Fréménil, un village lorrain

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Toponymie et histoire, personnages

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vendredi, janvier 24 2020

75 ème anniversaire de la libération du Camp d'Auschwitz

Le jeudi 23 Janvier 2020, le Président de la République, Emmanuel Macron, s’est retrouvé à Jérusalem pour y célébrer avec de nombreux chefs d’Etat le 75 ème anniversaire de la libération du camp d’extermination d’AUSCHWITZ.

Notre petit village a le triste privilège de compter trois de ses habitants morts en déportation - Vous pouvez en apprendre plus sur eux en lisant nos articles :

Il s'agit de :

  • René HENRY né le 29/11/1914 à Fréménil, mort en 1944 à Auschwitz à l’âge de 30 ans, après avoir séjourné à Dachau.
  • Marcel BUSSELOT né le 8/12/1920 à Fréménil, mort en 1945 à Auschwitz à l’âge de 25 ans, après avoir séjourné à Dachau.
  • André DELONNOY né le 13/5/1926 à Forbach?, mort en 1945 à Augsburg-Haunstetten à l’âge de 19 ans, après avoir séjourné à Dachau.

Rendons hommage à ces trois fréménilois morts dans les camps de déportation où ils ont enduré des souffrances hors du commun.

Il était de notre devoir d’avoir une pensée émue pour ces trois innocents morts loin de leur Pays , la France.

Jean SPAITE Janvier 2020

dimanche, janvier 5 2020

Les cheminots pendant la première guerre mondiale

PROLOGUE

Nous avons eu l’occasion de vous rapporter sur notre site “ la vie de personnages de nos villages “ dont voici quelque extraits :

La majorité des personnes évoquées faisaient partie du monde rural local.

Voyons maintenant d’autres personnages de cette époque si douloureuse : La vie des cheminots pendant la guerre 14-18.

UNE PAGE D’HISTOIRE, UNE PAGE DE VIE

Dans le cadre de l’histoire d’une part, puisque le récit qui va suivre se situe largement pendant la première guerre mondiale, mais aussi dans le cadre du chemin de fer, puisque nous verrons ce monde bien particulier des cheminots mobilisés sur place au service de la nation en guerre. En 1914, l’Entreprise ferroviaire doit faire face à l’énorme besoin de transport de l’armée : hommes, matériels, munitions, convois sanitaires et de ravitaillement.

Pour assurer ce service, le personnel ferroviaire est “mobilisé sur place” suivant la formule officielle : les mécaniciens et chauffeurs, les personnels des dépôts et des ateliers, les aiguilleurs, les personnels des gares, tout un monde qui va assurer la bonne marche de la grande entreprise ferroviaire nationale formée par les Compagnies de l’époque. Soulignons que ce n’est qu’en 1938 que sera créée la SNCF qui sera l’unique exploitant national.

Et rappelons qu’en 1914, le Nord comme l’Est de la France où vont se dérouler les combats, le mode de traction des trains était la vapeur,impliquant de lourdes locomotives chauffées au charbon et demandant un approvisionnement en eau pour produire la vapeur.

Rappelons également que la ligne Paris-Strasbourg a été mise en service en 1852 et a vu un maillage de lignes ferroviaires s’étoffer sur l’ensemble du territoire dans un but de desservir le reste du pays mais, après l’épisode regrettable de la guerre de 1870 se traduisant par la perte de l’Alsace Lorraine, de créer une desserte stratégique pour l’heure de la revanche, laquelle a sonné en 1914.

Voici maintenant une page d’histoire, une page de vie d’un cheminot à l’époque de la guerre 1914-1918.

En 1914, Paul PIERSON (1885-1974) était chauffeur au dépôt de CONFLANS-JARNY (54) à la Cie des Chemins de fer de l’Est. Il avait débuté à ce dépôt en 1903, affecté à la préparation de la mise à feu des locomotives, au nettoyage des machines et l’entretien des boîtes à fumées qui noircissaient généreusement le jeune opérateur, avait été son premier emploi. Ses parents cultivateurs avaient vu d’un mauvais oeil ce métier de cheminot éloigné de l’agriculture. Et pourtant, dès qu’il le pouvait, Paul Pierson à chaque repos de son travail de cheminot, allait courageusement participer aux travaux des champs pour aider sa famille.

En 1914, il était déjà un chauffeur roulant, marié et père de deux filles.

Dès la déclaration de la guerre, le dépôt de CONFLANS-JARNY est évacué et Paul Pierson se retrouve affecté au dépôt de TROYES (10). Pendant toute la durée de la guerre il va être employé à la traction des trains militaires chargés de ravitailler en hommes et en matériels les troupes du front de la Marne. C’était des trains de munitions, du ravitaillement en vivres, des permissionnaires, des blessés, des troupes fraîches, mais aussi des trains d’évacuation des civils habitant les zones avancées. Il faisait équipe avec un mécanicien qui, comme lui, venait de CONFLANS-JARNY et qui n’était autre que son beau-frère Paul PERNOT. C’était “ l’équipe des deux Paul”

Depuis le dépôt de TROYES, ils partaient pour un périple de huit jours d’affilées et parfois 15 jours de durée en double équipe, les menant dans les zones de REIMS, CHÂLONS s/Marne , Ste MENEHOULD, VERDUN, et souvent dans des lieux fort avancés sur le front puisque le convoi essuyait le feu de l’ennemi. Leur locomotive approvisionnée en charbon était accouplée à un wagon qui servait de logement pour la double équipe. Là aussi il fallait prévoir le ravitaillement des hommes. Quand le tandem mécanicien-chauffeur était en service, l’équipe de remplacement se reposait dans le wagon-logement. Il n’y avait pas d’heures pour pouvoir assurer les convois et on roulait jour et nuit. Le plus important était l’approvisionnement en eau et charbon de la locomotive.

La conduite des trains au plus fort de cette guerre était extrêmement dangereuse car les convois étaient particulièrement vulnérables. En plein jour, la locomotive se signalait par son panache de fumée, et en période de nuit la recharge du feu dans le foyer était très visible par l’ennemi déclenchant des tirs d’artillerie destructeurs.

La fin de la guerre a été accueillie avec soulagement et a permis à Paul PIERSON de retrouver la Lorraine. Passé mécanicien en titre, il a été affecté au dépôt de PAGNY s/ Moselle et pendant de longues années il a assuré la desserte voyageur omnibus du parcours PAGNY s/ Moselle, ONVILLE,THIAUCOURT la paix revenue.

Ses derniers trains relevaient du dépôt de METZ-FRESCATY. Il a pris sa retraite en 1935.

Paul_Pierson.jpg, juil. 2007

Paul PIERSON (1885-1974) à WAVILLE (54890) au lieu-dit "Bauland"

En arrière plan, le viaduc de 60m de débouché en 6 arches de 10m d'ouverture normale, chacune franchissant la rivière "Le Rupt de Mad" sur la droite et la RN52 bis au centre de la photo. Passage de la ligne 12, Nancy-Longuyon, sur laquelle Paul Pierson a souvent circulé.

