Fréménil, un village lorrain

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lundi, octobre 14 2013

La guerre 14-18 et... Fréménil

La lecture du livre de Marc GABRIEL "La grande guerre à l'ombre du fort de Manonviller" nous apporte des renseignements utiles concernant notre commune.

Dans la liste des PRISONNIERS des villages environnants le fort de Manonviller (Annexe 1- page 326), on trouve pour Fréménil :

  • ADAM Christian , 6° RAP, camp de Landshut fin 1916      (1887- 1956)
  • ADAM Louis     , 6° RAP, camp de Landshut fin 1916      (    -     )
  • VOINOT Joseph  , 6° RAP, camp de Landshut fin 1916      (1893- 1942)

Précisons que 6° RAP est le 6° Régiment d'Artillerie à Pied et que le camp de Landshut est situé en Bavière, au Nord-Est de Munich sur l'Isar. Ce camp est un camp principal de prisonniers (camp de triage: Durchgangs-Lager). L'arrivée des prisonniers qui a lieu le 28 Juillet 1916 donne de l'animation dans la ville (page 294) où la population allemande se trouve le long du chemin qui mène au camp. Les prisonniers qui sont enfermés dans le camp de Landshut relèvent notamment des communes de Bénaménil, Domjevin, Fréménil, Laneuveville aux Bois, Laronxe, Manonviller, Reillon, Thiébauménil.

Landshut_Camp_de_Prisonniers.jpg

Dans la liste des OTAGES (Annexe 2-page 327) on trouve pour Fréménil :

  • ADAM Félix   ,maire          (1861- 1938)

Tous les otages sont emprisonnés au fort "Von der Thann" à Ingolstadt, situé au Nord de Munich ; ils proviennent des villages de Bénaménil, Domjevin, Emberménil, Fréménil, Laneuveville aux Bois, Leintrey, Manonviller, Vého.  On notera leurs différentes fonctions de maire, instituteur ou curé. Le choix de l'ennemi dans les prises d'otages était d'avoir une représentativité des fonctionnaires civils et religieux des communes concernées.

Le livre de Marc GABRIEL nous apporte des précisions concernant cet aspect méconnu de la guerre 14-18. Qu'il en soit remercié.

Jean SPAITE   Octobre 2013  

Crédit photo : Carte postale ancienne

Pour les amoureux des trains / Octobre 2013

ls sont nombreux les amoureux des trains qui fréquentent notre site avec bonheur. D'autres, curieux, voulant découvrir la chose ferroviaire qui a existé dans notre région posent des questions. La photographie illustrant notre billet du 18/01/2012, titrée "Nancy: une photo, une page d'histoire (tramway Pont Saint Jean 1958)" a permis d'évoquer des souvenirs pour ceux qui ont connu cette époque et provoqué des interrogations, notamment pour les plus jeunes générations.

La question qui revient souvent au sujet des tramways de Nancy (les "vrais trams", ceux qui roulent sur deux rails en acier) est la suivante :
"Au delà des photos, des cartes postales, peut-on voir encore des motrices des tramways de Nancy qui auraient été préservées ?"
La réponse est OUI : Au musée de l'AMTUIR (Association du Musée des Transports Urbains Interurbains et Ruraux) qui est situé à CHELLES (Seine et Marne) depuis 2007. Ce musée créé en 1957 par un connaisseur éclairé, Jean ROBERT, initialement à Malakoff a émigré à Saint-Mandé, puis à Colombes et se trouve maintenant à CHELLES, en cours de réinstallation. Il abrite un nombre important de véhicules de transport : locomotives, autorails, autobus, métros et même des omnibus à chevaux et, bien sûr, des tramways dont un exemplaire du tramway de Nancy accompagné de sa remorque. Il s'agit de la motrice No.87 construite en 1920 par la Compagnie Générale Française des Tramways (CGFT) et la remorque No.258 construite en 1924. Ces deux engins ont été retirés de la circulation en 1958. Ils ont été offerts à l'AMTUIR par la Compagnie Générale Française de Transports et d'Entreprise (CGFTE) respectivement le 30/12/1958 et le 7/1/1959.

Autre question concernant notre brave tacot LBB : "Peut-on voir aussi des locomotives et des autorails comme ceux qui ont circulé sur le LBB ? "
Tout le matériel moteur du tacot a disparu en 1942, récupéré par les forces occupantes. Des locomotives à vapeur LBB ont oeuvré pour la construction du mur de l'Atlantique, fortification énorme décidée par les Allemands. Après cette sombre période, on a retrouvé des restes d'une locomotive de l'LBB chez un ferrailleur de la baie de Somme prouvant qu'une de nos Corpet-Louvet avait été contrainte de collaborer avec l'ennemie et terminant sa vie en cette région avant d'être coulée dans une aciérie.

L'inventaire du matériel moteur LBB était le suivant :

  • 5 locomotives à vapeur Corpet-Louvet, type 130T
  • 5 autorails De Dion Bouton dont
    • 2 autorails JM1 (No.1 & 2)
    • 2 autorails JM3 (No.3 & 4)
    • 1 autorail OM (No.5)

Il n'y a donc plus de matériel moteur LBB en survivance, hélas.

Pour retrouver du matériel identique encore en exploitation, on peut se rendre au Chemin de Fer de la Baie de la Somme (CFBS), Gare de Saint Valérie-sur-Somme (80) où une Corpet-Louvet 130T circule sur ce sympathique réseau touristique.
Locomotive_Corpet-Louvet_130T.jpg
Un autorail De Dion Bouton (JM4 No.11) appartient au musée de l'AMTUIR à CHELLES, il provient des chemins de fer des Côtes du Nord. Sa peinture est rouge alors que nos autorails JM (No.1 à 4) arboraient la couleur verte. Il a été prêté au musée des Tramways à Vapeur et des Chemins de Fer Secondaires (MTVS) situé à Valmondois-Butry sur Oise (Val d'Oise) où il est en service. Bien que cet engin soit un JM4, il ressemble beaucoup aux JM1 à 3 du LBB.
Autorail_De_Dion_Bouton_JM1.jpg
Quand à l'autorail No.5 du LBB, il était de type OM. Il s'agissait d'un prototype à deux essieux. Dans la tourmente de la deuxième guerre mondiale, on ne retrouve pas sa trace et il a dû finir sa vie chez un ferrailleur. Pour l'aspect extérieur, il s'apparente au type ND No.202 datant de 1935 qui a circulé sur le réseau du Vivarais-Lozère (affecté à Florac) et qui est abrité au musée MTVS déjà cité. Cet autorail est en attente de restauration. La disposition des organes de roulement est différente puisque le ND est équipé d'un bogie moteur (deux essieux) en partie avant et d'un essieu à l'arrière de la caisse.
Autorail_De_Dion_Bouton_OM.jpg
Nos amis des trains peuvent donc s'orienter vers les adresses indiquées pour évoquer des souvenirs sans oublier de faire une visite à nos réseaux touristiques en activité, témoins de l'histoire ferroviaire. Quand aux tramways roulant sur des rails en acier, le renouveau est bien réel, vous pourrez vous même le constater.

Jean Spaite - Octobre 2013

Crédit Photographique : Collection personnelle J.Spaite