Broderie_Manonviller_Etiquette.jpgSous la plume de Marc GABRIEL, auteur bien connu dans notre région du Lunévillois, un article documenté est paru dans la Nouvelle Revue Lorraine d'Août-Septembre 2016- N°39 pages 16 à 20.
Il s'agit de " La broderie perlée en Meurthe et Moselle avant la Grande Guerre".  Si l'étude porte sur BENAMENIL, MANONVILLER et DOMJEVIN, elle s'étend aussi sur la production de broderie du Saintois : DIARVILLE.

En ce qui concerne notre village, l'auteur évoque la Maison Félix ADAM qui "ramassait le travail" de broderie perlée sur FREMENIL. Moins connue que la broderie perlée, souvent désignée par "les perles", il y avait aussi la broderie blanche désignée par "les mouchoirs".

Citons un petit paragraphe rappelant cette spécialité locale :

Notons à FREMENIL, village proche, Félix ADAM, ancien instituteur, qui créé une maison de distribution de "perles" en 1906. Il y ajoute le travail de la chenille complémentaire souvent du travail des perles dans les villages. Ses fils et petit-fils lui succéderont.  En 1906 également, Alice HEFTER épouse MANONVILLER, s'associe avec sa soeur (1) pour distribuer des "mouchoirs" brodés. Elle se retrouve seule à faire ce travail en 1910 et cela va durer jusqu'en 1946. Elle trouve ses brodeuses dans les villages environnants, principalement MIGNEVILLE, HABLAINVILLE et HERBEVILLER.

Nous avons retrouvé deux imprimés relevant de l'activité broderie blanche initiée par Madame Alice HEFTER épouse MANONVILLER (2). L'entreprise de FREMENIL distribuait les éléments à broder de maisons parisiennes (Entreprise HERBIN, Maison DANJOUX). Ce travail concernait certes les mouchoirs, mais aussi les draps, les taies d'oreillers sur lesquels il fallait faire broder des "motifs" (dessins), faire des "jours" (en pourtour) et surtout faire des "chiffres" (initiales entrelacées). A cette époque le travail à la main était prioritaire et l'aiguille était l'outil de travail . Que d'heures passées pour faire une broderie qui, à la longue, fatiguait les yeux ! Évidemment le travail était toujours pressé : les éléments de linge arrivaient par le "tacot" (le brave LBB - chemin de fer de LUNEVILLE à BLAMONT et à BADONVILLER) et repartait vers PARIS par le même transport dès le travail réalisé. La distribution se faisait par une répartition à l'adresse des spécialistes, car il y avait des brodeuses qui "aimaient" les mouchoirs et d'autres plus orientées sur "les jours des taies d'oreillers". Quelle fierté aussi pour la brodeuse artiste qui réalisait un motif suivant dessin : les fleurs étaient préférées mais également les oiseaux. Et de "blanche" la broderie passait aussi par la "couleur" pour les "chiffres" comme pour les "motifs". Le travail de broderie utilisait toute la gamme des productions de fils et de coton à broder DMC (Dollfuss-Mieg et Cie), THIRIEZ, CARTIER-BRESSON, dont les boîtes d'écheveaux peuplaient les placards réservés aux fournitures.

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C'était une autre époque que nous fait revivre Marc GABRIEL dans son texte sur "la Broderie en Lorraine" qu'elle soit "blanche" ou "perlée".

NOTES:  (1) Maria HEFTER épouse BENOIT.
             (2) Qui est ma propre grand-mère.    


Jean SPAITE   Août 2016