Fréménil, un village lorrain

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lundi, août 15 2016

Tombé du ciel et sauvé par la Résistance...

A propos d'un récit sur la chute d'un avion allié le 27 Août 1944 dans le secteur de BENAMENIL, les recherches des historiens permettent de progresser pour une meilleure connaissance de ce crash.

Rappelons que dès 1997, sous le titre "Tombés du ciel" nous avions fait paraître un article dans la Revue Lorraine Populaire (RLP N°134-Février 1997) concernant les aéronefs tombés dans le Sud Lunévillois. Plus précisément en page 281-Repère 11- nous citions l'avion allié tombé le 27 Août 1944 dans le secteur de BENAMENIL.

En 2009 nous avons publié un ouvrage "La Résistance à FREMENIL" évoquant cette chute d'avion et le sauvetage d'un membre de l'équipage par le groupe de résistance de FREMENIL (voir notre article).

En complément de cet acte de sauvetage, nous avions fait un écho "En mémoire des Résistants de FREMENIL" faisant appel a un besoin légitime d'une plaque-souvenir pour marquer cet événement. La réalisation de cette plaque-souvenir a été effective le 11 Novembre 2015 au cours de la cérémonie anniversaire du 11 Novembre 1918.

Toujours sur notre site, le samedi 20 Juin 2015, nous avions rappelé la composition du groupe local de Résistants, le sauvetage d'un membre de l'équipage de l'avion du 27 Août 1944 (date initialement mentionnée), et l'évocation que ce fait des soldats de l'ombre méritait d'être sauvé de l'oubli.

Dans le monde discret des chercheurs de cette histoire des chutes d'avions de la deuxième guerre mondiale, les spécialistes avancent sérieusement. Sous réserve de renseignements toujours plus précis concernant ce crash, nous pouvons donner une image de cette tragédie. Longtemps annoncé comme étant une Forteresse volante US l'aéronef est en fait un avion anglais de la RAF.

Avro_Lancaster.jpg
Il s'agit d'un avion AVRO type LANCASTER MkI du N°61 Squ. Avion Bombardier de nuit britannique (Royal Air Force) quadrimoteur.

Sa mission : Bombardement de RÜSSELHEIM (Allemagne)

Décollage le 25/08/1944 à 20h32- Base LUDFORD MAGNA Lincolnhir UK (Angleterre)

N° de l'avion : NN 705 SR-O Type LANCASTER MkI

N° de l'escadrille : N° 101 Squadron

L'équipage était composé de 9 membres :

  • Chef de bord- Pilote       : FO.  STELL Malcom Joseph        31 ans (RN ZAF) Royal Newealand Air Force
  • 2° Pilote - Mécanicien     : FO.  ROSS  William              23 ans (RC AF)  Royal Canadian Air Force
  • Navigateur                 : Sgt. BRIERS John William        36 ans (VR)     Volontaire Réserve
  • Navigateur- Bombardier     : F.Sgt. SCHOFIELD Eric           33 ans (VR)            "
  • Bombardier-Opérateur Radio : F.Sgt. REID John Mac Donald     20 ans (VR)            "
  • Mitrailleur                : Sgt. ROWLEY Joseph Peter        22 ans (VR)            "
  • Mitrailleur                : Sgt. BRACEGIRDLE Julian Charles 26 ans (VR)            "
  • Mitrailleur                : Sgt. TWELL Harry                32 ans
  • Mitrailleur                : Sgt. MORE  Thomas                ?

Notons que l'équipage normal d'un LANCASTER MkI se compose de 7 membres. Il y avait donc 2 personnes supplémentaires pour cette mission.

