Fréménil, un village lorrain

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vendredi, décembre 4 2009

La voie ferrée au service de l'artillerie... ennemie

Aprés la défaite de 1870, la France est amputée de l'Alsace-Lorraine qui se trouve annexée à l'empire allemand. La France ne vit que dans la pensée de la revanche et se dote sur la frontiére d'une succession de fortifications due au général Séré de RIVIERE, le VAUBAN moderne, face à l'ennemi de l'Est.

Le fort de MANONVILLER fait partie de cette ligne fortifiée.
Edifié à partir de 1879, il sera conforté et modernisé jusqu'en 1914 en fonction des progrés réalisés dans le domaine des projectiles explosifs auxquels il doit résister. Baptisé " FORT HAXO ", il est un fort d'arrêt, en liaison avec le fort de PONT-St-VINCENT (40 Km). Sa garnison est forte de 900 hommes sous les ordres du Commandant ROCOLLE. Son armement est composé de piéces de 155 avec tourelles, 150, 80 et 22 mm. ainsi que de mitrailleuses.

        C'ETAIT  IL  Y  A 90  ANS...

Le 3 Aout 1914, la guerre est déclarée à l'Allemagne.
Aprés une percée jusqu'à MORHANGE du 14 Aout au 20 Aout, l'armée française recule rapidement. Le fort de MANONVILLER doit
barrer la route à l'envahisseur.

Le 23 Aout, l'armée allemande se regroupe hors de portée des piéces d'artillerie française et entame un feu roulant sur le fort qui riposte de tous ses feux. Les piéces allemandes de 305, 210 et 150 sont disposées à LEINTREY, GODREXON, CHAZELLES, SAINT MARTIN et BURIVILLE. Des éléments plus légers d'artillerie se trouvent en position plus avancée à VEHO,  BLEMEREY et DOMJEVIN.

Mais le 26 Aout, le fort de MANONVILLER est sous le feu redoutable de piéces d'artillerie situées à 14 Km. qui expédient des obus d'un calibre de 420 mm, pesant 950 Kg chacun et chargés de TNT aux effets dévastateurs.  Cette avalanche d'obus va durer du 23 Aout au 27 Aout. Pendant 52 heures, le fort va recevoir 17OOO projectiles dont 159 obus de 420 mm qui vont faire des dégats considérables sur son infrastructure, sur son armement et sur ses combattants. De nombreux morts, 130 à 150 cas d'asphyxie, le fort d'arrêt est contraint à la reddition le jeudi 27 Aout 1914 à 15h30.

Que s'était-il passé pour arriver à un tel résultat?

Lors de l'avance française vers MORHANGE, suivie de la retraite, les officiers du génie français avaient bien constaté l'existence d'un épi de voie ferrée, long de 1200 m à 2 voies, sur la commune de DEUSTCH-AVRICOURT, près de la côte 290, embranché sur la ligne AVRICOURT-BENESTROFF. Considérée comme une voie d'embarquement négligeable, cette installation n'a pas justifié la destruction, sous la forme d'un dynamitage facile a réaliser à ce moment. En fait, il s'agissait de la construction de deux voies destinéesà recevoir deux piéces d'artillerie lourde sur voie ferrée allemandes (ALVF) qui ont été opérationnelles dès le 26 Aout à 4h40 du matin, expédiant alors des obus de 420 mm toutes les cinq minutes, opération déterminante dans la fin du fort.

Le fort de MANONVILLER s'est néanmoins montré efficace en retardant l'avance ennemie qui a été stoppée ensuite lors de l'épisode de "La Trouée de CHARMES".

La destruction de la base d'opération de l'artillerie lourde sur voie ferrée de DEUSTCH-AVRICOURT (aujourd'hui NOUVEL-AVRICOURT, 57) aurait peut-être changé le cours des événements sur le front de Lorraine.

Comme quoi, UNE VOIE FERREE EST TOUJOURS IMPORTANTE.

Ayons une pensée pour ceux qui ont laissé leurs vies au cours de cette terrible Premiére Guerre Mondiale...

