Fréménil, un village lorrain

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samedi, janvier 30 2016

Notre patois lorrain

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Avec le titre "Enseignement - Le patois lorrain en 10 leçons à Moivrons", l'Est Républicain du 20 Janvier 2016 - Édition de Nancy-page 02, nous présente un article intéressant.

A l'initiative de Mmes Isabelle DEFAUX institutrice en retraite habitant Nomeny, et de l'institutrice titulaire de l'école de Moivrons Elisabeth SENECAUX, les 19 élèves de la classe CP-CE1 ont fait connaissance avec le vocabulaire de notre patois lorrain qui mérite de ne pas être oublié. Bel exercice de mémoire de ces mots qui font partie de notre patrimoine culturel qui a permis de découvrir "la bocotte"(la chèvre), "la zaubette"(la fille), "la bedotte"(le nombril), et tant d'autres mots appris par les jeunes écoliers avec le sourire et le bonheur de mettre au jour un parler du siècle précédent.

Félicitations à ces petits lorrains pour leur apprentissage du patois de chez nous et nos compliments chaleureux au dévoué personnel enseignant pour leur initiative qui pourrait être imitée avec succès . Car notre patois lorrain qui chante notre province ne doit pas mourir.


Jean  SPAITE     Janvier 2016 

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Crédit photographique : Est Républicain 20/01/2016 Edition de Nancy Page 2

dimanche, août 31 2014

Chantier Argent de poche 2014

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Cette année, le "chantier argent de poche" a présenté une équipe de quatre jeunes fréménilois pour effectuer un travail efficace.

Encadré par Eric MALGRAS et Jacky FLEURY, élus municipaux, le groupe comprenant Lilian MALGRAS, Amandine LORRAIN, Steeve SOIGNOT et Adrien CROUZIER, s'est attaqué à la mise en peinture de la façade du local communal, plus connu sous le nom de "salle des pompes". Ce vénérable endroit, marqué par les blessures des éclats d'obus de la première mondiale, méritait une touche de propreté bienvenue. Voilà de quoi participer à la présentation favorable du village qui rivalise par ailleurs de louables efforts dans le cadre du concours des "villages fleuris". Mais les artistes peintres ont également montré leurs talents dans la mise en peinture du pont du chemin de la Maxelle ainsi que dans la tonte du gazon de l'aire de jeux au centre du village. Le secteur du cimetière a lui aussi bénéficié du travail du "quatuor jeune" par la peinture de l'entourage maçonné du monument aux morts ainsi que l’épandage d'un gravillonnage offrant un meilleur aspect de cet endroit qui en avait grand besoin.

Chantier_Jeunes_2014_01.jpgChantier_Jeunes_2014_02.jpg

Félicitations à ces jeunes gens de 16 à 18 ans pour le travail accompli dans la bonne humeur afin de rendre notre village encore plus accueillant. Formons le vœu que ce chantier des jeunes incite leur entourage à participer à une action collective en faveur des travaux à venir dans notre village.


Jean SPAITE   Septembre 2014

dimanche, septembre 1 2013

Chantier Argent de Poche 2013

Cette année, le cimetière communal est l'objet de toutes les attentions.

Après les bénévoles qui avaient remis en état des tombes abandonnées faute de descendants vivants, les mêmes bénévoles s'étaient attaqués à l'entretien des allées du cimetière envahies par l'herbe; un meilleur aspect s'en était suivi à la satisfaction des visiteurs du lieu du dernier repos. Cela remontait à l'an passé et depuis lors, la nature avait repris ses droits et offrait un tableau plutôt négligé du cimetière.

Chantier_Argent_de_Poche_2013-01.jpgChantier_Argent_de_Poche_2013-02.jpg

Enfin cette année, sous l'impulsion d'Eric MALGRAS conseiller municipal très dynamique, la tonte des parties gazonnées et la reprise du desherbage des allées grâce au personnel technique municipal a redonné un aspect décent à l'ensemble. Mais ce Vendredi 30 Août, toujours sous la direction d'Eric MALGRAS, les jeunes du village sont passés à l'action. Dans le cadre du chantier "argent de poche 2013", ils ont fait une toilette bienvenue sous la forme d'une mise en peinture des trois portes du cimetière (dont une double porte) ainsi que de la fontaine, des supports du banc et du garage à vélos. Dans leur élan, ils ont mis aussi en peinture le linteau de porte du local communal ainsi que les rampes de l'escalier de l'église.

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Félicitons ces jeunes gens de 16 à 18 ans pour le travail accompli dans la bonne humeur: Elodie MALGRAS, Blandine LORRAIN, Julien PINCEMIN et Steve SOIGNOT. Ils auront droit à une participation financière de la commune de l'ordre de 75 Euros à chacune et chacun.