Si l'on se réfère au récit de Gaston CARMENTRE résistant qui a opéré au sauvetage d'un membre de l'équipage, le LANCASTER revenant de sa mission de bombardement en Allemagne avait survolé OGEVILLER avec un moteur en feu. Poursuivant sa course à basse altitude au dessus de la forêt de MONDON, le Sergent Thomas MORE Mitrailleur en aurait profité pour sauter en parachute et atterrissant brutalement à la lisière du bois sur la commune de BENAMENIL. Le groupe de résistants avec notamment Julien MALGRAS a opéré rapidement au sauvetage de l'aviateur blessé aux jambes en le cachant chez lui à FREMENIL. Gaston CARMENTRE nous rappelle dans son récit (voir "La Résistance à FREMENIL" 2009 page 21) l'épisode du transport du blessé caché dans une charrette de foin jusqu'à BENAMENIL auprès du Docteur SEGALL lui-même résistant, ainsi que le retour à FREMENIL en utilisant le même stratagème. Nous savons que le Sergent Thomas MORE (matricule 978 951) après guérison a pu retrouver la liberté grâce à la filière d'évacuation des Résistants.

Qu'était-il advenu de l'avion et des 8 membres de l'équipage restant ?

Vraisemblablement il a du voler péniblement avec son moteur en feu dans l'espoir incertain d'un retour à sa base.

On n'a pas retrouvé le lieu exact de chute du LANCASTER. Peut-on le situer dans la région Sud de NANCY ou de TOUL ? Ce qui est certain, c'est que les 8 membres de l'équipage sont décédés et reposent désormais au cimetière britannique de CHOLOY-MENILLOT (54). Soulignons la jeunesse de l'équipage de ce LANCASTER qui a donné sa vie pour que nous vivions aujourd'hui en PAIX. Ne les oublions pas. Gardons également le souvenir des résistants de FREMENIL, acteurs efficaces du sauvetage du Mitrailleur Thomas MORE, qui ne doivent pas, eux aussi , tomber dans l'oubli.

Tombes_Equipage_Lancaster_NN_705_SR-O.jpg
Pour compléter nos recherches nous nous sommes rendu au cimetière militaire de CHOLOY-MENILLOT (CD118 Toul-Foug) dans la nécropole britannique-néozelandaise où nous avons retrouvé les tombes des huit aviateurs de la RAF qui reposent en ce lieu. Ils sont unis désormais sur une même ligne de repos [1D] reconstituant pour toujours l'équipage du LANCASTER MkI de l'escadrille 101 Squ. qui s'est écrasé le 26 Août 1944.

  • Tombe 1D1- Sergent TWELL Harry                   32 ans Mitrailleur (Anglais)          Matricule 515 294
  • Tombe 1D2- Sergent BRACEGIRDLE  Julian Charles   26 ans Mitrailleur                          "   2209182
  • Tombe 1D3- Officier Aviateur STEEL Malcom Joseph 31 ans Pilote Chef de bord                  "   424 533
    (Royal Newzealand Air Force)
  • Tombe 1D4- Sergent Aviateur SCHOFIELD Eric       33 ans Navigateur Bombardier (Anglais)      "   1506088
  • Tombe 1D5- Sergent ROWLEY Joseph Peter           22 ans Mitrailleur (Anglais)                "   1579631
  • Tombe 1D6- Officier Aviateur ROSS William        23 ans 2e Pilote Mécanicien                 "   J/26796
    (Royal Canadian Air Force)
  • Tombe 1D7- Sergent BRIERS John William           36 ans Navigateur (Anglais)                 "   1815067
  • Tombe 1D8- Sergent Aviateur REID John Mac Donald 20 ans Bombardier Opérateur Radio (Anglais) "   1318282

Le plus jeune avait 20 ans, le plus agé 36 ans...

Ils ont donné leur vie pour libérer le pays dans lequel nous pouvons vivre en PAIX. Ne les oublions pas.

Tombe_H.T.Well.jpgTombe_J.C.Bracegirdle.jpgTombe_E.Schofield.jpgTombe_M.J.Steel.jpgTombe_J.M.Reid.jpgTombe_J.W.Briers.jpgTombe_W.Ross.jpgTombe_J.P.Rowley.jpg
Restent donc les questions suivantes :

  • Quel est le lieu exact de la chute du LANCASTER du 101 Squadron ?
  • Qu'est devenu le Sergent Thomas MORE (matricule 978951) après son sauvetage par le groupe de résistants de FREMENIL ?

