef de la petite église.

(1) Prénom changé par discrétion.

Jean  SPAITE  Novembre 2017