EN GUISE DE CONCLUSION :

Réflexion sur le chemin de fer et les CHEMINOTS en guerre.

Nous venons d’évoquer une page méconnue de l’histoire de la première guerre mondiale. Elle a été écrite par ces modestes Cheminots qui ont assuré avec bravoure les transports indispensables dans des conditions dangereuses au service de l’Armée, au service de la Nation.

Beaucoup de ces hommes jeunes mobilisés ont perdu la vie et reposent dans les cimetières militaires.

Ne les oublions pas : Ayons une pensée pour toutes ces victimes de la première guerre mondiale.

Jean SPAITE Janvier 2020

lundi, décembre 16 2019

Saint Nicolas, le patron des Lorrains

Saint NICOLAS est le Patron des Lorrains.

Son jour de fête est le 6 Décembre de chaque année, et c’est dans la nuit du 5 au 6 Décembre que le Patron des écoliers vient dans chaque maison apporter des cadeaux aux petits lorrains …. s’ils se sont montrés sages !!!

Par le passé, nous vous avons présenté la fête de Saint Nicolas en la magnifique basilique qui lui est consacrée dans la bonne ville de Saint Nicolas du Port, où une cérémonie religieuse se déroule tous les ans. Voir notre article “ St Nicolas “ du 1er Décembre 2016. 

 Vous pouvez retrouver une vidéo sonore de cet événement rassemblant des milliers de Lorrains où le joyeux cantique est chanté à pleins poumons:

Saint Nicolas, ton crédit d’âge en âge
A fait pleuvoir tes bienfaits souverains
Viens couvre encore de ton doux patronage
Tes vieux amis les enfants des Lorrains.

Pour cette année, nous nous devons de marquer la Saint Nicolas en présentant deux vidéos :

Une première , par une comptine chantée par les enfants :

O grand Saint Nicolas patron des écoliers
Apportez-moi des pommes dans mon petit panier
Je serai toujours sage comme un petit mouton
Je dirai des prières pour avoir des bonbons

Venez, venez Saint Nicolas (Bis)
Venez, venez Saint Nicolas et tralala !

La seconde:   une vidéo du défilé de Saint Nicolas à Nancy sur la place Stanislas, avec la remise des clés de la ville au Saint Patron par le maire de Nancy lui-même.

Ces deux documents apportent le témoignage de la fidèle tradition de la Lorraine envers le saint patron qui fait partie de notre patrimoine.

Bonne Saint Nicolas à tous, petits et grands, et pour nos amis internautes qui, des quatre coins du monde, viennent visiter notre site.

Jean SPAITE   Décembre 2019 

mardi, avril 23 2019

Notre patois lorrain (24ème partie)

Patois_Lorrain.gif
  • Un NION                      :    Expression “ Il a reçu un nion “ → Un coup, un hématome.
  • Un FION (ou des Fions) :    Expression “ Elle envoie des fions” → Elle profère des paroles injustifiées, des paroles qui font mal, un reproche.
  • “C’est du PROPRE  ! “    :    Expression “ Eh bien, c’est du propre ! “ → Quel gâchis ! 
  • RABABOUER                 :    Verbe   Reprocher  → Remettre en place.
  • La RAFILOTTE               :   N F    Pierre émeri servant à aiguiser une faux ( elle repose dans un étui, souvent une corne de vache dans laquelle on a mis de l’eau)
  • La CONFIOTE                 :   N F   La confiture
  • COURSER                       :    Verbe  Courir après quelqu’un , poursuivre
  • COUVE-TE“                  :    Expression  →  Tais-toi
  • CRAILLER des Yeux “   :    Expression   → Ouvrir les yeux en grand, écarquiller les yeux.
  • La BABETTE                   :   La bonne du curé, la servante.

Jean  SPAITE     Avril 2019

mardi, mars 19 2019

L'école d'autrefois... il y a plus d'un siècle, à Fréménil

Au hasard des rangements, de vieux cahiers d’école viennent de tomber entre mes mains. Parmi ceux-ci, un exemplaire a retenu mon attention dans cet héritage de vieux papiers du début du siècle dernier. C’est avec surprise que j’ai pris connaissance du Cahier de Roulement, objet totalement inconnu de nos jours. Chaque jour de la semaine, il était tenu par un ou une  élève, puisque l’école était mixte.

Pour le bonheur des généalogistes on peut ainsi relever les noms de nos ancêtres avec leur âge à une date précise. Voici les noms des élèves de notre village de ce temps là : 

  • Mercredi 6 Décembre 1911    >  Marie GERARDIN âgée de 10 ans
  • Jeudi        7       “   ( C’est le jour où il n’y a pas d’école, donc pas d’élève mentionné )
  • Vendredi   8       “  ( L’élève a oublié d’inscrire son nom!!! )
  • Samedi     9       “                     >  Jeanne VILLEMAN     9 ans
  • Lundi        11     “   (Encore un nom oublié!!)
  • Mardi        12     “                     > Yvonne  CARRIER     10 ans
  • Mercredi   13     “                     > Jeanne  MASSON      10 ans
  • Vendredi   15    “                      > Emilienne  VILLEMAN  9 ans
  • Samedi     16     “                     > Henri  HEFTER           10 ans ½
  • Mardi        19     “                     > Marcelle MANONVILLER 12 ans
  • Mercredi   20     “                     >  Marie GERARDIN       10 ans
  • Vendredi   22    “                      > Henriette MANONVILLER  (11 ans)
  • Samedi     23     “                     > Josephine CARMENTRE  11 ans ½
  • Lundi        25     “   ( C‘est Noël , jour férié )
  • Mardi        26     “   (  Nom oublié )
  • Mercredi   27     “            “
  • Vendredi   29     “            “
  • Samedi     30     “                  > Jeanne VILLEMAN  11 ans ( elle avait  9 ans le 9/12 ?)
  • Vendredi    5 Janvier 1912       > Jeanne MASSON  10 ans
  • Samedi      6      -                     >  Alice CROUZIER  10 ans
  • Mardi         9      “                     >  Yvonne CARRIER  10 ans
  • Mercredi    10    “                     > Marcel  MANONVILLER (14 ans)
  • Vendredi    12     “                    > Henri HEFTER  11 ans
  • Samedi      13     “                    > Marcelle MANONVILLER  12 ans

Arrivé au terme de ce ”Cahier de Roulement“  inattendu, nous pouvons apporter les précisions suivantes pour situer le contexte en l’année 1911.

On relève 237 habitants en 1910 dans notre village, puis 240 habitants en 1913.

Nous sommes à l’époque du “trio” communal : Maire, Instituteur, Curé, qui est particulièrement respecté.

Attardons-nous sur l’instituteur.

Le “Maître d’école” représente le savoir.

C’est lui le “Hussard de la République” qui se révèle un combattant actif du patois lorrain  encore bien vivant devant la langue française à enseigner et à imposer !!

Il est chargé d’inculquer le Lire, Écrire et Compter, avec en supplément l’Histoire, la Géographie et les Sciences.  En monde rural, c’est l’époque de la classe unique : où  les petits, les moyens, les grands, avec des cours adaptés, vivaient dans la même classe.