En ce qui concerne le lieu du crash du LANCASTER de la RAF nous lançons un APPEL à toute commune du Sud du département 54 qui a été le théâtre de cet accident pour nous signaler l’événement. Peut-être que les huit aviateurs décédés ont été inhumés provisoirement en local (cimetière communal par exemple) avant de reposer définitivement au cimetière militaire de CHOLOY-MENILLOT ce qui pourrait figurer dans les archives communales de 1944.

Espérons en savoir plus par la suite grâce à nos chercheurs de l'Histoire.

Pour l'heure, nous devons la progression des recherches historiques concernant cet épisode de la Seconde Guerre Mondiale à :

  • Michel   AUBURTIN   de FAMECK (57)
  • Alain    CARMENTRE  de MANONVILLER (54)
  • Jérome   LECLERC    de VEZELISE (54)
  • René     LOUBETTE   de BENAMENIL (54)
  • Edouard  RENIERE    de BRUXELLES (Belgique)

Rappelons également les noms des membres du groupe de Résistants de FREMENIL (Secteur 416) qui ont tous aujourd'hui disparus :

  • Julien   MALGRAS         (1905-1995) Responsable du groupe.
  • Paulette BENOIT          (1916-1971)
  • René     HENRY           (1893-1975)
  • Nicolas  DENIS           (1891-1958)
  • Pierre   ADAM            (1921-1944)
  • André    CARMENTRE       (1924-1984)
  • Gaston   CARMENTRE       (1925-1998)
  • Docteur Laurian I.SEGALL (1900-1991)

N'oublions pas ces fidèles Soldats de l'ombre.

Jean SPAITE   Août  2016

Sources :

  • Avro_Lancaster_B_I_PA474 par Kogo — Travail personnel, GFDL, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=473193
  • Photos du cimetière RAF de Choloy-Menillot : Collection personnelle

Cimetière RAF de Choloy-Ménillot :
Nous avons eu quelques difficultés à trouver la nécropole de la RAF de Choloy Ménillot. Pour vous éviter ces déboires, vous pouvez cliquer sur l'image ci-dessous pour obtenir une carte Google Maps avec les coordonnées du cimetière.

Coordonnees_Google_Map_Cimetiere_RAF_Choloy_Menillot.jpg


Here follows a Google-Translation of this article for our fellow-english readers (Sorry for the approximations) :

About a story about a plane crash ally August 27, 1944 in BENAMENIL sector, historians research permits progress towards a better understanding of this crash.

Recall that in 1997, under the title "Lost in Transit" we published an article in the Revue Populaire Lorraine (RPL No. 134, February 1997) about an aircraft fell in the South Lunévillois. Specifically on page 281-mark 11- we quoted allied aircraft dropped 27 August 1944 in the BENAMENIL sector.

In 2009 we published a book "The Resistance Fréménil" suggesting that an aircraft crash and rescue a crew member by Fréménil resistance group (see article).

In addition to this act of rescue, we made an echo "in memory of the Resistance fighters Fréménil" employing a legitimate need for a plate souvenir to mark the event. The completion of this plate souvenir was effective November 11, 2015 during the anniversary ceremony of November 11, 1918.

Always on our site, Saturday, June 20, 2015, we recalled the composition of the local Resistance group, the rescue of a crew member of the aircraft of 27 August 1944 (date previously mentioned), and evocation it makes the shadow of soldiers needed to be rescued from oblivion.

In the discrete world of researchers of this story falls aircraft of World War II, experts argue seriously. Subject to ever more specific information about this crash, we can give a picture of the tragedy. Long billed as a US Flying Fortress aircraft is actually an English aircraft of the RAF.

This is a kind AVRO LANCASTER MkI the No. 61 Squ. British Night Bombardier aircraft (Royal Air Force) four-engine.

