Avec un titre pareil, on s’attend à découvrir une fable, peut-être même une poésie.

Il s’agit simplement de rappeler sur les murs de nos maisons villageoises la présence des treilles de vigne arborant des grappes de raisin succulent, mais aussi des poiriers taillés en espalier produisant des fruits qui font honneur au propriétaire de la maison.

Cela, c’était dans le temps, car de nos jours, ces ornements fruitiers ont disparu pour la plupart.

treille_facade.jpg, mar. 2020

Le collectionneur de cartes postales anciennes, à l’examen de vues de nos villages, découvrira facilement ces deux objets qui décoraient les façades des maisons tout en procurant un dessert apprécié au moment de la récolte.

On peut dire qu’ils ont accompagnés le parcours de vie de l’habitant puisque l’un comme l’autre ont été planté avec soins, ont demandé un certain temps avant de produire des fruits à l’habitant des lieux, lequel était si fier de montrer son raisin délicieux ou sa belle poire fondante qu’il cueillait lui-même.

Les années passant, cette récolte fruitière a été exécutée par ses enfants, plus agiles que lui sur l’échelle, puis la vigne tout comme le poirier sont parvenus à ses héritiers après le départ du planteur…

Les rénovations des façades des maisons de manouvriers, tout comme celles des laboureurs plus aisés, les transformations mêmes des constructions des siècles anciens, ont conduit à la suppression de la treille de vigne. Le poirier séculaire a rendu orphelin le mur dont l’état méritait un crépissage…

J’ai pourtant gardé un morceau du fût de l’arbre fruitier en projetant un jour d’en faire une sculpture pour ne pas oublier le poirier centenaire…

Ainsi voilà la fin de la fable de “ La Treille et de l’Espalier” .

Jean SPAITE Mars 2020