Saluons ces dévoués membres de l’école publique qui préparaient en sortie de scolarité des jeunes qui savaient LIRE et ÉCRIRE, et fiers d’avoir réussi à 95 % leur CERTIFICAT d'ÉTUDES.  Et avec les leçons de morale et d’instruction civique, ils avaient un passeport de savoir vivre en Société.  Nos amis internautes qui connaissent bien l’école actuelle pour y avoir enseigné sont témoins du changement d’époque...  

Souvenons-nous aussi qu’à la période évoquée, les instituteurs du village étaient :

  • Joseph KRETZ  de 1905 à 1912
  • et Paul BALLAND de 1912 à 1914

Nous étions à 3 ans de la première guerre mondiale au cours de laquelle l’instituteur Paul BALLAND allait être tué le 19 Septembre 1914 à l’âge de 28 ans.

Saluons respectueusement ces dévoués acteurs de l’enseignement à qui nous devons tant.

Jean  SPAITE  Mars 2019

jeudi, mars 14 2019

Notre patois lorrain (23ème partie)

Patois_Lorrain.gif
  • MANRE     ( manrr’ )        :  Mauvais
  • Un CHECHE   ( chêch’ )    :  Un sac
  • Un CHECHOT ( chêchot’ ) :   Un petit sac, un sachet
  • Une QUEUMEROSSE (keumeross’) : Un ustensile de cuisine muni d’une queue, d’un manche
  • Un TOTEH’  ( totéh’ ou  toteille ) : Un récipient qui peut être une bouteille, un bol ou une soupière
  • Une BLANQUE  (ou une bablanque ) : Une loterie sur une fête foraine, un stand de tir ou de confiserie-  En terme général →> table formée d’un plateau en bois posé sur deux tréteaux , un étalage dans une brocante par exemple.
  • L’ ACCROCHOTTE  (N.F. )  :  Partie d’une serviette sous forme d’un anneau destinée à accrocher ladite serviette.
  • Un RATICHON  ( râtichon ) ( N.M.)  :  Se dit d’un reste de légume . Par extension, désigne un enfant au physique défavorable, peu agréable.
  • Ca BROUSSINE (ça broussine ) ( du verbe lorrain broussinner ). Pluie qui tombe sous la forme d’un léger crachin. Expression utilisée fréquemment en Lorraine.
  • RAMICHTOQUER  (râmichtoquer ) (Verbe ) : Réparer provisoirement - Souvent bricolage imparfait.
  • REBABOUILLER  ( rébabouiller ) (Verbe ) Répondre durement à une question - Dans le langage courant “ Remettre en place”. 
Jean SPAITE   Mars 2019

dimanche, janvier 20 2019

Notre patois lorrain (22ème partie)

Patois_Lorrain.gifNotre dernier article consacré au patois lorrain date déjà d’un an  (5 Janvier 2018)

Il est grand temps de faire revivre ce langage pittoresque qui nous ramène au siècle dernier où il était pratiqué couramment .

Voici quelques mots et expressions typiquement lorraines.

  • Aller DERVI DERVO  (dervine dervatte)  (expression)
    marcher de droite à gauche (suite à un abus d’alcool ? )
  • BOCQUESSER     (V.)
    Boiter
  • En FAIRE TOUT UN PLAT  (Exp.)
    Exagérer
  • RAMEUTER        (V.)
    Rassembler bruyament des gens
  • BLABLATER        (V.)
    Raconter des histoires, bavarder intensément
  • Des PANDELOQUES  (N.F)
    Perles qui pendent d’un lustre (en verre ou en cristal) ou d’un collier ou de boucles d’oreilles. 
  • Les COURILLOTTES  (ou couryottes)  (N.F)
    Lacets, ficelles
  • DEFRANDIE (défrandié)  (V.)  [ son gilet , il est tout défrandié]
    Tellement usé que les bords unis sont aujourd'hui en franges , en dentelles.
  • Un GAUMEU  ( ou gômeuh ) (N.M)
    Ustensile fait d’une casserole (vieille) équipée d’un long manche permettant de vider un gros récipient. Avant l’arrivée des WC dans nos villages on se servait d’un gaumeu pour vider le réservoir, la fosse fixe !!   Le mot gaumeu vient du nom gamelle,  nom vulgaire désignant un récipient de cuisine.
  • Des BACHONS  (bâchons)  (N.M)
    Planches en bois brut servant de plancher pour les porcs dans leur réduit (leur logement)
  • BASSOTER      (V.)
    Faire un petit travail , peu intéressant.
  • La  BOUDOTTE   (N.F)
    Le nombril
  • Un FLO    (N.M)
    Un ruban de fermeture d’un paquet .
  • Un  RAPIAT, une RAPIATE (rapiât  , rapiâte)   (N.F ou N.M)
    Un ou une avare.

Jean  SPAITE    Janvier  2019   

vendredi, décembre 28 2018

Photo mystère (Compléments)

Après un attentif examen de la photo-mystère, suite à une amélioration de la qualité du cliché, nous pouvons avancer :

020_003.jpg

  • Sur le soldat debout à l’extrême droite, on peut deviner (difficilement !! ) sur son col de vareuse le chiffre “ 217 ”.
  • Sommes-nous en face de soldats du 217éme Régiment d’Infanterie de GAP (Hautes Alpes) ?
    Voilà peut-être un indice pour cette photo-mystère.
    Peut-être allons-nous découvrir un jour l’identité de tous les personnages ?
C’était il y a plus d’un siècle…
Affaire à suivre…

Jean SPAITE Décembre 2018

jeudi, décembre 20 2018

Photo mystère

Notre fidèle ami historien régional René LOUBETTE habitant Bénaménil, nous a fait parvenir une énigmatique photographie en date du 19 Avril 1915 à Fréménil.

Sur cette photo, 6 personnages :

020_001.jpg

Le texte au verso :

Fréménil le 19 Avril 1915      Chère belle soeur

Je vous envoi ma photo . J’espère qu’elle vous fera plaisir et que malgré la guerre je n’ai pas trop maigri. Je ne sais qu’est-ce que fait Pierre. Il y a très longtemps que je n’ai pas eu de ses nouvelles. J’espère qu’il est toujours en bonne santé.

Mil baisers en attendant de nous revoir tous en coeur.

S P

020_002.jpg

Bien des questions et pas encore de réponse pour cette photo-mystère :

Première question : LES PERSONNAGES

L’auteur de l’écrit est présent sur la photographie, mais lequel est-ce ?

Il signe S P . Quel est son nom ?

Les personnages ont entre 20 ans et 30 ans, ce qui, en la présente année 2018 nous amène à des personnes qui seraient âgées de 123 à 133 ans. Il y a peu de chance de retrouver ces ancêtres encore vivants !!

En revanche leurs enfants, petits enfants, donc leurs descendants, s’ils ont l’occasion de voir cette photo, pourront peut-être reconnaître leurs parents…

Nous avons examiné la photographie pour essayer de déceler sur le col des vareuses ou sur les képis le numéro de leur régiment. En vain, le cliché est trop flou pour pouvoir découvrir ce détail.