His mission: Bombing of Rüsselsheim (Germany)

The takeoff 08/25/1944 at 20h32- Base LUDFORD MAGNA Lincolnhir UK (England)

No. plane: NN SR-705 Type O LANCASTER MkI

No. Squadron: No. 101 Squadron

The crew was composed of 9 members:

    Board- Chief Pilot: FO. STEEL Malcom Joseph 31 (RN ZAF) Newealand Royal Air Force
    Flying Officer - Pilot : FO. ROSS William 23 (RC AF) Royal Canadian Air Force
    Flight Engineer : Sgt. BRIERS John William 36 (VR) Volunteer Reserve
    Navigator - Air Bomber F.Sgt. Eric SCHOFIELD 33 (VR) "
    Air Bomber - Radio Operator : F.Sgt. REID John MacDonald 20 (RV) "
    Wireless Operator - Gunner Sgt. ROWLEY Peter Joseph 22 (VR) "
    Air Gunner Sgt. BRACEGIRDLE Julian Charles 26 years (VR) "
    Air Gunner Sgt. H.T WELL Harry 32
    Gunner Sgt. MORE Thomas


Note that the normal crew of a MkI LANCASTER consists of 7 members. So there were 2 more people for this mission.

If one refers to the story of Gaston CARMENTRE resistant which operated the rescue of a crew member, the LANCASTER returning from his mission of bombing Germany had flown OGEVILLER with an engine on fire. Continuing its low-altitude race above the forest MONDON, Sergeant Thomas MORE gunner would have the opportunity to parachute and landing abruptly on the edge of the wood in the municipality of BENAMENIL. The resistance group including Julien Malgras quickly made to rescue the airman wounded in the legs by hiding him home to Fréménil. Gaston CARMENTRE reminds us in his story (see "The resistance Fréménil '2009 page 21) episode of transporting injured hidden in a hay cart to BENAMENIL from Dr. SEGALL itself resistant, as well as return to Fréménil using the same ploy. We know that Sergeant Thomas MORE (registration number 978951) after healing could find freedom through the evacuation chain of Resistance.

What happened to the plane and 8 crew members remaining?

Presumably he has difficulty flying with its engine on fire in the uncertain hope of a return to its base.

We have not found the exact place of falling LANCASTER. Can we locate it in the South region NANCY or Toul? What is certain is that the 8 crew members died and now based at the British Cemetery CHOLOY-MENILLOT (54). Emphasize youth crew this LANCASTER who gave his life that we might live today PEACE. Do not forget them. also keep the memory of resistant Fréménil, effective actors of rescue Gunner Thomas MORE, which should not, too, fall into oblivion.

To supplement our research we realized the military cemetery of CHOLOY-MENILLOT (CD118-Foug Toul) in the British-New Zealand's necropolis where we found the graves of eight RAF airmen buried in this cemetery. They are united now in one line off [1D] reconstituting forever LANCASTER MkI the crew of the squadron 101 Squ. that crashed Aug. 26, 1944.

    1D1- Twell Tomb Sergeant Harry Gunner 32 (English) Unique Number 515294
    Tomb 1D2- BRACEGIRDLE Sergeant Julian Charles 26 years Gunner "2209182
    Tomb 1D3- Pilot Officer Malcom Joseph STEEL 31 years Driver Skipper "424533
    (Newzealand Royal Air Force)
    Tomb 1D4- Sergeant Airman Eric SCHOFIELD 33 Bombardier Navigator (English) "1506088
    ROWLEY falls 1D5- Sergeant Joseph Peter Gunner 22 (English) "1579631
    Tomb 1D6- Pilot Officer William ROSS 23 Mechanic 2nd Driver "J / 26796
    (Royal Canadian Air Force)
    Tomb 1D7- BRIERS Sergeant John William 36 years Navigator (English) "1815067
    Tomb 1D8- Sergeant Airman REID John MacDonald 20 Bombardier Operator Radio (English) "1318282

The youngest was 20, most aged 36 years ...

They gave their lives to liberate the country where we can live in PEACE. Do not forget them.

This leaves the following questions:

    What is the exact location of the fall of LANCASTER 101 Squadron?
    What happened to Sergeant Thomas MORE (registration number 978951) after his rescue by the resistant Fréménil group?

Regarding the crash of the RAF LANCASTER we launch an APPEAL to all South municipality of the department 54 which was the scene of the accident to report us the event. Maybe the eight deceased airmen were buried temporarily in local (municipal cemetery for example) before finally rest at the military cemetery of CHOLOY-MENILLOT which could be included in the municipal archives in 1944.

Hopefully more later thanks to our researchers in history.