Jean SPAITE

Article paru dans "La Revue Lorraine Populaire" N° 179 - Aout 2004


NOTA:  Voir également sur le site "fréménil.com" l'article sur "Madeleine HOUDIAU" qui évoque ces journées dramatiques du bombardement allemand du fort de MANONVILLER. Il s'agit là d'un témoignage exceptionnel sur ces évênements.


samedi, février 14 2009

La poupée du Pépére

Le PEPERE était un paysan lorrain d'une vieille famille originaire de la vallée de la VEZOUZE, né dans la seconde partie du XIX° siècle. Comme beaucoup de ses contemporains , il exploitait un petit train de culture, produisant du blé, de l'orge, des betteraves, des pommes de terre. Le jardin attenant à sa ferme lui permettait une autosuffisance en légumes. Une ancienne chènevière près du ruisseau avait été aussi convertie en terrain potager très fertile. Une petite vigne et une treille en plein midi lui fournissait son raisin. Son cheptel était celui de bien des cultivateurs du village: un cheval, le brave BAYARD, trois vaches, quelques veaux, des poules et des lapins. Quelques ruches venaient compléter son équipage, procurant à la famille du bon miel lorrain.

Dans cette région réputée pour ses productions de vannerie, il possédait également des "saulcis" d'osier lui permettant de travailler des paniers pendant la saison d'hiver, après le cycle laborieux de la coupe des "soles" suivi du pelage au "péleu" et le séchage au soleil des "soles blanches". Ainsi sortaient de ses mains habiles, des corbeilles, des "bonges", des "charpagnes", des "pagnettes", des "volettes", ces claies en osier de forme ronde pour servir la bonne tarte de mirabelles de chez nous!...Quelques arpents de prés situés dans la prairie fournissait du foin et du regain apprécié par les bêtes pendant la saison d'hiver. Ajoutez à tout cela deux vergers plantés de mirabelliers, de cerisiers, de poiriers, de pruniers et de pommiers, de quoi avoir des fruits à longueur d'année.

La MEMERE, son épouse, avait bien du travail pour assurer l'intendance avec ses deux filles. Faire bouillir la marmite  n'était pas un vain mot, tout en se consacrant au ménage, la lessive, l'entretien de la maison, le jardinage, les soins des poules, lapins et cochons,sans compter la traite des vaches. Des journées bien employées pour elle aussi, qui complétait le budget familial par la production de broderie blanche: ici, si les hommes faisaient des paniers, les femmes elles, brodaient des mouchoirs, des draps, des taies d'oreillers pour des maisons réputées de PARIS. En ce temps-là, on ne chômait pas et malgré ce travail intense, on était heureux de vivre!...
   
Activité naturelle de nos paysans lorrains pendant la saison d'hiver: le bûcheronnage. En hiver, "on allait au bois!", car le chauffage des maisons était uniquement assuré par le bois comme combustible. Ce bois qu'il fallait abattre, débarder, débiter en quartiers, ranger en stères, transporter, scier, fendre, faire sécher, puis rentrer à l'abri. D'où le constat populaire: le bois, c'est un excellent moyen de chauffage, mais il donne chaud déjà avant de brûler.

La guerre de 1914-1918 avait dévasté la belle forêt de PARROY et, dans une moindre mesure, la forêt de MONDON. Après le conflit, il a fallu déblayer la forêt qui avait servi de champ de bataille. Les arbres étaient enchevêtrés, le sol était défoncé par les tranchées, les trous d'obus, les vestiges des sapes et des abris. Nos bûcherons lorrains ont assuré cette remise en ordre, assortie malheureusement de découvertes macabres qui ont trouvé un dernier repos au cimetiére militaire de REILLON nouvellement créé. Le travail de bûcheronnage sur ce champ de bataille était rendu dangereux par la présence des obus, des grenades, parfois de mines non éclatées. Le bois lui-même, meurtri par la mitraille, présentait des éclats d'obus néfastes aux lames de scies.

Dans les années 20, le PEPERE a senti le besoin d'augmenter sa productivité et de réduire sa peine. Premiers pas du progrès dans le domaine du bois de chauffage. Si l'abattage des arbres nécessitait l'emploi des haches, des merlins et des coins, le sciage voyait l'utilisation du passe-partout, cette longue et large lame dentée équipée de deux poignées, mise en mouvement de va-et-vient par deux hommes...On ne parlait pas de tronçonneuses en ce temps-là! Cependant les stères de bois stockés sur l'usoir des fermes étaient débités "à l'os", à la scie sur un chevalet.

Le PEPERE avait alors fait l'acquisition d'une scie à ruban mue par un moteur à essence, un BERNARD-MOTEUR, qui devait être bien connu par la suite dans les exploitations agricoles. La traction de cet engin était assurée par le "BAYARD, le brave cheval du PEPERE. Et ainsi, de fermes en fermes, de villages en villages, on pouvait voir l'équipage du "scieur à domicile" préparant le combustible pour la période d'hiver, évitant le long travail de sciage "à l'os" sur le chevalet. Bien sûr, il restait à faire le fendage, mais ce travail était jugé moins pénible que le sciage.