En consultant nos archives, nous pouvons avancer qu’en  1914- 1915- 1916, donc comprenant la période Avril 1915, nous avons les noms de certains régiments stationnés à Fréménil, à savoir :

  • 14éme Dragons de Saint Etienne
  • 19éme Dragons de Castres
  • 28éme Dragons de Dijon
  • 10éme d’Infanterie d’Auxonne
  • 75éme d’Infanterie de Romans
  • 27éme d’Infanterie de Dijon
  • 1ére Cycliste de Limoges
  • 15éme Chasseurs à Cheval de Vienne
  • 11éme Hussards de Tarascon
  • 7éme Chasseurs alpins de Draguignan
  • 138éme d’Infanterie de Bruyères
  • 139éme d’Infanterie d’Epinal
  • 348éme d’Infanterie de Saint Dié
  • 257éme d’Infanterie de Lyon
  • 221éme d’Infanterie de Langres
  • 138éme d’Infanterie de Lyon
  • 217éme d’Infanterie de Gap
  • 335éme d’Infanterie d’Angers
  • 333éme d’Infanterie de Belley
  • 8éme d’Artillerie de Lunéville
  • 34éme d’Artillerie de Lyon
  • 37éme Territorial d’Auxerre
  • 11éme Territorial d’Auxerre
  • 168éme d’Infanterie de Toul
  • 4éme Génie de Grenoble
  • 10éme Génie de Grenoble
  • 14éme d’Artillerie de Tarbes
  • 21éme d’Artillerie d’Angoulême
  • 167éme d’Infanterie de Toul
  • 85éme Territorial de Cosme
  • 16éme Chasseurs à pied de Lille
  • 8éme Chasseurs à pied d’Amiens

Liste non limitative.

Les soldats de la photographie, et plus particulièrement l’auteur du message d’Avril 1915, étaient-ils originaires de St Etienne, Romans, Lyon, Angers ou Tarbes par exemple ?

C’est une des questions de la photo-mystère.

Deuxième question :  LE LIEU EXACT

La photographie n’offre que peu d’indices concernant le lieu exact où a été pris ce cliché “historique”.  

D’après le fond de décor, nous sommes devant un mur à pierres apparentes sans crépi. Ce n’est donc pas un mur de façade avant côté Rue; mais cela nous oriente vers un mur de partie arrière. Comme il apparaît ensoleillé, nous pouvons avancer qu’il s’agit d’un des murs arrières situés au Sud de la Grande Rue numéros impairs . Autrement dit, côté jardin.  

Et encore: après 103 ans, les murs des maisons ont subi des changements, voire des démolitions !!!     

Quelle maison existante à cette époque pourrait le mieux répondre à la question du lieu exact où a été prise la photographie ?

Une photographie pleine de mystère, vous en conviendrez.

A moins qu’un de nos internautes, ne reprenne l’enquête et nous fasse connaître ses découvertes.

C’est ce que nous souhaitons.

Et grand merci à René LOUBETTE qui nous a fait parvenir ce document d’histoire.

Jean  SPAITE  Décembre 2018

lundi, septembre 17 2018

Marie Colin, une page d'histoire

MColin1.jpgEn naviguant sur internet, j'ai retrouvé un écrit en date de Décembre 1998 et publié dans le N° 145 de la Revue Lorraine Populaire.

Devant l'intérêt suscité par cette édition, le texte a été accueilli sur notre site le mercredi 31 Mai 2006 sous le titre "Marie COLIN (1861-1949)".

Pourquoi s'en souvenir aujourd'hui après 20 ans de parution ?

Notre monde actuel est en plein bouleversement : tous les individus aspirent à une réussite matérielle, financière, en oubliant trop souvent la fraternité pour son prochain.

La vie de notre modeste héroïne débute fin du XIXéme siècle. 

Les conditions de vie de ce temps-là sont nettement différentes de ce que nous connaissons aujourd'hui. 

En ce temps-là on ignorait les allocations, les subventions, et pourtant on vivait en affrontant les misères, les conflits, les souffrances, la mort.

La vie de Marie COLIN, bien que ce soit un cas personnel, est un reflet d'une vie des gens de ce temps-là. 

Et en plus, elle nous retrace une période de la guerre 14-18 où les civils ont côtoyé les militaires, là en notre petit village, tout près du front pendant 4 dures années.  

A ce titre, au moment de la célébration du Centenaire du premier conflit mondial, il peut être utile de rappeler le rôle fraternel des civils auprès de ces soldats venus des 4 coins de la France pour défendre leur patrie.

Voilà une belle occasion de se souvenir de ces Aînés qui méritent notre respect.

JS  Septembre  2018

Vous pourrez retrouver cet article de 2006 en cliquant ici.

dimanche, avril 15 2018

Visite dans le passé

Les recherches dans les archives nous apportent des découvertes qui nous amènent à une meilleure connaissance de notre village.

Notre attention a retenu le recensement de la population de 1896 soit, il y a 122 ans.

A cette date la population totale de FREMENIL s'élevait à 236 habitants, dont 226 pour le village et 10 pour La Baraque. 

Les noms attribués aux rues étaient différents de ce que nous connaissons aujourd'hui (et les dénominations des quartiers, tout comme les désignations des maisons se révèlent variables d'un recensement à un autre !!!) 

En ce qui concerne le nom des rues, on peut citer:

  1. Sur la place
    qui correspond aux maisons autour de l'église, donc une partie de la "Grande Rue" actuelle en 2018 , ainsi que le début de la "Rue de la Prairie " actuelle [soit 13 maisons dont 1 inhabitée]
  2. Rue du Puits
    qui correspond aux maisons de la "Grande Rue" actuelle partie EST, avec notamment la Mairie-Ecole [soit 21 maisons dont 3 inhabitées]. Elle doit son nom au puits banal situé au carrefour du chemin du Bois (actuellement "Rue des Violettes")
  3. Grande Rue
    qui correspond aux maisons du quartier de La Banvoire, partie NORD de la "Rue de la Prairie" actuelle, avec la maison Manonviller et sa porte monumentale [soit 17 maisons dont 2 inhabitées].  Précisons que la-dite "Grande Rue" a été la première voirie du village qui a débuté vers l'an 1.000 (voir "Depuis combien de temps notre village existe-t-il ?", article du 28 Février 2012) à proximité du Ruisseau qui permettait l'approvisionnement en eau du village.
  4. Rue du Faubourg
    elle fait suite, direction OUEST, aux maisons Sur la Place avant d'atteindre le pont sur le Ruisseau de la Maxelle [soit 7 maisons] qui correspond à la partie centrale de la "Grande Rue" actuelle.
  5. Le Faubourg
    qui correspond à la "Grande Rue" actuelle dans sa partie finale côté OUEST [soit 15 maisons].

Plan de Fremenil en 1896

La plupart des habitants exerce les professions de vanniers (56) et cultivateurs (11). On note 5 rentiers, mais mise à part Marie-Barbe MENGIN 61 ans, Rue du Puits (actuellement 8 Grande Rue) dont la famille est riche sur plusieurs générations, on peut avancer qu'il s'agit pour les autres cas de retraités vivant de leur épargne ou effectivement de leur pension pour les anciens soldats.