For now, we have the progress of historical research on this episode of the Second World War:

    Michel AUBURTIN of FAMECK (57)
    Alain CARMENTRE of MANONVILLER (54)
    Jerome Leclerc of VEZELISE (54)
    René Loubette of BENAMENIL (54)
    Edouard Renière BRUSSELS (Belgium)

Also remember the names of members of the Resistance Fréménil group (Sector 416) have all disappeared today:

    Julien MALGRAS (1905-1995) Group responsible.
    Paulette BENOIT (1916-1971)
    René HENRY (1893-1975)
    Nicolas DENIS (1891-1958)
    Pierre ADAM (1921-1944)
    CARMENTRE André (1924-1984)
    CARMENTRE Gaston (1925-1998)
    Dr. Laurian I.SEGALL (1900-1991)

Do not forget these faithful shadow soldiers.

Jean Spaite August 2016

sources:

    Avro_Lancaster_B_I_PA474 by Kogo - Own work, GFDL, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=473193
    Photos cemetery RAF Choloy-Menillot: Personal Collection

RAF Choloy-Ménillot:
We had some difficulty finding the necropolis of RAF Choloy Ménillot. To avoid these disappointments, you can click on the image below to get a Google map with the coordinates of the cemetery.

jeudi, mars 31 2016

Le Dictionnaire de la Lorraine

Dictionnaire_de_la_Lorraine.jpgJean-Marie CUNY, le fondateur de la Revue Lorraine Populaire et de La Nouvelle Revue Lorraine, vient de sortir un nouvel ouvrage sous la forme d'un " Dictionnaire Historique et Ludique de la Lorraine" puisque tel est le titre de ce livre intéressant tous les curieux de notre région Lorraine . Original, parfois surprenant, il nous présente dans l'ordre alphabétique un grand nombre de renseignements historiques souvent peu connus de manière à faire découvrir notre région par un large public .


  Titre        : LE DICTIONNAIRE HISTORIQUE ET LUDIQUE DE LA LORRAINE.
  Auteur       : Jean-Marie CUNY
  Edition      : Les Editions du Sapin d'Or
                 58 Rue d'Alsace
                 88OOO EPINAL
  Vente        : * Les bonnes librairies.
                 * Jean-Marie CUNY
                 Le Tremblois
                 54280 LANEUVELOTTE
  Présentation : 222 pages- illustré- couverture cartonnée- format 27 cm.x20,5 cm.
  Prix         : 29,80 Euros (+ Frais de port )

Vous pouvez aussi Acheter ce livre directement sur Amazon.
ou sur le site de la Fnac 

Ami de la Lorraine, voilà encore un ouvrage de référence pour votre bibliothèque.
  Bonne lecture.


Jean SPAITE   Mars 2016

lundi, juin 24 2013

L'électricité dans notre village

Isolateur électrique FréménilIl existe encore des vestiges des premiers pas de l'électricité dans notre village. Datant de l'époque du courant continu 110 volts, nous découvrons encore des isolateurs datant de cette époque. Sur le pignon du local communal, que les anciens nommaient "la salle des pompes", sous entendu des pompes à incendie, il subsiste deux isolateurs scellés dans la maçonnerie : l'un est en porcelaine, de couleur blanche, l'autre est en verre, de couleur verte. Le premier supportait le fil "la phase", cependant que l'autre supportait le fil "le neutre". Voici donc des vestiges qui illustrent le récit qui va suivre : "L'arrivée de l'électricité dans notre village".

Jean Spaite    Juin 2013

Lire la suite...

lundi, avril 4 2011

Les inscriptions sur les linteaux de portes

Nous avons eu l'occasion d'évoquer la porte monumentale de Fréménil (4, Rue de la prairie) dans notre billet du 25.03.2007 paru par ailleurs dans la Revue Lorraine Populaire. Une telle oeuvre remarquable n'était pas à la portée de toutes les bourses. Les propriétaires des maisons plus modestes, qui néanmoins désiraient laisser dans la pierre la trace de leur passage sur terre, s'orientaient plutôt vers une inscription sur le linteau de la porte d'entrée de leur habitation. Quant aux simples maisons de manouvriers, elles étaient dépourvues de toutes marques et de toutes inscriptions. L'anonymat leur était dévolu. La date de construction d'une maison correspondait presque toujours avec la date d'entrée du couple propriétaire dans la nouvelle demeure avec un délai d'un an ou deux, soit le temps de la construction de la maison.