J'ai retrouvé une photo du PEPERE et de sa scie à ruban. Le brave BAYARD attend sagement sur  le côté, les pieds dans la sciure, et les oreilles pleines du chant de la lame débitant ses morceaux de bois.


"ET LA POUPEE ?"me direz-vous...  

 J'y arrive...       

Un jour, le PEPERE a trouvé sur un tronc d'arbre le dessin d'une Alsacienne avec sa coiffe en large ruban. Sans doute l'ouvrage d'un soldat sculpteur au couteau, en mal de sa promise. Le PEPERE avait tenu à conserver ce morceau de bois, témoignage de cette guerre qui avait fait tant de mal. Longtemps, je l'ai vu suspendue à une poutre au-dessus des réduits à cochons, et quand on passait près du "toc" sculpté, on disait bonjour à "LA POUPEE DU PEPERE".


Les années ont passé, le PEPERE nous a quitté il y a bien longtemps, une seconde guerre est venue encore avec ses malheurs.   La pauvre poupée a disparu. Prise de guerre ou bois de chauffage? Nul ne peut le dire. Il reste toujours le souvenir de "LA POUPEE DU PEPERE".
                         

                                                                             Jean SPAITE

Précisons: Le portrait du PEPERE concerne mon propre grand-père Albert MANONVILLER de FREMENIL (1870-1935)

Article écrit par Jean SPAITE et publié dans la REVUE LORRAINE POPULAIRE - AVRIL 2004- N° 177


Le Nicolas

Le NICOLAS ? Mais si, voyons, vous l'avez bien connu ! Il était né en 1875 et il est mort en 1956. Il avait 81 ans. Il était une figure dans son village. Cultivateur il était, cultivateur il était resté, jusqu'à son dernier jour, amoureux de la terre lorraine qui l'avait vu naître. De taille moyenne, coiffé d'une éternelle casquette sur un visage buriné, vêtu du traditionnel pantalon de velours côtelé, il illustrait le type même du RABOUROU (1): le laboureur de chez nous. Les yeux plissés, abrités par des sourcils très fournis,

C'était surtout quand il ouvrait la bouche sous sa moustache abondante pour parler en patois lorrain que l'on était étonné par le personnage. Il maniait le parler de chez nous avec aisance et son langage me posait problème lorsque j'étais petit. Je vous avoue que ses conversations avec ma grand-mère m'obligeaient à m'interroger sur la traduction. Bien gentiment, ma grand-mère me donnait par la suite la signification des mots qui m'avaient échappés. C'est ainsi que j'ai appris le lorrain comme d'autres apprennent une langue étrangère. Comme mon bon vieux grand-père était décédé, il me prit en affection et m'invita à venir avec lui dans les champs. Lui qui avait eu seulement deux filles, il était content d'avoir un garçon dans ses pas!...

Mais comment apprivoiser un gamin lorsque l'on reconnaît son propre côté bourru et pas si facile? C'est bien simple: il y a le CHEVAL !


Après une paire de cheminement sur le dos du "MARQUIS", j'étais convaincu de la belle vie du cultivateur ! Car ce philosophe-paysan maniait l'humour à sa façon. Donc ,son brave cheval de la race ardennaise avait droit au titre de "Marquis". Le NICOLAS possédait six vaches mais avait aussi un boeuf qu'il attelait pour certains transports. Cette grosse bête m'impressionnait car elle n'était pas toujours obéissante. Il ne fallait pas aller près de ses pattes : ce "bestiau" savait décocher "ses coups en vache"! Une telle attitude lui avait donné droit au patronyme de "STAVISKY" par le NICOLAS qui n'aimait pas les banquiers frauduleux en qui il ne fallait pas faire confiance. Avec lui, j'ai connu les quatre coins du ban communal avec les lieux-dits qui fleuraient bon le terroir.

Mais quand on est jeune, on a aussi ses occupations. Il me fallait aller à l'école et laisser "le NICOLAS" à son travail agricole. Quand je le retrouvais, il en avait des choses à raconter. "Tiens, pas plus tard que ce matin, j'étais au "GRAND JOURNAL"(2), près de la grand'route, et ben tiens-toi bien : j'ai vu passer deux camions des bouillons KUB et des potages MAGGY; et pis aussi le camion d'la "COPETTE"...(3) Heureux temps où, sur la route PARIS-STRASBOURG, on pouvait encore dénombrer les camions qui passaient!...


