Fremenil, un village lorrain

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FREMENIL est un petit village lorrain du département de la Meurthe et Moselle dans le canton de BLAMONT et l’arrondissement de LUNEVILLE.

Ce site est consacré au petit village de Fréménil. Le texte est extrait d'une brochure publiée en 1987 par Jean SPAITE :
"Fréménil et son Eglise" et distribué à compte d'auteur.
Les photographies illustrant ce site sont en partie, celles qui figuraient dans la brochure originale. Nous avons l'intention d'agrémenter ce site d'images plus récentes et de l'étoffer avec d'autres textes sur la vie dans nos campagnes lorraines d'autrefois. N'hésitez donc pas à placer cette adresse dans vos favoris et à revenir nous rendre visite de temps à autre.

dimanche 25 novembre 2007

Morts pour la France

  • Le monument aux morts de Fréménil a été érigé après la 1ere guerre mondiale et concrétise le voeu de la paroisse de Fréménil du 17 mars 1918.
    Il annonce 8 morts pour la guerre 1914-1918 et 11 morts pour le conflit 1939-1945.
    Evoquons la 2eme guerre mondiale en nous attachant plus spécialement à la seconde liste.
  • ADAM Henri 1942
    ADAM Pierre 1944
    CROUZIER Albert 1944
    OTTON Camille 1944
    HENRY René 1944
    THIERY Fernand 1945
    THIERY René 1944
    THIERY André 1945
    HEFTER Charles 1945
    BUSSELOT Marcel 1945
    DELONNOY André 1945
    
    Cet énoncé laconique donne peu d'information sur ces habitants de Fréménil qui ont perdu la vie pendant la deuxième guerre mondiale. Qui étaient-ils ?
    Pour en savoir plus, arrêtons-nous sur ce sui suit :
  1. ADAM Henri (8.3.1911-11.3.1942)
    Cultivateur, célibataire, habitait chez ses parents au 21, Grande Rue
    Fait prisonnier en 1940, il est décédé pendant son séjour dans un camp à Heiningère.
    MORT EN CAPTIVITE, à 31 ans
  2. ADAM Pierre (10.4.1921-4.10.1944)

    Cultivateur, célibataire, habitait chez ses parents au 13, Rue de la Prairie
    Dans sa grange, à Fréménil, au cours du bombardement du 1.10.1944, il est grièvement blessé par un éclat d'obus dans le dos qui atteint le poumon. Le 3.10.1944, les Allemands ordonnent l'évacuation du village sur Herbéviller. Le transport sur un chariot à travers la prairie est éprouvant dans son état, provoquant une hémorragie. Il meurt le 4 octobre 1944. Enterré provisoirement à Herbéviller, il sera ramené au cimetière de Fréménil par la suite.
    VICTIME CIVILE, à 23 ans
  3. CROUZIER Albert (19.5.1870-22.11.1944)
    Vannier, marié à Maria Busselot, demeurait au 42, Grande Rue
    Pris dans l'incendie d'une ferme à Harbouey, au cours de l'évacuation du village, il décéde 9 jours après René Thiery (7)
    VICTIME CIVILE, à 74 ans
  4. OTTON Camille (7.7.1881 à Domjevin-2.12.1944)
    Retraité, marié, habitait dans une maison aujourd'hui démolie, voisine du 46, Grande Rue, côté Domjevin
    Saute sur une mine à Fréménil, devant sa femme, au cours d'une cueillette de pissenlits au Rouard jardin. Gravement blessé, il décédera à l'hôpital de Lunéville.
    VICTIME CIVILE, à 63 ans
  5. HENRY René (29.11.1914-1944)
    Cultivateur, Célibataire, habitait avec sa mère au 17, Grande Rue

    Il avait été exempté du service militaire pour mauvaise vue. Il fût arrêté par les allemands alors qu'il tentait de rejoindre les américains. Il est mort en déportation. Voir aussi les notes en (10) (11)
    MORT EN DEPORTATION, à 30 ans
  6. Avec 3 victimes, le père et 2 fils, la famille THIERY a été particulièrement éprouvée :
  7. THIERY Fernand (4.11.1897-19.3.1945)
    Cultivateur, père de 8 enfants, habitait au 32, Grande Rue

    Avec son fils André (8), il saute sur une mine au cours d'un labour à la charrue, au lieu-dit "Le Palon". Il est tué sur le coup, avec son cheval.
    VICTIME CIVILE, à 48 ans
  8. THIERY René (23.9.1930-13.11.1944)