Les inscriptions sur les linteaux de porte, ou sur les clefs de voûte des entrées de grange en « anse de panier », caractéristiques des fermes lorraines datent des XVIIIe  et XIXe siècle. Elles auraient été l'oeuvre d'ouvriers, tailleurs de pierre, sculpteurs venant du Tyrol, de Suisse, d'Italie ou de Haute-Savoie sur une période s'étalant de 1701 à 1850. Au cours de cette période il y eu le règne de Stanislas, Duc de Lorraine de 1737 à 1766. Ce monarque bienveillant fit appel à des artisans de qualité pour réaliser les monuments qui font l'orgueil de notre Lorraine. Mais toute cette main d'oeuvre talentueuse et compétente, au décès du bon roi, a dû terminer les ouvrages entrepris. Puis, les dirigeants ayant changé, les programmes de travaux et leurs financements s'amenuisant et surtout la Révolution, les guerres, les invasions, les disettes, les épidémies et de nouveau des guerres. Tous ces évènements ont réduit considérablement la réalisation de ces décors d'architecture. Les artisans sont, soit repartis dans leur pays d'origine, soit pour subsister, se sont convertis à des travaux moins artistiques, maçonnerie ordinaire, voir manœuvre agricole ou bûcheronnage. Dans ces périodes tourmentées la vie de tous les jours, quand ce n'était pas la survie, était primordiale. 

Dans notre village, notre attention s'est portée sur seize emplacements constitués par des linteaux et une clef de voûte comportant des dates de construction, des initiales et des dessins (coeurs notamment) dont nous rapportons l'illustration. Il est fort possible que d'autres inscriptions et décors existent par ailleurs dans des maisons construites aux XVIIIe et XIXe siècle, dans les parties adjointes au corps de logis primitif. A vous chers lecteurs et concitoyens d'en faire la découverte. Comme toujours, cliquez sur les images (vignettes) pour en voir un agrandissement.

Emplacement des linteaux Fréménil

Pour décrypter le message des initiales, la meilleure méthode, si vous êtes propriétaire des lieux est de s'en remettre à votre titre de propriété qui, à la suite d'une vente ou d'un héritage, vous a été remis par votre notaire. Cet acte notarié est précieux, car il vous fait l'historique de votre bien avec citation des dates et des personnes. Considérée comme une lecture fastidieuse, l'énumération de ces gens que vous n'avez pas connus se révèle comme la clef du mystère permettant l'identification de ces anonymes inscrits sur le fronton de votre porte d'entrée. Alors merci Messieurs les notaires pour ces narrations fortement utiles.

Une autre méthode relève de la généalogie, valable uniquement si vous avez une indication concernant les familles propriétaires qui ont trouvé l'abri dans la maison en question. La date de mariage, correspondant souvent ou à quelques années près à la date inscrite sur le linteau doit vous amener à découvrir qui se cache derrière ces initiales qui vous posent interrogation. C'est une petite enquête à mener en cherchant dans l'état-civil de votre commune mais vous serez satisfait du résultat final.

Dans notre visite des linteaux du village, nous donnons ci-après une représentation graphique qu'il vous appartiendra de déchiffrer suivant les méthodes indiquées précédemment.

Descriptif des linteaux Fréménil 01Descriptif des linteaux Fréménil 02

Mentions spéciales pour quelques-unes :

Le 3 Rue de la Prairie :

RP03.jpg

Nous sommes en présence d'un linteau particulièrement ouvragé, parmi les plus anciens du village et qui pourrait correspondre au presbytère-logement d'un curé du village. Les lettres C.M.L.L restent à identifier. Inscrit dans un ovale, le monogramme IHS traduit par « Jésus hominum salvator » soit « Jésus Sauveur des Hommes » est ici surmonté d'une croix et souligné par trois clous (ou trois lances, ou trois flèches). Le cartouche est complété à droite par « 1720 » qui nous donne la date de construction de la maison. La destination cultuelle de cette demeure est évidente. Une recherche dans l'état-civil du XVIIIe siècle apporterait vraisemblablement la traduction des quatre premières lettres. Précisons que le 17 novembre 1706, date de la bénédiction de la cloche de la paroisse (sans doute unique cloche) par le curé de Blâmont nous indique que l'église existait 14 ans avant ledit presbytère de 1720. N'oublions pas que l'on mentionne l'existence de notre village dès 1034 et qu'un lieu de culte a dû exister aux alentours de cette date.