Je me souviens aussi des casse-croute chez lui, dans la cuisine. "Le travail, ça donne faim, ça donne soif, et il faut reprendre des forces, hein petit!.." Avec un cérémonial très rustique,il invitait sa femme , la bonne ALINE, à garnir la table : la miche de pain était coupée en larges tranches et l'on avait droit à la saucisse maison "de not' cochon". Cette charcuterie fumée à coté des bandes de lard et des jambons dans la sombre cheminée occupant un large coin de la cuisine, donc cette saucisse lorraine avait été baptisée par ses soins :" le bout du monde"! Et vraiment, j'appréciais " le bout du monde" du NICOLAS ! Ses filles étaient mariées avec des hommes prénommés tous les deux RENE, il les avait classés par ordre d'ancienneté : Il y avait " le RENE 1" , marié avec l'aînée, et " le RENE 2", époux de la deuxiéme. Hommage à sa façon aux Ducs de LORRAINE. Pince-sans-rire, il annonçait que s'il avait eu une troisiéme fille, il l'aurait appelé SCHOLASTIQUE !(4) Il avait consulté le calendrier, c'est une Sainte que personne ne connaissait : alors personne ne pourrait l'appeler pour lui prendre avec un nom pareil!...

Ce qui m'étonnait toujours, c'était de l'entendre vouvoyer sa femme, la bonne ALINE. Encore une marque de respect, de courtoisie, qui relevait d'une autre époque. 

Les années passant, et marqué par la fatigue, il laissa sa ferme à sa fille cadette et à son " RENE 2". Le NICOLAS et l'ALINE habitèrent dans une petite maison située pas bien loin de la Mairie-Ecole. Là au moins, il voyait des gens : les commerçants qui passaient avec leurs camionnettes, les autres paysans qui travaillaient encore et les gosses qui jouaient sur la place du village. Cette petite maison, il l'avait pompeusement dénommée "Mon Chateau".
 
Un jour, mon cousin MARCEL est venu lui rendre visite avec son épouse.
  "- Comment qu't'es v'nu ici ?
  "- Ben, j'ai une voiture!
  "- Et où est-ce qu'il est ton auto ?
  "- Ben près d'ton ancienne maison, d'vant ta ferme !
  "- Te vas m'faire le plaisir d'aller le chercher tout d'suite et d'le mett'là, d'vant chez nô, pour que les gens d'ici i sachent que j'ai une visite qu'a un auto ! Ah, mais!...

Mon cousin MARCEL obtempéra immédiatement, répondant à cette demande impérative, mais qui donnait satisfaction à un brave homme qui n'avait jamais connu une telle richesse : avoir une voiture... devant chez lui et qui appartenait à quelqu'un de sa famille. A chacun sa fierté!!!... Ce jour-là, la brave ALINE avait ouvert la porte du petit placard placé derrière le beau poêle en faïence. Avec précaution, elle avait sorti les petits verres à pied, puis le flacon de liqueur de sa fabrication : du Blanc-Bouillon, que tout le monde appréciait.  


 "- Te n'vas pas prendre du sirop de bonne femme, MARCEL. Te vas faire comme moé: une petit' goutte!"

Et d'autorité, la mirabelle fut sortie.  Sacré NICOLAS !
 
C'était dans les années 1950. Cette année-là, l'hiver s'était montré rigoureux, plus que d'habitude. Le brave NICOLAS, moins résistant que lorsqu'il était jeune, avait attrapé une mauvaise grippe. L'ALINE "était aux cent coups"(5). Inquiéte à juste titre, puisque le NICOLAS était si mal fichu qu'il était resté au lit une partie de la journée. En cachette, elle fait appeler le Docteur SEGALL, du village voisin. Surprise du malade à la visite à domicile du praticien :
  "- J'ai jamais vu de toubib depuis le Conseil de révision! Alors!..."