Pour la population féminine, une majorité d'habitantes est annoncée comme brodeuses (40). Complétons par 1 tricoteuse, 2 couturières, 2 fileuses et 1 gantière. Notons que l'on signale des domestiques dans plusieurs foyers.

Pour les autres métiers exercés, on trouve :

  • HEFTER Nicolas Adolphe 54 ans exerce avec son épouse née ROUSSEL Rose Delphine 47 ans la profession de cabaretier, Rue du Puits (actuellement 26 Grande Rue).
  • MANONVILLER Eugène 30 ans également cabaretier, Rue du Faubourg (actuellement 30 Grande Rue).
  • BENOIT Victor 38 ans boulanger, Sur la Place (actuellement 3 Rue de la Prairie).
  • ROUSSEL Auguste 66 ans menuisier, Rue du Puits (actuellement 3 Grande Rue).
  • DALENCONTE Victor 56 ans cordonnier, Rue du Puits (actuellement 11 Grande Rue).
  • VOINOT Alfred 39 ans cordonnier, Le Faubourg (actuellement 29 Grande Rue).
  • FLAVENOT Nicolas Augustin 61 ans maréchal-ferrand, Rue du Faubourg (actuellement 32 Grande Rue).
  • HOUILLON Clément 74 ans coquetier, Le Faubourg (actuellement 31 ? Grande Rue).
  • CHATEL Auguste Adolphe 52 ans marchand vannier, Le Faubourg (actuellement 44 Grande Rue). 
  • MASSON Auguste 59 ans buraliste, Grande Rue (actuellement 12 ou 13 ? Rue de la Prairie).
  • GERBÉ Aimé 46 ans berger communal, Grande Rue (actuellement ? Rue de la Prairie).
  • QUIL Joseph 46 ans agent d'assurance, Rue du Puits (actuellement 14 Ouest Grande Rue).  
  • KRETZ Joseph 41 ans instituteur, Rue du Puits, Mairie-Ecole (actuellement 22 Grande Rue).

Autre précision: Le nouveau cimetière, Route d'Ogéviller, est ouvert depuis 1887 (donc depuis 9 ans) mais il y a encore des tombes dans le cimetière primitif autour de l'église.

Ce petit voyage dans le passé, à 122 ans de distance, va peut-être vous permettre de découvrir un ancêtre, ou un homme de métier habitant au XIXe siècle la maison que vous occupez aujourd'hui.

Bonne découverte de cette page d'Histoire.     

Jean SPAITE   Avril 2018  

samedi, février 24 2018

Petite histoire de la Lorraine

Nous avons eu souvent l'occasion de vous parler de "La Nouvelle Revue Lorraine" (31/3/2016- 8/10/2015- 6/2/2014- 8/11/2011- 21/6/2010- 4/4/2011- 4/12/2009- 25/3/2007 etc..)
Articles à retrouver en cliquant ici.

Cette belle revue richement illustrée s'est donné comme objectif de nous présenter des articles intéressant le Terroir, l'Histoire et les Traditions. Nous vous en conseillons la lecture.   

Dans son dernier N° 48- 1er Trimestre 2018, vous découvrirez entre autre une "Petite histoire de la Lorraine" sous la plume de Jean-Marie CUNY (pages 34 à 47). Avec 7 chapitres, l'auteur a le mérite de faire découvrir notre belle province sous les volets divers:

  • La Lorraine.
  • Français ne puis, Allemand ne veux, Lorrain je suis.
  • Lorrain d'abord ! Français toujours !
  • Qu'est-ce que la Lorraine aujourd'hui ?
  • Particularités de Lorraine.
  • Arts et Musées.
  • Economie lorraine.
  • Chronologie utile : De la Lorraine Ducale à la Véme République.

Loin des grands exposés historiques, voici une manière alerte, à la portée de tous, de découvrir pour certains, de rappeler pour d'autres, une photographie inédite de notre beau pays.

Les autres articles présentés dans ce N° 48 de la belle revue ne sont pas moins intéressants et ont toujours comme dénominateur commun la connaissance de notre province.

Bonne lecture aux amoureux de la Lorraine.

Pour mémoire:   Prix du N° 10,50 Euros + 4,00 Euros port.

" La Nouvelle Revue Lorraine"
Le Tremblois
54280 LA NEUVELOTTE   

Abonnement (4 Numéros par an)  38,00 Euros.

Jean  SPAITE  Février 2018   

lundi, janvier 8 2018

Hommage à une personnalité lorraine : Jean LANHER

jean-lanher.jpgC'est avec émotion que nous avons appris le dècés jeudi 4 Janvier 2018 à l'âge de 94 ans de Jean LANHER Professeur d'Université de Lorraine .

Né à Montmédy (Meuse) dans une famille d'agriculteur, il est resté toute sa vie en relation étroite avec le monde paysan.

Professeur d'Université à la Faculté de lettres de Nancy, il s'était donné une spécialité de faire connaître les richesses du patois lorrain quelque peu oublié de nos jours.  On lui doit un Atlas linguistique et ethnographique de la Lorraine romane en collaboration avec Alain LITAIZE et Jean RICHARD, mais aussi un Dictionnaire du français régional de Lorraine paru en 1990 qui fait référence. Admis à la retraite en 1993, il avait poursuivi ses conférences et donnait également des cours à l'Université de la culture permanente.

Rappelons qu'au début du XXéme siècle, les patois régionaux pratiqués dans chacune des provinces avaient fait l'objet d'une guerre linguistique menée par les "maîtres d'écoles" obéissant à Jules FERRY pour étendre le français à tout le pays. Les écoliers d'alors étaient punis s'ils parlaient le patois alors que, lorsqu'ils rentraient à la maison, leurs parents et surtout leurs grand-parents pratiquaient toujours le patois chez eux.

C'était le temps du certificat d'études oublié de nos jours !!

Nous constatons que la langue française qui devait régner dans toute la nation se trouve aujourd'hui menacée par des altérations parasites. Mais ça, c'est une autre histoire !!

Un souvenir personnel me revient en mémoire. Il date des années 1960-1970. A l'issue d'une des conférences de Jean LANHER, nous avions dialogué avec passion sur des mots de patois lorrain. Suite à la demande de Jean LANHER, je proposai le verbe "châcher" qui signifie tasser à l'aide de ses pieds. Quand on rentre le foin, on le monte au grenier, et, pour gagner de la place, réduire le volume, on le tasse en marchant dessus. Cette tâche était souvent dévolue à la jeunesse et se traduisait par une belle gaieté !

Parmi les acteurs du dialogue improvisé par Jean LANHER se trouvait le Père BRANDICOURT (1) ardent défenseur du patois lorrain mais également expert en latin. Et le Père BRANDICOURT nous rappela que le verbe lorrain "châcher" avait des relations latines avec "les jambes". Donc pour "châcher" le foin on utilise ses jambes.  Ainsi nous constations que notre patois lorrain avait des racines latines.

Rendons hommage à Jean LANHER qui a permis de faire connaître "notre patois lorrain" et même d'une certaine manière de le faire revivre.