Le 21 Grande Rue :

GR21.jpg

Cette demeure du XVIIIe siècle avait retenu l'attention des Monuments Historiques à l'occasion d'une visite sur place de la commune en 1979 (Visite comportant l'ensemble du village, y compris notamment l'église, dans le cadre de « l'inventaire général de la Lorraine »). De part et d'autre de la clef de voûte du linteau en arc, on note dans des cartouches évidées à gauche les lettres IM et à droite BM, cependant qu'à la partie supérieure de la clef de voûte on note un cartouche avec le chiffre « 17 » et à droite le cartouche similaire complétement évidé. Il doit s'agir là d'une suppression volontaire regrettable, mais les propriétaires actuels nous indiquent la date de 1723 pour la construction de cette maison.

Le 6 Rue de la Prairie :

RP06.jpg

Cette ancienne maison a subi de profondes modifications tant intérieures qu'extérieures surtout dans les années 1993 à 1995. Le linteau de la porte d'entrée arborait une décoration originale sous la forme d'un médaillon circulaire encadré par des parchemins symbolisant une croix. L'intérieur du médaillon circulaire présentait les initiales « I.M. » soulignées par la date « 1681 ». Ce témoignage architecturale fait de cette demeure la plus ancienne maison avec fronton décoré de porte d'entrée. Il nous faut rappeler que d'après la monographie du village rédigée en 1888 par Monsieur Aristide RENAULD, instituteur, l'actuelle rue de la Prairie avait initialement pour nom « La Grande Rue » et donc a été la première rue de la commune et elle desservait les premières maisons de Fréménil.

Le 14 Rue de la Prairie :

RP14.jpg

Le linteau de cette maison mériterait une mise en valeur pour en obtenir une meilleure lecture. En position centrale on trouve un coeur formé curieusement par deux larmes (ou branches de svastika) avec la date « 1814 » réparti de part et d'autre. Sur la gauche on a une marguerite (ou rosace) à 6 pétales et à droite le motif circulaire n'est pas bien défini. Suivent les initiales, à gauche « F.M » et à droite « M.T ».

Le 9 Grande Rue :

GR09.jpg

Nous sommes en face d'un linteau intéressant puisque la demeure appartenait à une famille aisée du village qui a donné trois maires compétents à la commune : 

  • MENGIN Joseph, maire de 1802 à 1814
  • MENGIN Nicolas, maire de 1820 à 1829
  • MENGIN Camille, maire de 1870 à 1896

La construction de la maison date de 1822. Elle a appartenu au couple « N.M.G » : Nicolas MENGIN (1773-1854) et « M.T.A » : Marie-Thérèse AUBRY (1777-1861). Ce linteau de porte est très lisible et bien conservé. Il est enrichi latéralement d'oreilles en demi-arrondi.

Le 5 Grande Rue :

GR05.jpg

Nous avons ici une date « 1843 » de part et d'autre d'un coeur et deux cartouches extrêmes qui n'ont pas été gravés. Comme cette maison appartient à ma famille (SPAITE-MANONVILLER-HEFTER-ROUSSEL), je peux en parler aisément. Les premiers habitants de cette demeure sont : Jean-Joseph ROUSSEL (1817-1859) et Marie-Rose JEANJEAN (1819-1888). Ils se sont mariés en 1845 et sont entrés dans la nouvelle maison dont la construction avait duré deux ans de 1843 à 1845. On peut supposer une anecdote concernant l'inscription réalisée et en attente ! Le sculpteur a commencé par le motif central : le coeur et la date de part et d'autre. Etait-il ignorant dans les chiffres et les lettres ?... Toujours est-il qu'il s'est révélé inculte dans le dessin du chiffre 4 représenté à l'envers. Mécontentement légitime du propriétaire qui a relevé de ses fonctions le sculpteur incompétent. Les deux cartouches extrêmes sont restés vierges. Ils auraient pu indiquer « J.J.R 18 ❤ 43 M.R.J. » si le travail avait été bien fait... et mené à terme !

