Fréménil, un village lorrain

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Dimanche, janvier 10 2010

En feuilletant l'album de photos (2ème partie)

Moins nombreuses que les photos de classes, voici aujourd'hui une photographie de la Communion Solennelle prise devant le parvis de l'église paroissiale en 1940. François DEREMBLE séminariste (17 ans), natif de DOMJEVIN, la commune voisine, bien connu des paroissiens de FREMENIL, avait été chargé par l'abbé Félix HASSENBOEHLER curé titulaire, de faire la préparation à cette importante cérémonie religieuse.

Nous noterons que sur les 11 participants, il y avait 6 communiantes et 5 communiants.


Nous sommes en 2009 et, en publiant ce témoignage émouvant de cette cérémonie, nous constatons que 4 garçons nous ont déjà quitté.


Il s'agit de :  Jacques  TOUBHANS  1928-1976
                   André    THIERY    1928-1945
                   Bernard  THIERY    1927-1985
                   Louis    DENIS     1929-1982

Pour l'occasion, souhaitons longue vie aux anciens communniants et communiantes toujours de ce monde ainsi qu'à l'abbé François DEREMBLE dévoué à son sacerdoce.


Jean  SPAITE   Décembre  2009



Mardi, janvier 5 2010

Le cirque au village (Chronique des années 60)

C'était pendant l'été 1960.


Le soleil était chaud. Comme il faisait bon profiter de la période des vacances.


Soudain "ils" étaient arrivés à grand renfort de trompette et de "cornet haut-parleur", parcourant les rues habitées de notre village.
En conséquence, à cette époque, la "parade du cirque" s'était limitée à la Grande Rue et à la Rue de la Banvoire, qui n'avait pas encore le nom de baptême de Rue de la Prairie.
Les baladins étaient jeunes : lui 20 ans peut-être, elle 18 ou 19 ans !

Et leur annonce était convaincante : Ils étaient "un Grand Cirque" qui avait fait "plus de 100 Km" pour venir se produire dans notre commune avec leur "ménagerie" d'animaux savants, "des tours de magie qui vous surprendront, de la musique, de la bonne humeur..." Tout un programme inattendu dans cette période d'été qui plombait quelque peu la vie du village. Une précision de la part des gens du cirque : le prix d'entrée était modique, quelques francs (je ne me souviens plus trés bien combien) mais vous pouvez payer en nature : des oeufs, des carottes, des pommes de terre feront l'affaire! Rendez-vous prés de l'église où le cirque va être monté, à 17 heures précises, venez nombreux! Qu'on se le dise !! Ah, j'oubliais : vous pouvez également apporter votre siège pour vous asseoir : pliant, banc... Enfin, vous êtes prévenus : ceux qui ne prennent rien resteront debout. Déjà, les enfants curieux, vous pensez bien, étaient groupés auprès de la roulotte, oh bien modeste, puisqu'il s'agissait d'une petite remorque chargée d'un tas d'affaires, équipée d'un brancard où était attelée une chèvre !! Une chèvre savante avait précisé le "directeur" du cirque au jeune public !! Et il ne fallait pas perdre de temps car la représentation avait bien lieu dans 1 heure !.. De la remorque, on avait extrait 2 cages. La première renfermait un lapin blanc avec son collier. Au bout d'une ficelle attachée à un piquet, il s'est mis tout de suite au travail avant la séance: pour lui, l'heure du repas était primordiale en dévoilant un bel appétit pour l'herbe verte qui ne demandait qu'à être tondue !!  La  deuxième cage était occupée par un chat. Un chat savant avait précisé le "directeur" du cirque aux enfants ébahis!


Le chat savant, comme tous les chats ordinaires, montrait une indifférence totale aux futurs spectateurs : il aimait dormir et qu'on lui fiche la paix !!


Les patrons du cirque connaissaient leur affaire: il fallait monter le "chapiteau", mais il n'avait pas de toit comme les autres cirques qu'ils soient AMAR ou PINDER. Celui à qui nous avions affaire limitait son bâti aux murs de toile (en fait, d'anciens draps de lit), posés sur plusieurs grandes rames, tiges de noisetier ou de saule. Le tout bien haubané avec de la ficelle pour assurer la verticalité des "murs". Il n'avait pas de toit ? Ce n'était pas un problème, le  temps était au beau et on ne craignait pas la pluie ! Certes, les murs n'étaient pas épais mais les non-spectateurs, s'ils pouvaient entendre le baratin des "gens du cirque" ne verraient pas eux, le merveilleux spectacle à venir ! Ah, mais!!.. 

En deux temps, trois mouvements, "le grand cirque" était prêt à recevoir son public.  Et à 17 heures bien précises, la foule (n'exagerons pas: une quinzaine de personnes, y compris les enfants) a été admise au bord de la piste ! Le directeur et la directrice du cirque étaient à la porte d'entrée : on soulevait un pan du drap pour admettre les spectateurs qui payaient leur entrée. Les oeufs et les carottes servant de monnaie étaient mis à l'abri dans un panier. Le public jeune s'asseyait par terre, les parents restaient debouts ou assis sur un pliant.