A ce titre, il devait figurer avec honneur sur notre site.

 (1)  Le Père BRANDICOURT.  Personnage religieux bien connu dans toute la Lorraine. Jésuite il était aumônier à la prison Charles III de Nancy mais s'était révélé un créateur de talent du Théâtre de marionnettes sacrées de Nancy. Il avait été ordonné prêtre en 1931. Sa parfaite connaissance de la Lorraine se révélait dans ses réparties aux accents du terroir : Il savait parler le patois.

Jean  SPAITE  Janvier 2018

Crédit photographique : l'Est Républicain du Samedi 6 Janvier 2018

vendredi, janvier 5 2018

Notre patois lorrain (21ème partie)

Patois_Lorrain.gif

  • Un ZIGZORNIFF  N.m.  Une signature illisible, un gribouillis
  • Un TREUBEUH    N.m.  Voiture automobile très ancienne qui fait beaucoup de bruit(teuf-teuf), qui peut souvent tomber en panne, mais qui repart bientôt, qui ne va pas vite, mais qui, malgré tout, marche toujours !
  • MISS'TOUFFLE  (Une, des )   Vient de "emmitoufler" déformé en "emmistoufler"; se recouvrir pour se protéger du froid: des gants ou des moufles en laine pour les mains, un bonnet et une écharpe pour la tête. "Par le temps-là, on a mis des miss'touffles"
  • Un BOCK-NIQUE  N.m.  Situation, quelque chose d'embrouillé, pas clair." Le gamin-là, il a fait un tel bock-nique, je n'vous dis pas! "
  • Etre chargé A MITRAILLE    Expression souvent utilisée en Lorraine. Signifie être lourdement chargé, avec un bagage d'un poids important.
    Rappel de la guerre 14-18 où les soldats approvisionnant les mitrailleuses portaient sur les épaules les bandes de balles de mitrailleuses (la mitraille), d'un poids important.
  • BARZINGUE                  Expression lorraine argotique.
          1) " Filer à tout barzingue "    Aller à grande vitesse, rouler vite.
          2) " Faire du barzingue "        Faire du bruit.
  • Un RENGUENAH   N.m.   Déformation de "renguenard" Personnage qui répète toujours la même chose, les mêmes sujets, la même rengaine.
  • MAL FOUTU                     Expression : mauvaise réalisation d'une construction.
  • Etre FOUTRAILLE (foutraillé)  Expression : être en mauvaise condition physique mais avec une présence de fièvre,début de maladie, cause d’inquiétude. 
  • MARONNER       Verbe        Regretter, être déçu.
  • FICHU      Variation sur le mot FICHU.
    Le mot FICHU mérite une certaine réflexion.
    - En temps que nom commun, il signifie une pièce d'étoffe, de laine par exemple, pour protéger la tête d'une femme. "Elle avait un fichu sur la tête".  Mais le fichu peut être utilisé autour du cou, en modèle léger il devient un foulard dont le plus célèbre modèle est le foulard HERMES d'un style évident, assez cher, et qui n'était pas employé dans nos campagnes aux budgets modestes !!
    - Le FICHU  se retrouve comme adjectif:   Il correspond à mauvais > " Il a un fichu caractère" .
                                                                  Ou a une finalité       > " C'est fichu"- "Il est fichu".  Dans l'expression "Il est mal fichu", cela correspond à une mauvaise condition physique passagère.   On peut retrouver l'adjectif fichu dans "C'est mal fichu" qui signifie une mauvaise réalisation dont le synonyme argotique lorrain est: "C'est mal foutu".
    Ainsi, l'étude inattendue d'un mot courant, nous permet d'en dévoiler toutes ses richesses...  

Jean  SPAITE  Décembre  2017

jeudi, décembre 14 2017

Au temps du tacot (LBB)

F23.jpg
Nous avons eu souvent l'occasion sur ce blog de vous parler du Tacot, de sa gare de Fréménil et de ses occupants :

Pour les premiers occupants des lieux, nous avons évoqué Mlle Germaine KREMER, première Chéfesse de gare, avec son tablier blanc sur la carte postale de 1911 de Mr BASTIEN libraire éditeur à Lunéville. Cette identité nous a été donnée par des fréménilois de l'époque qui avaient connu l'inauguration de la ligne de Lunéville à Blâmont et à Badonviller et qui l'avaient emprunté avec bonheur à partir du 26 Juin 1911, date d'ouverture au public.

Une récente incursion dans les archives départementales concernant les recensements des populations nous a permis de compléter la liste des occupants de la gare du Tacot à Fréménil. Voici le fruit de cette démarche officielle : 

1) Recensement 1911 de Fréménil - Réalisé le 15 Mars 1911. A cette date la gare, construite par l'entreprise RIZZI de Bénaménil est considérée comme "maison inhabitée".

2) Recensement 1916- Ce recensement n'aura pas lieu puisque nous sommes en état de guerre depuis Août 1914 jusqu'à Novembre 1918.

3) Recensement 1921- Les occupants de la gare sont : 

  • CRONER Paul , 31 ans, né en 1890 à Cirey sur Vezouze - Cantonnier  LBB
  • CRONER Victorine, 22 ans, née en 1899 à Nancy        - Receveuse   LBB

4) Recensement 1926- Les occupants de la gare sont :

  • BAJOLET Alfred, 29 ans, né en 1897 à Loromontzey              - Cantonnier  LBB
  • COSTEL  Marie (son épouse) 29 ans, née en 1897 à Marainviller - Receveuse   LBB   

5) Recensement 1931- Les occupants de la gare sont :

  • BAJOLET Alfred, 34 ans, né en 1897 à Loromontzey                 - Cantonnier  LBB
  • COSTEL  Germaine (son épouse) 34 ans, née en 1897 à Marainviller - Receveuse   LBB

6) Recensement 1936 - Les occupants de la gare sont les mêmes qu'en 1931 et sont agés de 39 ans.

Nous n'avons pas les renseignements du recensement 1941, les occupants sont alors agés de 44 ans.

Nous rappelons que le chemin de fer LBB a cessé son activité le 1er Septembre 1942 pour le service des voyageurs et le 15 Septembre 1942 pour le service des marchandises.

Le couple Alfred et Germaine BAJOLET est resté par la suite dans la gare comme locataire puisque le bâtiment a été acheté par la commune en 1946 pour la somme de 18.OOO Francs. 

Marie, Germaine BAJOLET née COSTEL est décédée le 25 Juillet 1969 (72 ans)

Alfred, Pierre BAJOLET est décédé le 24 Mars 1975 (78 ans)

Conclusion : 

Avec ce rappel des recensements successifs nous avons évoqué les cheminots en place dans notre village où ils ont écrit à leur façon une page d'Histoire "au Temps du Tacot" ....