    Demeurant chez ses parents au 32, Grande Rue
    Il meurt étouffé, dans l'incendie d'une ferme à Harbouey, au cours de l'évacuation du village. (cf 3)
    VICTIME CIVILE, à 14 ans
  9. THIERY André (9.12.1928-19.3.1945)

    Demeurant chez ses parents au 32, Grande Rue
    Avec son père, Fernand (6), il saute sur une mine au cours d'un labour à la charrue, au Palon. Une jambe sectionnée, il décéde le même jour.
    VICTIME CIVILE, à 17 ans
  10. HEFTER Charles (20.11.1870-1.3.1945)
    Cultivateur, Vannier, marié à Marie Adam, père de 2 enfants, il demeurait 12, Rue de la Prairie
    Il saute sur une mine, près du gué, au lieu-dit "Le Breuil", alors qu'il cherchait des pissenlits.
    VICTIME CIVILE, à 74 ans
  11. BUSSELOT Marcel (8.12.1920-1945)

    Cultivateur, célibataire, habitait chez ses parents dans la maison (aujourd'hui démolie) située entre le 5bis et le 6, Rue de la Prairie
    MORT EN DEPORTATION, à 25 ans
  12. DELONNOY André (13.5.1926-1945)

    Sans profession, célibataire, il habitait chez ses parents au 11, Rue de la Prairie
    MORT EN DEPORTATION, à 19 ans
Notes pour les (5),(10) et (11)
  • Le 6 octobre 1944, en voulant passer les lignes aux ponts de Domjevin, Marcel Busselot, René Henry et André Delonnoy qui ont l'intention de rejoindre les américains à Bénaménil, se font arrêter par les allemands. Ils n'ont pas de papiers d'identité sur eux. Emmenés à Saint-Martin, enfermés dans une cave, puis à Cirey sur Vezouze, ils sont ensuite dirigés sur l'allemagne, au camp de concentration de Dachau où ils arrivent le 21.10.1944.
  • Le 24.11.1944, René Henry et André Delonnoy quittent Dachau pour Auschwitz où ils arrivent le 28.11.1944. On perd alors leur trace et ils ont disparus, comme tant d'autres, dans ce camp de la mort entre fin 1944 et 1945.
  • Marcel Busselot envoyé au commando de Augsburg-Haunstetten pour des travaux de terrassement y décédera d'épuisement dans la même période.
Ayons une pensée pour ces martyrs...
Cet article a été rédigé par Jean SPAITE le 20.11.2007

dimanche 25 mars 2007

Fréménil et sa porte monumentale

  • La porte monumentale de FREMENIL (4, rue de la Prairie) fait partie des oeuvres remarquables en milieu rural de la vallée de la Vezouze que l'on peut admirer de Domévre sur Vezouze à Marainviller. Elles sont l'oeuvre de maîtres- maçons italiens qui les ont réalisées fin XVIIe, début XVIIIe siècle.
  • La porte de Fréménil est du type "Porte à colonnes". Elle a été réalisée pour la maison de Nicolas Manonviller (dit Nicolas de Manonviller) né en 1650 à Fréménil, marié en 1670 à Anne Carrier qui est morte à Fréménil le 1er août 1707.< br> De cette union sont issus 9 enfants dont Nicolas Manonviller "Bourgeois de Blâmont" né dans cette maison le 3 mars 1675. Cette demeure a abrité les descendants Manonviller jusqu'en juillet 1993 (et a vu la naissance de mon grand-père Albert Manonviller le 22 septembre 1870).
  • Pendant la première guerre mondiale, la porte a été fortement endommagée le 5/11/1916 par un obus allemand de 210, tiré depuis le château de Grandseille (entre Chazelles sur Albe et Verdenal- CD162) à 7 km de Fréménil. Un soldat français est tué, il s'agit de Pinguet du 8e Régiment d'Artillerie qui sera enterré au cimetière communal puis transféré au cimetière de Reillon.
    Les dommages de guerre insuffisants n'ont pas permis au propriétaire d'alors de reconstruire à l'identique, en 1920-1925, la porte monumentale de Fréménil.
  • Notre modeste village a perdu sa richesse car cette porte remarquable était la plus belle de toutes les portes sculptées de la vallée. Une inscription de cette oeuvre d'art à l'inventaire des monuments historiques serait souhaitable pour en assurer la préseravation, la conservation, et la remise en état. Ceci est valable également pour les autres portes monumentales de la Vallée de la Vezouze qui constituent un attrait indiscutablepour chaque commune ayant la chance d'en posséder. Un itinéraire touristique d'architecture spécifique pourrait être mis en place permettant une meilleure connaissance de ce patrimoine régional.

Cet article a été rédigé par Jean SPAITE et publié dans la Revue Lorraine Populaire No.197, daté d'Août 2007

dimanche 28 janvier 2007

A nos morts !...