Encore bravo pour le travail réalisé. Il reste encore des tas de choses à faire dans notre village pour le rendre plus accueillant.

Jean SPAITE    Septembre 2013.

samedi, avril 14 2012

En 2012, les Terrettes sont muettes

Crécelle (Wikipedia)Pour celles et ceux qui ont connu l'occupation et les heures sombres des années 1940-1944, cette phrase pourrait sortir de la liste des messages de Radio Londres.

"En 2012, les Terrettes sont muettes !" cela a une autre signification : Dans nos villages lorrains il est une tradition au cours de la semaine sainte, du Jeudi saint au Samedi veille de Pâques, les cloches de nos églises étant parties à Rome, ce sont les jeunes villageois qui parcourent les rues du lieu pour annoncer les angélus et ainsi remplacer par le bruit des crécelles, le son des cloches !

L'année passée, les jeunes "téretteurs", plus précisément les dévouées jeunes filles devenues grandes, avaient laissés la place libre aux générations suivantes. Hélas, la place vacante a été négligée. Et pourtant on nous avait promis "que l'année prochaine,....". Les crécelles en 2011 se sont tues faute de ...téretteurs et de téretteuses !  Et cette année 2012, même silence. La tradition risque d'être perdue.

Mon petit doigt s'est informé auprès des mamies, qui souvent assurent la tradition, le pourquoi de cet échec. La réponse tient en quelques mots: "Il faut se lever trop tôt pour les térettes, nos jeunes vont déjà à l'école de bonne heure et ils ne peuvent pas se lever pour un angélus de 7h1/2". Au passage, rendons un hommage mérité aux équipes de filles qui, par le passé, n'hésitaient pas à assurer un service matinal pour l'angélus de 6h1/4 !

Examinons calmement le programme des téretteurs potentiels:

Leur rôle se joue sur 3 jours.

  • Le Jeudi saint, l'angélus du soir    (19h)
  • Le Vendredi saint, les angélus du matin (7h30)
  •                                du midi  (12h)
  •                                du soir  (19h)
  • Le Samedi saint,   les angélus du matin (7h30)
  •                                du midi  (12h)

et le soir, les cloches étant rentrées de leur voyage à Rome, la prestation des jeunes consistait à passer dans chaque foyer du village pour recevoir le prix de leur service : bonbons, chocolat, oeuf de Pâques, etc... En somme, il y avait 6 services de crécelles ! Remarquons qu'au siècle dernier, on y ajoutait l'annonce du chemin de croix pour 14h30.   Puisqu'au XXI° siécle , "les héros sont fatigués", pour maintenir "en douceur" une tradition qui risque de se perdre, on pourrait supprimer l'angélus du matin trop pénible parce que trop matinal ! Le villageois lambda se fiera à sa montre. Il restera donc 4 services à assurer :

  • Le Jeudi saint,    l'angélus du soir    (19h)
  • Le Vendredi saint, les angélus du midi  (12h)
  •                                du soir  (19h)
  • Le Samedi saint,   l'angélus du midi    (12h) 

Ce qui donnera droit le Samedi soir à passer dans les maisons du village pour recevoir des friandises, quel bonheur !

Après ces aménagements, souhaitons que notre jeunesse reprenne en main les crécelles et fasse revivre les traditions pascales.

"Les terrettes ne doivent plus rester muettes"

 Jean SPAITE  Avril 2012

Terettes 2010

Une photo datant de Pâques 2010, les deux Terrettes fréméniloises, munies de leur outil de travail. Vous pouvez relire cet ancien billet

L'image de la crécelle provient de Wikipedia, article Crécelles et est publiée sous licence CC-BY-SA-2.5

samedi, février 4 2012

L'école et le savoir

Savoir lire et écrire au XIX° siècle

Les faits qui vont suivre m'ont été rapportés par ma grand'mère. Elle était née en 1874 dans notre petit village. A cette époque l'école était déjà obligatoire et les maîtres d'école d'alors, les fameux "hussards noirs de la République" mettaient un point d'honneur, et ils avaient bien du mal, à avoir des élèves qui savaient en sortant de la scolarité, lire et écrire mais également compter. Sans pour autant être experts en calcul, la plupart savait compter notamment leur nombre de poules et de lapins ! Mais sortis de ces éléments primaires, les divisions, multiplications et même soustractions, présentaient de réels problèmes... Nombreux étaient les adultes à ne savoir ni lire, ni écrire. Ces connaissances essentielles se révélaient être un lourd handicap en cette fin du XIX° siècle où la connaissance de l'écrit et de la lecture devenait de plus en plus indispensables. Par exemple la lecture du journal dans le café du village permettait de connaître la vie du pays ainsi que la vie du monde. Souvent un adulte plus instruit faisait la lecture du papier imprimé à des habitués ignorants, et regrettant leur méconnaissance.