Jean  SPAITE   Décembre 2017

dimanche, décembre 3 2017

Notre patois lorrain (20ème partie)

Patois_Lorrain.gif

  • HARQUER           V.    : Marcher péniblement.
  • JANDOLER          V.    : Aller de droite à gauche en marchant ; personne ivre.
  • Ch'sais t'y d'belle moué !  :  Expression lorraine " Est-ce que je sais moi ! "
  • Un FOUTU machin   Adj.  : Une affaire, un projet détestable . Expression dédaigneuse.
  • Du FOURBI         N.M.  : Familièrement une affaire encombrante " Quel fourbi le machin là".
  • Les OREMUS        N.M.  : Les discours.
  • Je n'srome fiante hinlet    :  Expression lorraine " Je ne serais pas confiante ainsi" 
  • DÉMANTIBULER      V.    : Démonter, détruire.
  • Un BEURRA         N.M.  : Un beurra est un bélier . Personnage têtu.
  • ASTOUR                  : Littéralement " A cette heure" , traduisez : Aujourd'hui.
  • Des MANIGANCES          : Manières, procédés douteux.
  • NAN-NAN                 : Un nonchalant , qui fait tout lentement.

Jean  SPAITE   Décembre 2017

vendredi, octobre 27 2017

Notre patois lorrain (19ème partie)

Patois_Lorrain.gif

La dernière fois que nous vous avions parlé du patois, c'était pour vous informer d'une initiative réalisée à l'école de MOIVRONS et portant le titre "Le patois lorrain en 10 leçons" (article du 30/01/2016). Ainsi les petits lorrains d'aujourd'hui ont la possibilité de découvrir le parler des lorrains d'hier ! Beau programme qui mérite d'être continué.  De notre côté, très modestement, nous œuvrons aussi pour faire connaître, redécouvrir peut-être, ces mots, ces expressions qui étaient pratiqués par nos ancêtres et qui font partie de l’Histoire d'une province.

Justement, nous avons "raclé les fonds de tiroirs" (voir ci-après) pour retrouver des mots, des expressions oubliées. Découvrons ensemble :

  • RACLER LES FONDS DE TIROIRS  Expression  : Faire appel à des souvenirs oubliés.
                                                                                 Gros efforts pour sortir ses maigres économies.
  • MEUGNIOU (ou mogniou)   n.m.  : un garçon difficile pour la nourriture
                                             au féminin: une meugniouse (môgniouse)
  • NEREUX   (ou nareux)    n.m. : un néreux est une personne délicate, méfiante sur l'alimentation ou sur la présence de son voisin, qui ne veux pas se salir, dégouté.
                                         au féminin: une néreuse (nareuse)
  • TOMBER EN ARRIERE-DOS    Expression typiquement lorraine : Faire une chute sur le dos.
  • BANWOIH (ou banvoua, banwah) n.m. : le garde champêtre
                                                       étymologiquement : le gardien du ban (ban = propriété seigneuriale ou communale) (ward = du germain , warden : garder)
  • FIARANT                  n.m. : personne fière, orgueilleuse, dédaigneuse
                                             ou personne qui sent mauvais.
                                   au féminin une fiarante.
  • FLAGADA                 adj. : état d'une personne faible, fatiguée.
  • Le BAMBOUR           n.m. : mot affectueux des mamans pour désigner le ventre de leur bébé.
  • La MEUROTTE          n.f.  : mélange de préparation pour les beignets
                                            ou sauce vinaigrette pour la salade.
  • La MIGAINE             n.f.  : mélange d’œuf et de crème répandu sur les quiches.
  • FIEUR'H                  adj.  : fier, aigre, acide.
  • CHMECKER (ou chméquer)   verbe  : sentir mauvais.
  • CHMOQUER             verbe : chercher avec insistance, comme un chien qui renifle une piste.
  • FEUGNIER               verbe : fouiller dans les affaires
                                  expression "Qu'est-ce qu'il vient feugnier ici celui-là"
  • CAILLER                  verbe  : geler
                                  expression "ça caille ici!" (il fait froid)
  • CHLASS                  n.m.   : un couteau.
  • CLANCHER              verbe  : ouvrir une porte " on clanche la porte"
                                  expression typiquement lorraine
  • HARQUINAH'           n.m. : personnage qui grimpe partout, sans prudence, faisant fi de la sécurité, imprudent.
  • GÂG                     prononcer gah-gah adj. : à l'abandon
                                 expression:" La maison était tout au gâgâ" portes ouvertes, toute abandonnée.
                                 à ne pas confondre avec GAGA : qui a perdu la raison.
  • MOUTIAH               n.m.  : mélange alimentaire peu agréable dans sa présentation,peu appétissant, pouvant provoquer des coliques.
  • GURGUEMUSE      n.f.     > mélange alimentaire plus agréable, plus appétissant que le précédent mais pouvant aussi provoquer des coliques.

Jean SPAITE     Octobre 2017

jeudi, mars 16 2017

Photo de la 2éme DB de Leclerc, prise à Fréménil

Nous vous avons récemment présenté une photographie de notre village vieille de plus d'un siècle ( article du 25/02/2017: Vieille photo de la maison de Camille MANONVILLER ). Poursuivons notre quête dans l'Histoire.
CharShermannFremenil441107.jpg
Nos recherches dans le temps passé nous amènent à vous présenter une belle photo prise au cours de la deuxième guerre mondiale dans notre village.  Nous sommes le Mardi 7 Novembre 1944 dans le quartier du Faubourg. Le photographe militaire, le Lieutenant Michel de MISCAULT, doit se positionner à proximité du N° 33 de la Grande Rue (là où habite actuellement Mr et Mme Philippe DOIZENET). Il tourne le dos à BENAMENIL et regarde vers le centre du village où l'on reconnaît le clocher de l'église St Pierre qui dépasse de l'ensemble des toitures. Un char SHERMAN est bien visible sur la droite, près du N° 31 (là où habite actuellement Mr et Mme Patrick LOUIS-CASTET). Sur la partie gauche de la Grande Rue, un autre char SHERMAN est stationné entre les N° 34 et 36.

Que nous apprend ce document historique ?

  • Depuis le Mardi 3 Octobre 1944, la population de FREMENIL a été évacuée, chassée de son village par ordre des Allemands. Les pauvres "Piquants" sont partis du côté de BLAMONT et de CIREY sur Vezouze, laissant la place à la WEHRMACHT qui résiste face à nos Libérateurs. Les habitants ne pourront retrouver leur village enfin libéré mais meurtri, pillé, que le Vendredi 24 Novembre 1944.
  • Mardi 31 Octobre 1944 la 2ème DB libère BACCARAT.
  • Mercredi 1er Novembre 1944, prise de PETTONVILLE puis d'HERBEVILLER.
  • Vendredi 3 Novembre, le 4éme escadron de la 2ème DB se porte à l'Ouest de FREMENIL.
  • Mardi 7 Novembre l'escadron est cantonné dans la partie Ouest du village, donc le quartier du Faubourg. A cette même date, de l'autre côté de la Vezouze, le village de DOMJEVIN est tenu par les Américains, cependant que toujours chez nous à FREMENIL il tombait une ou deux fois par jour quelques obus allemands surtout sur la place de l'église. On peut situer les impacts de ces bombardements sur les maisons de la Grande Rue N° 28 (maison Camille MANONVILLER-aujourd'hui Marcel HENRY) et N° 20 (maison HUMBERT puis Henri VOUAUX - aujourd'hui Yan LECLERC).

