LES PETITES LIGNES - SAUVETAGE

Dans le cadre des sondages titrés “C’est vous qui le dites..“, l’Est Républicain en date du Dimanche 1er Mars 2020 nous rapporte le questionnaire suivant :

  • La SNCF doit-elle continuer à entretenir les petites lignes ferroviaires ?
    OUI: 87% NON: 10% Sans opinion: 3% sur 2329 votes “

Et c'est vous qui le dites !!Voilà un sondage éloquent dont doit tenir compte les autorités décisionnelles.

Dans un article précédent daté du Jeudi 27 Février 2020, le quotidien régional nous informe que la Région Grand Est engage 530 millions d’Euros sur les petites lignes.

Le premier Comité Interministériel aux Ruralités s’est tenu à Girancourt (88) le Jeudi 20 Février 2020 aboutissant à un protocole d’accord signé entre l’Etat, SNCF Réseau et la Région Grand Est concernant la délégation de gestion du réseau ferroviaire régional.

Il s’agit d’expérimenter une méthode de prise en charge des travaux selon laquelle certaines petites lignes ferroviaires seront assurées par SNCF Réseau dans son réseau dit “structurant” (catégorie I) .

D’autres lignes continueront de faire l’objet de cofinancements entre l’Etat, la Région et SNCF Réseau (catégorie II).

Enfin d’autres petites lignes seront prises en gestion par la Région sur une base volontaire selon les modalités ouvertes à l’article 172 de la Loi d’Orientation des Mobilités (catégorie III).

“Le réseau ferroviaire assurant les mobilités du quotidien souffre d’un sous-financement chronique qui a conduit à sa fragilisation . La Région Grand Est ne peut se résoudre à cet abandon” peut-on lire en substance dans un communiqué de presse. Quel bel aveu !!

Le Vice-Président de la Région Grand Est en charge des transports David VALENCE déclare à propos des petites lignes :

“On pense que ces lignes ont un vrai potentiel si on les exploite différemment“

Voilà une importante déclaration à mettre en acte rapidement.

Le Gouvernement préconise le choix de “trains légers“ moins coûteux à l’achat et à l’entretien. Cette intention n’est pas sans rappeler l’autorail FNC sorti en 1946 ainsi que l’autorail A2E datant de 1990.

N’hésitons pas à regarder nos voisins helvètes qui, dans un pays pourtant accidenté au point de vue géographie physique, assurent une desserte fine du territoire à la satisfaction de la clientèle qui reste fidèle au transport ferroviaire avec un matériel moderne, confortable et surtout adapté.

Ces réalisations apportent la preuve que l’on peut exploiter économiquement les petites lignes mais la politique des transports mise en oeuvre en hexagone par les instances gouvernementales successives s’est résolument orienté sur le “tout par la route” quel qu’en soit le prix : infrastructure, sécurité, pollution.

On ne peut que regretter l’abandon des infrastructures relevant des lignes ferroviaires secondaires: ponts, viaducs, tunnels et même des gares ces bâtiments abritant les clients des trains remplacés le plus souvent par un simple poteau avec pancarte “ arrêt de bus”...

“Le ferroviaire, c’est l’avenir de mobilités durables“ rappelle Jean-Pierre FARANDOU Président de la SNCF qui, pour montrer son attachement et sa foi en la grande entreprise proclame “parler cheminot en première langue“, lui qui a gravi les étapes d’une carrière ferroviaire passant par Chef de gare à RODEZ pour aboutir à la Direction de l’entreprise.

Dans notre région Grand Est, nous attendons beaucoup d’une reprise de service ferroviaire sur la ligne EPINAL-SAINT DIÉ,ainsi que d’une amélioration notoire sur la ligne EPINAL-NANCY. Tout près de nous , la voie ferrée entre PONT St VINCENT-MIRECOURT-VITTEL mérite un sauvetage particulièrement attendu par la clientèle contrainte depuis un temps trop long d’utiliser la route avec ses dangers, ses temps de trajet très supérieurs.

Rappelons que le transport ferroviaire évite la surcharge du trafic routier.

Il serait grand temps d’en tenir compte par les instances décisionnelles.

Le pays attend le SAUVETAGE DE NOS PETITES LIGNES par une remise en état des infrastructures ferroviaires, une exploitation rationnelle avec des horaires en accord avec la demande, respect des correspondances notamment, coordination entre les grandes et les petites lignes, ainsi que la pratique du paiement du parcours auprès de l’agent de conduite, sans oublier le “matériel léger” évoqué récemment par le gouvernement.

La politique des transports est à ce prix, et le pays dans son ensemble attend une réponse rapide.

Jean SPAITE Avril 2020