Ma bonne grand'mère avait eu son certificat d'études à 11 ans en 1885. Elle me racontait toujours que le soir après la classe, le maître d'école invitait des adultes illéttrés à apprendre une connaissance qui s'avérait indispensable. On opérait par petits groupes et il avait pris ma grand'mère, malgré son jeune âge, comme aide instructrice pour dispenser sa science auprès de ces aînés ! 

Ouvrons tout de suite une parenthèse pour préciser la différence entre l'illettré et l'analphabète :

  • L'illettrisme est l'état d'une personne qui a bénéficié d'apprentissage mais qui n'a pas acquis, ou a perdu, la maîtrise de la lecture, de l'écriture et du calcul.
  • L'illettrisme est donc à distinguer de l’analphabétisme qui résulte d'une absence d'apprentissage. L’analphabétisme est l'incapacité compléte à lire et à écrire, le plus souvent par manque d'apprentissage.

Actuellement en France, l'illettrisme concerne 3,1 millions de personnes, soit 9% de la population, et parmi ce chiffre impressionnant, il y a 59% d'hommes et 41% de femmes (Renseignements INSEE 2011)

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Revenons à nos instituteurs et à leurs élèves.

L'école publique par ses enseignants, au XXe siècle, avait fait faire de réels progrès aux élèves d'alors, et le précieux diplôme du Certificat d'Etudes prouvait que ses détenteurs savaient : "lire, écrire, et compter ".  Au stade du service militaire pour les garçons, le nombre d'illettrés allait diminuant et était sanctionné par un effort particulier des instructeurs militaires qui faisaient tout leur possible pour rattrapper un regrettable retard. Ce geste généreux  de l'armée mérite d'être souligné.  Dans notre village, tous les élèves sortant de scolarité savaient lire, écrire et compter. Certains, il faut l'avouer avec quelques difficultés et une attirance moins marquée pour les études; leur préférance allant vers les travaux agricoles comme leurs parents, ou vers l'apprentissage d'un métier manuel.

Mais quelques parents, conscients que l'instruction était un outil indispensable dans la vie, avaient décidé d'apporter un complément au savoir de leur progéniture.

Au début du XX° siècle, les garçons allaient une ou deux années à Lunéville à l'Institution St Pierre Fourier, ou au Collège, voire, mais ils étaient rares, au Lycée Poincaré à Nancy. Pour les filles, à Lunéville il y avait l'Institution des Saints Anges qui offrait un enseignement complémentaire général, plus un enseignement ménager réputé. A Baccarat, il y avait pour les filles l'Ecole privée de Gondrecourt, célèbre pour son enseignement ménager.

Courant le XX° siècle, l'enseignement de la vannerie voit le jour à Ogéviller et trouve un réel succés dans nos pays de culture de l'osier où le façonnage des paniers existe depuis des années. Fin de XX° siècle, l'école communale de chaque village a fait place à un enseignement regroupé dans une école unique avec un ramassage scolaire par autobus. Mais en dépit des colléges et lycées sur l'arrondissement et des écoles supérieures et facultés en chef-lieu de département, on nous annonce que le nombre d'élèves ne sachant ni lire ni écrire a augmenté ! Quel désastre !  Nos vieux maîtres d'autrefois doivent se retourner dans leurs tombes ! Ne soyons pas trop pessimistes : la majorité de notre jeunesse est équipée intellectuellement. Elle est même experte en connaissance informatique, envahissante à cette époque. Mais il existe une frange marginale, ignorante d'un savoir minimum, lire-écrire-compter, qui s'avère indispensable pour obtenir un métier.

Comme nous sommes loin de l'époque d'une petite fille, ma grand'mère, qui apprenait à lire à des adultes, au cours du soir.

Savez-vous que l'épouse du Président de la République a créé la Fondation Carla Bruni Sarkosy dont le but est de lutter contre l'illettrisme?

PS:  En 1885, l'instituteur était Joseph RIVET. Aristide RENAULD, l'auteur de la monographie de Fréménil, lui a succèdè en 1886.

J S   Février 2012

PS : Nous n'avons pas de photographie de 1885 montrant les éléves de la classe d'alors avec le maître d'école Monsieur Joseph RIVET, né en 1840 (Il avait donc 45 ans). En revanche, nous avons illustré notre propos par une photo datant de 1956 nous montrant Monsieur Lucien CLAUDE, le dernier instituteur de Fréménil (L'école a fermé en 1963) au milieu de ses élèves dont beaucoup se reconnaîtront. Cette photo a fait l'objet d'un précédent article (lien)

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