Le lendemain Mercredi 8 Novembre vers 11 H 30, trois ou quatre obus ennemis tombent encore sur la place de l'église causant la mort du sous-lieutenant VAUTRIN. On peut penser que ce sont ces bombardements successifs qui ont occasionné la destruction par les déflagrations de tous les vitraux de l'église St Pierre. Et en ces journées de Novembre 1944, les soldats de l'armée LECLERC notent le débordement de la Vezouze dans la prairie, phénomène que nous connaissons encore de nos jours.

Et la marche victorieuse s'est poursuivie en direction de STRASBOURG libérée effectivement le Jeudi 23 Novembre 1944.  C'était HIER....


Une nouvelle fois, la découverte d'une photographie nous a permis de faire un voyage dans le passé et a mieux connaître l'histoire de notre village.


Jean  SPAITE     Mars 2017

Crédit photographique : Cette photo est issue d'un récit illustré de la campagne 44 du Lieutenant Michel de MISCAULT (12e RCA / 4e escadron / 3e peloton de la 2e DB) publié sur le site 2db.forumactif.com 

Nous n'avons retenu que la photo concernant Fréménil mais je vous encourage vivement à consulter ce passionnant journal de marche qui vous conduira de Bournemouth, en Angleterre le 24/7/1944 jusqu'en Allemagne (Schondorf-am-Amersee) le 10 mai 1945. Le Colonel Michel de Miscault s'est éteint le 11 mai 2015.

Soeur Marie Saint François, fidèle à son église

Soeur_Benoit_01.jpg Les anciens du village l'ont connue sous le nom de Madeleine BENOIT. Elle a passé toute son enfance à FREMENIL. Elle aimait beaucoup son village et particulièrement son église où elle avait eu la révélation de sa vocation religieuse. Oui, elle le savait, elle serait "Chère Sœur".

Elle quitte son village en 1951 à l'âge de 39 ans pour entrer au couvent de la Visitation à NANCY situé à la Cure d'Air Saint Antoine qui domine toute l'agglomération avec une vue magnifique sur les tours de la basilique de Saint Nicolas du Port et, à l'horizon, la ligne bleue des Vosges. Dans son livre de prières elle a précieusement rangé quelques photos de l'église de son enfance. Que de fois elle les a regardé, et elle a prié pour son village, pour son église.

En 1989 le couvent de la Visitation de NANCY quitte la Cure d'Air Saint Antoine pour se regrouper avec les Sœurs de la Visitation Sainte Marie dont le monastère se trouve au bord du lac Léman à THONON les Bains (74200 Haute Savoie). Soeur Marie Saint François au fil des ans va poursuivre sa vie religieuse faite de prière et de travail. Malgré la distance elle n'oublie pas sa Lorraine natale et retrouve avec émotion les photos de son église de FREMENIL.

C'est en 1995 qu'elle décède à l'âge de 89 ans. Elle est inhumée avec ses consœurs au cimetière du couvent.

Nous avons le privilège de conserver les photographies si souvent contemplées par Madeleine BENOIT, Sœur Marie Saint François de la Visitation, toujours en pensée avec son village, avec son église. C'est une bénédiction de vous faire partager ces documents souvenirs exceptionnels.

EgliseFremenilSoeurMarie01.jpgEgliseFremenilSoeurMarie02.jpgEgliseFremenilSoeurMarie03.jpg

EgliseFremenilSoeurMarie04.jpg

Ayons une pensée émue pour cette figure chrétienne, originaire de chez nous.

      PRIERE :

      Puisque le monde d'ici bas ne bouge pas
      concernant les travaux de rénovation de notre église,
      adressons-nous au-delà.
      Demandons humblement à "la petite Chère Sœur de chez nous",
      elle qui aimait tant la petite église de notre village,
      d'intervenir pour qu'ENFIN soit réalisée
      la remise en état du lieu.

      Pour mémoire, rappelons que cela concerne la toiture,
      les murs extérieurs et intérieurs, les trous et fissures au plafond,
      les réparations de la chaire à prêcher XVIIIe siècle ainsi
      que le tableau de St Pierre classés MH,
      le hall d'entrée sous le clocher,
      sans compter les multiples dégradations du local d'étage au dessus de la sacristie,
      la réfection des enduits extérieurs du clocher
      comme du reste de l'édifice communal.
      D'avance MERCI,
      AMEN.

 NOTA :
  1) Remercions Mme Annie HANRIAT (née BENOIT) de Pont à Mousson qui a eu la gentillesse de nous procurer les documents photos illustrant cet article.
 
  2) Voir également sur notre site les articles suivants:


Jean Spaite - Mars 2017

samedi, février 25 2017

Vieille photo de la Maison de Camille MANONVILLER

C'est une vieille photographie jaunie par les ans et sa présentation "sépia" est oubliée de nos jours.

Elle se situe Grande Rue au N° 28, son propriétaire actuel est Marcel HENRY dont le grand-père Camille MANONVILLER était propriétaire de la maison en 1900, époque où a été pris le cliché.

Maison_Manonviller_1900.jpg
Si l'on examine les trois personnes figurant sur le document, on découvre au premier plan :
  • Germaine MANONVILLER (1894-1936) âgée de 6 ans. Elle sera la première épouse de René HENRY (1893-1975) cultivateur, et elle sera la mère de Marcel HENRY qui habite toujours à FREMENIL en ce XXIème siècle.
Au second plan on trouve de gauche à droite :
  • Maria HEFTER (1880-1950) âgée de 20 ans à l'époque. Elle est la fille cadette d'Adolphe HEFTER cafetier-aubergiste-boulanger habitant la maison voisine, à droite de la photo (au N° 26 de la Grande Rue). Maria HEFTER sera l'épouse d'Henri BENOIT (1886-1960) qui exploitera le-dit café par la suite.
  • Mathilde GADEL (1867-1910) âgée de 33 ans à l'époque et épouse de Camille MANONVILLER (1864-1945). Elle est la mère de Germaine MANONVILLER présente au premier plan et donc la grand-mère de Marcel HENRY.
Maison_Manonviller_2017.jpg
On pourra comparer le document du début du siècle dernier avec la photo récente représentant la même maison marquée par les ans et actuellement inhabitée. On notera que l'arc en anse de panier de la porte de la grange a disparu remplacé par un linteau horizontal. A gauche, l'échappée vers le quartier de "la Banvoire" est toujours marquée par l'avancée d'un ancien four. Sur le cliché de 1900 en arrière plan on aperçoit la silhouette d'un arbre dépourvu de son feuillage, qui est planté entre les maisons. Sur la photo récente cette plantation a disparu.

Un siècle après, la vieille photo de la maison de Camille MANONVILLER nous a permis de faire un voyage dans le passé.

Jean  SPAITE   Février  2017

Sources photographiques :
  • La photo contemporaine est issue de notre fonds personnel
  • La photo du début du siècle dernier provient du site Blamont.info qui propose une passionnante série de cartes postales anciennes, notamment sur Fréménil (voir le site)

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