Et le spectacle pouvait commencer en musique. Le directeur savait jouer de la trompette, de l'harmonica, du tambour. Sa fidèle collaboratrice savait chanter, jouer de la flute (en fait, c'était un pipeau!) et du tambourin. L'homme avait de réels talents de ventriloque qui lui permettait de faire parler la chèvre savante, le lapin qui savait sauter pour manger un bout de carotte. Quant au chat savant qui pouvait parler il ne montrait pas son agilité habituelle : il avait fait 100 Km pour venir vous voir. Vous aussi à sa place, vous seriez fatigué ; pas vrai ? Et la jeunesse en choeur de répondre, OUI !!


Transformé en magicien , puis en jongleur, le patron du cirque savait conquérir son jeune public, le faisant même participer au spectacle avec le jeu des devinettes, puis du radio-crochet. Quelle émulation entre les garçons et les filles. Vraiment, ce jour-là,on n'a pas vu le temps passer pendant cette heure de bonheur.


Et comme tout a une fin, il fallut se quitter "Car on a encore 100 Km à faire pour rejoindre un beau village comme le vôtre où nous sommes attendus!"


Le démontage du cirque s'était fait sans problème; certains spectateurs adultes aidant bénévolement et avec le sourire ces joyeux baladins qui avaient fait vivre le village endormi. Les "murs du cirque" bien pliés avaient été rangés dans "la roulotte" avec les cages du chat savant et du lapin agile. La "biquette savante et qui parle" s'était vue attelée dans les brancards de la roulotte et ils sont partis vers l'autre village en clamant sur leur parcours "au revoir, au revoir!!"...
Lui était devant, tirant la roulotte au coté de la chèvre, Elle était derrière,  poussant le convoi!


Ils se sont arrêtés plus loin, avant que la nuit ne tombe. Ils ont dressés la tente pour s'abriter aussi. Ils ont mangés leur frugal repas, savourant entre-eux les moments du spectacle. Passionnés et heureux par leur métier de comédiens qui apporte la joie sur leur passage.
 
On n'a plus revu les baladins, ils nous avaient pourtant dit "Au revoir"!!


Peut-être sont-ils devenus, au fil des ans, il y a quand même plus d'un demi-siècle déjà, les patrons d'un grand cirque: AMAR, PINDER...peut-être ?
Grisés par leur succès, ils ont oubliés notre petit village...
Nous, nous ne les avons pas oubliés!!

Jean SPAITE   Janvier 2010

Samedi, décembre 19 2009

En feuilletant l'album de photos (1ére partie)

Voici une photographie exceptionnelle prise en 1937 par Paulette BENOIT, elle avait 21 ans et avait la chance, rare à l'époque dans notre village, de posséder un appareil photographique.
Exceptionnelle, la photographie a l'avantage de nous présenter 38 personnages dont beaucoup, hèlas, ont disparus.
Ce rassemblement de jeunes gens a été pris pour la postérité après la réalisation d'un reposoir devant la maison de Mademoiselle MENGIN.

Nous sommes avant la 2° guerre mondiale qui va voir la disparition de certains figurants de cette photographie :

  --André THIERY      9 ans   
qui décédera tragiquement à l'âge de 17 ans en 1945 en sautant sur une mine avec son père, lors du labourage d'un champ à FREMENIL.

  --René  THIERY      7 ans   
qui trouvera la mort à l'âge de 14 ans dans l'incendie d'une ferme à HARBOUEY en 1944.

  --Marcel BUSSELOT  17 ans   
mort en déportation en Allemagne à l'âge de 25 ans en 1945 au camp de concentration de HAUGSBURG-HANNSTETTEN après un séjour à DACHAU.   
                                                                                                                       
 Nous noterons la présence de :
- Gaston  CARMENTRE  12 ans et
- André   CARMENTRE  13 ans
futurs membres du Groupe de Résistance de FREMENIL (tout comme Paulette BENOIT qui prend cette photo)

ainsi que celle de futurs Maires de la Commune :
- Yves    ADAM    13 ans  qui sera maire de 1965 à 1995 et
- Pierre  THIERY   4 ans    ,,   ,,    ,,   1995 à 2001

En 1937, la population du village était de 195 Habitants et nous constatons que la jeunesse y était importante (environ 20 %), et tous, petits et grands avaient oeuvrés pour réaliser un reposoir, un autel que l'on élevait sur le passage d'une procession. "Le Reposoir", c'est une chose bien oubliée aujourd'hui, et totalement inconnue des jeunes générations actuelles. Il faut préciser que dans la religion catholique, certaines fêtes de l'année, notamment la Fête-Dieu, donnait lieu à des processions à l'extérieur de l'église, accompagnant le prêtre, portant le Saint-Sacrement, et les fidéles récitant des prières, soulignées par des cantiques repris en choeur par l'assistance.

