LA BANVOIRE

La carte postale intitulée "Fréménil- Vue intérieure (1) L. Bastien,lib. Editeur, Lunéville" date de 1904.

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 Elle présente une scène rurale typique de l'époque avec ses tas de fumier (plus ils étaient importants, plus la fortune du cultivateur propriétaire était également importante !...), ses chariots lorrains avec la "cholotte" bien dressée, les faucheuses mécaniques avec les grandes dents de la lame latérale, dans un décor de maisons rurales avec leurs belles portes de grange arborant un linteau cintré en arc de cercle ou en anse de panier. Mis à part un personnage masculin situé en arrière plan non identifiable, nous avons quatre représentantes du village dont deux arborent fièrement la "halette" la coiffe lorraine protégeant efficacement du soleil. Elles sont de gauche à droite :

  • Marie GERBE
  • Jeanne VOINOT
  • Eléonore GLAUDEL
  • Mathilde GADEL épouse Camille MANONVILLER .

Nous sommes dans la rue de la Banvoire (aujourd'hui rue de la Prairie - voir l'article sur le nom des rues ) qui donne accès à la grande étendue herbagère "la prairie" située entre la Vezouze et le ruisseau d'Ahlan devenu "la Verdurette".  C'est avec Madeleine HOURDIAU (1898-1996) la fidèle mémoire du village ( voir l'article concernant cette habitante aujourd'hui disparue ) que nous avions eu l'avantage d'examiner cette carte postale de 1904 et de recueillir des renseignements pour la postérité .

A droite, en descendant vers la prairie, on remarque une petite construction en avancée de la voirie et située devant la ferme de la famille VILLEMAN. Quelle était donc cette petite maison si étrangement positionnée ?

Madeleine HOURDIAU était formelle : "Mais c'est la maison du "banwoah" autrement dit du gardien du ban, une sorte de garde champêtre. Son rôle était de compter les vaches et les moutons des différents propriétaires qui emmenaient leur troupeau paître dans la prairie. Le gardien était chargé de percevoir un péage au profit du seigneur, mais après la révolution cette taxe revenait à la commune. Madeleine HOURDIAU pensait que le poste de gardien du ban qui a duré plusieurs siècles a cessé au moment de la grande guerre 14-18, laquelle a bouleversé toute la vie du village.

Dans les années 1930-1940, Alphonse VILLEMAN propriétaire de cette construction l'utilisait pour abriter ses nombreuses oies, population animale traditionnelle de ce quartier de la "Banvoire". Nous avons retrouvé une photographie qui doit dater de 1947 et qui nous montre trois personnages dont Paul VILLEMAN (1928-2011) et son frère Bernard (1940-   ) avec au fond à droite, la maison du "Banwoah" encore debout. Ce doit être à la fin des années 50 que la-dite construction a été supprimée.

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La petite maison de la Banvoire, c'est encore une page d'histoire de notre village que nous avons évoqué avec vous, amis lecteurs.

Jean SPAITE      Avril 2014