  • Le 11 novembre, c'est la commémoration de l'armistice de 1918. C'est le jour où notre petit village se réunit devant le monument aux morts pour une cérémonie toute simple, devenue traditionnelle, et qu'il nous faut pérenniser au fil des ans : c'est le jour du souvenir.
  • Le Maire de la commune préside la cérémonie. Ici, pas de drapeau, pas de sonnerie de clairon. Quand il y avait le corps de sapeurs pompiers volontaires, les soldats du feu au nombre d'une dizaine se mettaient au garde à vous de chaque côté du monument. Le premier magistrat lisait la lettre du ministre des anciens combattants et victimes de guerre, écoutée par l'assistance dans un respectueux silence, troublé seulement par le chant des oiseaux.
    Et, en cet instant où l'on évoquait les victimes de guerre, cette ambiance de paix faisait mesurer à l'auditoire le sacrifice de ceux qui sont tombés au champ d'honneur. Puis venait l'appel "A nos Morts", ceux de la guerre 14-18 suivi de ceux de la deuxième guerre mondiale. A chaque appel d'un nom, l'assistance répondait "Mort pour la France". Après l'appel des morts pour la France, la chorale paroissiale entonnait a-capella la Marseillaise, notre hymne national qui faisait passer un frisson parmi les présents. Notre maire, après avoir remercié l'assistance, invitait alors la population à venir "prendre le pot de l'amitié" pour clore cette cérémonie. Et traditionnellement, avant de se diriger vers la salle communale, chacun allait faire une visite au cimetière à ses parents, à ses amis, à ceux qui ont connu ces maudites guerres, à ceux qui en ont souffert et qui ont quitté ce monde.
  • Le temps passe. Les souvenirs s'effacent. L'évocation de ces noms inscrits sur le monument aux morts parlent encore aux plus anciens d'entre nous. Quoique ?... Ceux de la première guerre mondiale sont déjà éloignés. Peut-être un ancêtre y figure-t-il ? Pour la seconde guerre, c'est un peu plus proche et l'on peut encore mettre un visage sur un nom évoqué. Mais pour les générations futures ?... Quelle peut être la réaction devant un Dupont ou un Durand mort pour la France et dont ils n'ont jamais entendu parler ? La situation va s'accentuer avec les années qui passent et avec l'apport des populations nouvelles qui ont choisi d'habiter un village dont ils apprécient le calme mais dont ils ignorent l'histoire.
    L'Histoire, elle se lit au monument aux Morts. Encore faudrait-il y ajouter une traduction pour être comprise de tous. Comprise et respectée.
    Cette démarche doit être plus facile dans notre village dont la population n'atteint pas les 200 habitants. Démarche moins évidente dans les villes où l'on ne peut connaître tout le monde.
    Dans la pratique, sous la forme d'un livret, à chaque nom peut correspondre les dates de naissance, de décés et à quel endroit (Verdun, la Somme etc.), le régiment auquel il appartenait. Dans la vie civile : sa profession (cultivateur, vannier etc.), était-il marié, avait-il des enfants, éventuellement l'identité de ses parents.
    Quel programme !...
    Mais quel devoir de mémoire.
    Il est souhaitable que cette démarche ne tarde pas à être réalisée de manière à transmettre aux générations futures le message de ces enfants du pays qui ont cédé leur vie pour que nous puissions vivre en paix. Une façon aussi de mieux connaître l'histoire de son village. N'oublions pas ces hommes qui nous ont précédés.
Article rédigé par Jean SPAITE, Juillet 2006
Voir aussi, en complément, l'article sur les 11 fréménilois disparus lors du second conflit : Morts pour la France (1939-1945)