Le 3 Grande Rue :

Le linteau de la porte d'entrée est vierge de toute inscription, cependant que la clef de voûte en anse de panier de la porte de grange donne « 1856 » comme date de construction de la maison. Là encore, la consultation des titres de propriété peut apporter des renseignements concernant les premiers habitants de la demeure.

Le 2 Grande Rue :

GR02.jpg

Une mise en valeur de l'inscription rend visible le coeur central entouré de la date « 1829 » de part et d'autre. Dans la partie gauche, nous avons les lettres « FD » et dans la partie droite « MAM ». Initialement, les deux extrémités étaient ponctués par une larme (ou branche de svastika) pointée à gauche pour la partie gauche et pointée à droite pour la partie droite. Une mise en peinture inopportune a transformé cette ponctuation en une sorte de fer à cheval. Dommage. Mais on peut toujours apporter une correction et revenir à la décoration d'origine. L'ensemble de l'inscription est cadré dans un cartouche rectangulaire avec latéralement des oreilles en demi-arrondi.

Le 29 Grande Rue :

GR29.jpg

Une mention spéciale doit être décernée pour ce linteau remarquable constitué par une poutre en bois. Ce tronc brut d'équarrissage présente une courbe harmonieuse pour coiffer cette porte latérale. Une fin honorable pour un arbre de nos forêts. A préserver jalousement avec respect pour les mains et les bras qui l'ont mis en oeuvre.



Conclusion :

Si nous avons des témoignages des anciens habitants de notre village par la lecture de ces linteaux ouvragés, il nous faut signaler la disparition regrettable de ces vestiges du passé. A l'occasion d'une reconstruction, d'une modernisation, des linteaux ont été supprimés, soit pour augmenter la hauteur de passage, soit pour un changement d'accès de l'habitation. C'est également le cas au numéro 11 de la Grande Rue. Jean-Luc M. nous a signalé que lors d'une remise en état des enduits extérieurs de la maison, la date de 1831 mentionnée sur le linteau de la porte d'entrée a été complètement cachée par le nouvel enduit. De façon à faire renaître cette inscription, un bon grattage serait le bienvenu.

Préserver, entretenir ces linteaux, souligner avec soin les inscriptions par un peu de peinture pour les rendre plus visibles, voilà ce que nous pouvons faire en ce XXIe siècle pour garder près de nous ces pages d'histoire, ces messages des temps anciens, et les transmettre aux générations futures.

Jean SPAITE – Mars 2011


Pour découvrir cet aspect méconnu de l'architecture rurale, vous pouvez consulter le site Linteaux de France qui recense dans toute la France ces objets architecturaux.

lundi, juin 21 2010

Renaissance d'une revue régionale

Il nous est arrivé souvent de faire référence à la Revue Lorraine Populaire qui s'était fait l'écho de pages d'histoire évoquant notre pays de la Vezouze ou plus précisément des personnages, des évènements et des monuments de notre village.

Après une interruption d'une année, la belle publication régionale revient dans les rayons des librairies sous le titre "La NOUVELLE REVUE LORRAINE" avec comme thèmes: Terroir, Histoire et Traditions.
Le n°1 de cette revue trimestrielle est déjà paru pour Avril-Mai 2010. Le n°2 pour Juin-Juillet 2010 vient de sortir de l'imprimerie.

          Prix unitaire   : 6,50 Euros
          Abonnement      : France  36 Euros / Etranger port en sus.
          Fondateur et animateur : Jean-Marie CUNY
                                  Le Tremblois- 54280 LANEUVELOTTE
                                  Tel.  03-83-20-67-22
                                  Courriel: jmcuny@hotmail.fr

Il était bon de signaler une renaissance d'une revue bien présentée, riche en illustrations et en textes, qui parle de notre province.

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