Auscultation, diagnostique, traitement: 
  "- Vous allez faire chambre à part pour ne pas refiler votre grippe à votre ALINE.
  "- Jamais d'la vie. J'ai tojo eu ma fôme avo mi, c'name astour que j'vas changer ! (6)
  "- Et puis je vais vous donner un bon sirop. Restez bien au chaud et au bout de huit jours, ça doit aller mieux.
  "- Bon, pour le sirop, passe enco', mais pour le reste, faut pas trop y compter!"
  Consciente de son rôle d'épouse et de soignante, la bonne ALINE veille à l'observation scrupuleuse de la prise de sirop...
  Le flacon de sirop "miraculeux" voisinait dans le petit placard derrière le poêle en faïence juste à côté de la bouteille de mirabelle. Il a beau être qualifié par le docteur de "bon sirop", le NICOLAS n'apprécie pas son goût qu'il trouve amer !
Alors à sa manière , il s'est soigné :                                                                                      "- Allez, c'est l'moment d'prendre le sirop là!". Il prend la cuillère de potion et hop, il recrache vite le sirop sur le plancher. Rien de tel, à son avis, que de prendre une goutte de mirabelle à la place!
Et pour les traces par terre ?
  "- Voyez ALINE, vol enco le peûh katz-lé qu'avo enco pissé ici. Ah! La manre bête !" (7) Innocent, et pour cause, le chat ronronne près du poêle en faïence. Et notre malade s'en est sorti de sa grippe!

  Sacré NICOLAS, va!...
             
                                                                          Jean SPAITE
   NOTES:
  (1) -RABOUROU : Nom masculin- patois lorrain. Le laboureur.
  (2) -Le GRAND JOURNAL  : Lieu-dit communal.
  (3) -La COOPETTE  : La Coopérative (U.C.L.-Union des Coopérateurs de Lorraine).
  (4) -Sainte SCHOLASTIQUE : Soeur de St BENOIT, née à NURSIE(v.480-547). Elle fonda un monastère de femmes près du mont CASSIN. Sa fête était le 10 Février.
  (5) -L'ALINE  " était aux cent coups". Expression lorraine : Inquiétude maximum.
  (6) -"J'ai tojo eu ma fôme avo mi c'name astour que j'vas changer". Lorrain : J'ai toujours eu ma femme avec moi, ce n'est pas aujourd'hui que je vais changer.
  (7) - "Voyez ALINE, vol enco le peûh katz-lé qu'avo enco pissé ici. Ah! La manre bête!". Lorrain : Vous voyez , ALINE, voilà encore le vilain chat-là qui avait encore pissé ici. Ah! La mauvaise bête! 

      Préçisons: Le portrait de NICOLAS concerne Nicolas MANONVILLER de FREMENIL (1875-1956)
     
Article écrit par Jean SPAITE et publié dans La REVUE LORRAINE POPULAIRE Octobre 2003 N° 174


dimanche, mars 25 2007

Fréménil et sa porte monumentale

FVPorteMonumentale01.jpg
  • La porte monumentale de FREMENIL (4, rue de la Prairie) fait partie des oeuvres remarquables en milieu rural de la vallée de la Vezouze que l'on peut admirer de Domévre sur Vezouze à Marainviller. Elles sont l'oeuvre de maîtres- maçons italiens qui les ont réalisées fin XVIIe, début XVIIIe siècle.
  • La porte de Fréménil est du type "Porte à colonnes". Elle a été réalisée pour la maison de Nicolas Manonviller (dit Nicolas de Manonviller) né en 1650 à Fréménil, marié en 1670 à Anne Carrier qui est morte à Fréménil le 1er août 1707.< br> De cette union sont issus 9 enfants dont Nicolas Manonviller "Bourgeois de Blâmont" né dans cette maison le 3 mars 1675. Cette demeure a abrité les descendants Manonviller jusqu'en juillet 1993 (et a vu la naissance de mon grand-père Albert Manonviller le 22 septembre 1870).
  • Pendant la première guerre mondiale, la porte a été fortement endommagée le 5/11/1916 par un obus allemand de 210, tiré depuis le château de Grandseille (entre Chazelles sur Albe et Verdenal- CD162) à 7 km de Fréménil. Un soldat français est tué, il s'agit de Pinguet du 8e Régiment d'Artillerie qui sera enterré au cimetière communal puis transféré au cimetière de Reillon.
    Les dommages de guerre insuffisants n'ont pas permis au propriétaire d'alors de reconstruire à l'identique, en 1920-1925, la porte monumentale de Fréménil.
  • Notre modeste village a perdu sa richesse car cette porte remarquable était la plus belle de toutes les portes sculptées de la vallée. Une inscription de cette oeuvre d'art à l'inventaire des monuments historiques serait souhaitable pour en assurer la préseravation, la conservation, et la remise en état. Ceci est valable également pour les autres portes monumentales de la Vallée de la Vezouze qui constituent un attrait indiscutablepour chaque commune ayant la chance d'en posséder. Un itinéraire touristique d'architecture spécifique pourrait être mis en place permettant une meilleure connaissance de ce patrimoine régional.

Cet article a été rédigé par Jean SPAITE et publié dans la Revue Lorraine Populaire No.197, daté d'Août 2007

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