Blockhaus Fréménil, selon DelormeTout le monde le sait : Actuellement, nous sommes en pleine commémoration du centenaire de la guerre 1914-1918.

Ce premier conflit mondial a vu converger sur la frontière Nord-Est de notre pays les soldats mobilisés venus des quatre coins de la France et beaucoup ont donné leur vie pour que nous puissions vivre en paix. Il est tout à fait légitime de ne pas laisser cette douloureuse période sombrer dans l'oubli. Avec leur courage, avec leur sang, nos poilus, qui sont nos ancêtres, ont marqué notre terre lorraine de leur empreinte. Beaucoup reposent dans nos cimetières avec la mention "mort pour la France". De par nos communes, on rappelle leur histoire glorieuse : ici une fortification, des monuments, là des casques, des fusils et des balles, et puis des récits, des livres, des conférences, des photographies, des lettres aussi.

Cette vague d'émotion ne devrait pas laisser insensible notre propre commune qui possède en son lieu deux vestiges de la guerre 14-18; à savoir, les blockhaus Ouest et Est de part et d'autre de notre petit village. Ces monuments militaires méritent une mise en valeur alors qu'ils offrent pour le moment une figure d'abandon. Ces postes fortifiés de mitrailleuses constituaient une garde défensive du village complétée par ailleurs par un réseau de tranchées. En ces temps de danger, proche des premières lignes du front, le village abritait, outre la population restée en place, un nombre important de soldats prêts à monter au combat, mais aussi un poste de secours avec infirmerie accueillant des blessés.

Il y avait une communion entre ces acteurs de la guerre : ces troupes armées et les habitants du village dont les maisons lorraines constituaient leur abri. La paix revenue, les échanges de correspondances, les visites respectives, ont témoignés de l'importance des moments tragiques vécus ensemble dans notre petite commune.

Il restait en souvenir ces vestiges fortifiés qu'étaient les blockhaus bâtis dans bien des efforts par ces soldats avec le sable et le gravier du territoire local. Avec le temps, au fil des années, le fier souvenir témoin du passé s'est traduit par un abandon. Le blockhaus Ouest cohabité par des veaux et des arbres qui viennent mourir sur ses flans. Son frère fortifié à l'Est déjà marqué par une position inclinée, sombre dans l'indifférence sous une abondante végétation faite de ronces, d'orties, d'aubépine.

Quel spectacle affligeant en cette époque de célébrations du centenaire de la guerre 14-18 où, par d'éloquents discours, on rappelle la mémoire de tous ces braves ancêtres qui se sont battus pour défendre leur patrie, et que l'on oublie ces monuments fortifiés, témoins de leur dur travail, laissés à l'abandon.

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Il est grand temps que les édiles locales, les responsables du département et de la région se décident pour réparer cette attitude ingrate. Le réveil doit être sans délai. Nous attendons des actes au nom de nos chers soldats de 14.

Jean SPAITE    Mai 2014

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