Ce défilé itinérant dans le village, donnait lieu à un arrêt où l'officiant "reposait" le Saint-Sacrement ou les reliques sur un autel édifié à cet effet. C'était là "le Reposoir", oeuvre fleurie et décorée, élaborée souvent par la jeunesse du lieu, qui était fiére de son chef-d'oeuvre.

Plus de 70 ans après cet événement, nous devons constater qu'il n'y a plus en nos villages de tels rassemblements...

Par delà les chants, les banniéres et les processions pieuses, il nous reste cette photo-souvenir exceptionnelle: un témoignage d'une église bien vivante...   et le visage de 38 jeunes Fréménilois.

Précisons que le Prêtre de l'époque était Félix HASSENBOEHLER (Curé de 1936 à 1951). Il avait succédé à Emile HATTON.

Jean  SPAITE   Décembre  2009

PS : N'hésitez pas à cliquer sur les images afin de les agrandir.....

Le blason de Fréménil

Définition héraldique du Blasonnement :
Parti: au premier d'argent chardon arraché feuillé de sinople fleuri de pourpre.
         au second d'or à la bande de gueules chargé de trois alérions d'argent.

Description -Commentaires :
Le blason est divisé verticalement en deux sections.

- Dans la section vue à gauche (Parti premier), nous découvrons le chardon qui annonce le sobriquet "les Piquants", les chardons. Sol favorable à cette plante. Caractère susceptible des habitants (ils lancent des piques).
- Dans la section vue à droite (Parti second ), nous trouvons les armes du duché de Lorraine auquel se rattache le village de FREMENIL.

La réalisation du blason de FREMENIL a été faite en 1998 sur demande de Monsieur Pierre THIERY, Maire de 1995 à 2001, à L'occasion de la mise en place en 1998 des panneaux d'informations RIS (Relais Informations Service) dans chaque village faisant partie de la Communauté de Communes de la Vezouze CCV.

La conception et le dessin sont de Jean SPAITE. Adopté immédiatement, le blason figure désormais sur les lettres officielles de la Mairie.

Jean  SPAITE   Décembre  2009

L'arbre couché

Prenez la Rue des Violettes, celle-là même qui s'est appelée Route de Buriville, chemin du Bois, puis Rue de la Gare à partir de 1911 date de l'inauguration du Tacot L.B.B., mais officiellement Chemin Vicinal N° 3. A mi-chemin avant d'arriver sur la Route Nationale PARIS-STRASBOURG (RN 4) vous avez un embranchement. Cette bifurcation , baptisée Chemin de la Largiére, mène à travers champs jusqu'à OGEVILLER. Restez sur votre chemin direct mais à trente mètres aprés cet embranchement, il y avait sur la droite un arbre penché qui faisait partie extrême d'un verger planté de mirabelliers, questchiers et pommiers. Seuls deux mirabelliers s'obstinent à exister aujourd'hui. Et l'arbre penché n'est plus là.

Au fil des ans, le vieux pommier persistant à donner encore des fruits, était devenu "L'ARBRE COUCHE" tant son inclinaison se rapprochait de l'horizontale.
Il a vécu jusqu'en 1990 environ, date où la tronçonneuse est venue marquer sa fin.

Mais "L'ARBRE COUCHE" était connu des amoureux qui en avaient fait un point de rencontre. Les couples y venaient se mettre à l'ombre, déguster quelque bouteille, discuter pendant des heures, et s'aimer... tout un programme. Il n'était pas rare de voir à cet endroit, deux bicyclettes ou une moto, ou une de ces braves 2 chevaux, ces "Deudeuches" qui sillonnaient nos campagnes; quelquefois les couples en visite plantaient une tente pour passer la nuit! Oui, "L'ARBRE COUCHE" était connu dans la région et il avait ses touristes.

Voisin de "L'ARBRE COUCHE", un champ libre, belle surface qui accueillit subitement un week-end un grand chapiteau rectangulaire. On ne savait d'où il venait, qui il était, mais il était là! Et dans le monde jeune, équipé à cette époque de "CB", la nouvelle se répandit comme une traînée de poudre.
Et le chapiteau  ouvrit ses portes, avec sa piste de danse, son bar, ses lumiéres et sa sono riche en décibels!! Distant du village, ses rythmes ne gênaient pas trop le sommeil des habitants , tout au plus le lancinant battement qui accompagnait la musique dite "moderne" parvenait, d'une maniére assourdie, à marquer la mesure....

Comme il était venu, il s'en est allé le lundi au petit matin aprés avoir laissé place nette le près vert qui l'avait accueillit.
 
Ce phénomène, génération instantanée, d'un chapiteau fantôme, s'est reproduit deux fois de suite avec le même accueil de la part des initiés.

Aujourd'hui, le chapiteau n'est plus revenu.
ET "L'ARBRE COUCHE", lui aussi n'est plus!...

Ces faits divers font partie de l'histoire du Pays des Piquants.


Jean SPAITE  Décembre 2009

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