vendredi 23 juin 2006

Le coin des Livres

En un temps où l'internet n'a pas fini de nous étonner par ses multiples possibilités, il ne faut pas oublier les livres sur les rayons des bibliothéques et Fréménil a fait l'objet d'études dont l'intérêt est souvent méconnu.
  • Il faut évoquer les ouvrages suivants dont au moins un chapitre évoque notre commune :"
    • Dom Calmet (1756) "Notice de la Lorraine"
    • M.Guerrier (1818)
    • H.Lepage (1843) "Le Département de la Meurthe" 2e partie p.204 & p.637
    • H.Lepage (1853) "Les Communes de la Meurthe" 1er volume p94 & p.379-380 et 2e volume p.644
    • E.Grosse (1836) "Département de la Meurthe - Dictionnaire historique et statistique" Volume 2 p.43-44
    • E.Delorme (1927) "Lunéville et son arrondissement" Tome 2 Chapitre XIII - Canton de Blâmont - Fréménil p.202-206
  • Sous la forme de monographies, nous trouvons :
    • Adolphe Renauld (1888) (Instituteur du village) "Monographie de Fréménil" avec une carte de la commune
    • Jean Spaite (1987) "Fréménil et son église" avec une carte de la commune et un plan du centre du village ainsi que de nombreuses photographies
  • Un ouvrage édité par la Communauté de Communes de la Vezouze (2003) "Des Communes à Vivre" où l'on parle de notre village p.64-67 (Ouvrage disponible pour 10 Euros + port auprès de la CCV
  • Un ouvrage fort intéressant pour tous ceux qui s'intéressent à la généalogie : "Les Familles de Fréménil 1690-1905" (2006) par J.Doizenet et M.Hanriat du Cercle Généalogique du Lunévillois qui fait l'objet d'un billet entier sur ce site.
  • Puisque Fréménil est le pays des "Piquants", n'oublions pas "Saint Patronage et Sobriquets par J.Spaite (1999) Etude sur le Saint Patronage, les appellations officielles et les sobriquets dans les villages de la Meurthe et Moselle (Arrondissement de Lunéville) qui fait également l'objet d'un billet à part.
  • Des pages d'Histoire au cours de la Seconde Guerre Mondiale "L'évacuation 1944", vue par une habitante de Fréménil, Madame Alice MANONVILLER - Ouvrage paru à l'occasion du 50ème anniversaire de la Libération du Blâmontois par J.Spaite (1994) - 12 pages
  • Nous serions vraiment incomplets si nous ne mentionnions pas la "Revue Populaire Lorraine" qui a évoqué la vie de personnages de Fréménil aujourd'hui disparus mais qui ont eu un rôle dans la commune :
    • L'arrivée de l'électricité dans la Vallée de la Vezouze, de même que l'inauguration du "Tacot", le chemin de fer de Lunéville à Blâmont et à Badonvillers (LBB) sont des événements qui ont marqué notre village.
    • Une chronique patoisante originale (La Justine Putet) permet de ne pas oublier notre "parler lorrain" spécifique à la Vallée de la Vezouze.
    • Les guerres de 1914-1918 et 1939-1945 ont laissé des blessures dans la vallée et font l'objet de récits historiques appréciés (Le fort de Manonvillers)
    • La Revue Populaire Lorraine - Revue Bimestrielle - est en vente en librairie-presse au prix de 6 €, ou sur abonnement auprès de l'éditeur, Jean-Marie Cuny à l'adresse suivante : RLP - "Le Tremblois" - 54280 - LANEUVELOTTE
Voilà autant de bonnes raisons de ne pas oublier les livres, ces amis fidèles qui nous parlent à l'oreille de notre village que nous aimons tant. Découvrir, apprendre, se souvenir, une lecture sur notre village en offre la possibilité. Alors, profitez-en, et Bonne Lecture !!
Article rédigé par Jean SPAITE - Juin 2006

Ouvrage sur les "Saints Patronages et Sobriquets dans l'arrondissement de Lunéville"

  • Encore un ouvrage sur notre village et l'arrondissement de Lunéville. Edité à compte d'auteur en 1999 par Jean SPAITE, ce livre s'intitule "Etude sur le Saint Patronage, les appellations officielles et les Sobriquets dans les villages de la Meurthe et Moselle (Arrondissement de Lunéville).
  • J'emprunte à l'auteur (que je connais bien ;-) la description suivante :
    Pourquoi un tel ouvrage ?
    • Faire connaître les sobriquets (surnom des habitants) de l'arrondissement de Lunéville. Etude portant sur 164 communes.
    • Rappeler l'évolution des noms de village pour arriver à l'appellation actuelle.
    • A la faveur de cette étude, découvrir les Patronages et dédicaces des paroisses de chaque village.
    • Par voie de conséquence, participer à la conservation d'un patrimoine régional.
    • L'évocation des villages et hameaux disparus notamment à la suite de la Guerre de Trente Ans peut constituer une découverte pour certains lecteurs.
  • Afin de vous faire une idée plus précise du contenu de ce livre, vous trouverez çi-dessous (avec l'autorisation de l'auteur) la page concernant Fréménil.
  • Cet ouvrage est disponible auprès de l'auteur au prix de 15 Euros (frais de port en sus) : Jean SPAITE - 12 grande rue 54450 Fréménil (Tel: 03 83 72 28 01) ou par mail auprès du Webmaster (voir au bas de chaque page de ce site).

Vous pouvez contacter les auteurs de ce site, Jean ou Alain SPAITE à